BNP Paribas assure « faire son boulot » de financement des entreprises

Sur ses marchés domestiques, les encours de crédit de BNP Paribas ont augmenté de 5,1%, en 2011.

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« Les banques européennes font leur travail, et le font bien. Chacun doit être convaincu qu'elles font leur travail de financement de l'économie : c'est notre honneur et notre fierté », a lancé Jean-Laurent Bonnafé, DG du groupe.  Copyright Reuters
« Les banques européennes font leur travail, et le font bien. Chacun doit être convaincu qu'elles font leur travail de financement de l'économie : c'est notre honneur et notre fierté », a lancé Jean-Laurent Bonnafé, DG du groupe. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

C'est la réponse du berger à la bergère. Lors de la présentation des résultats annuels de BNP Paribas, mercredi, Jean-Laurent Bonnafé, directeur général du groupe, a renvoyé dans les cordes ceux qui prétendent que les banques françaises ne prêtent plus qu'au compte-gouttes aux entreprises et aux ménages, dans le contexte actuel de crise financière. Celui qui a succédé à Baudouin Prot le 1er décembre a axé la totalité de son discours d'introduction sur ce sujet, et y est revenu à de multiples reprises, au cours de la présentation des comptes 2011. « Les banques européennes font leur travail, et le font bien. Chacun doit être convaincu qu'elles font leur travail de financement de l'économie : c'est notre honneur et notre fierté », a lancé Jean-Laurent Bonnafé.

Les banques doivent se « bouger », selon Christian Noyer

Un « chacun » qui pourrait viser Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, ou Nicolas Sarkozy lui-même. Car, début janvier, Christian Noyer avait invité les banques françaises à « se bouger » sur le front du crédit. Le 1er février, c'était au tour du chef de l'Etat de déplorer, à l'occasion du 19ème Salon des entrepreneurs, que « quand il faut prêter de l'argent aux PME, c'est l'Etat qui doit créer Oséo, (alors que) nous avons les banques les plus importantes d'Europe. » Il est vrai que, le même jour, la dernière enquête trimestrielle de la Banque centrale européenne révélait qu'un tiers environ des banques en France avaient durci leurs conditions de crédit aux entreprises, au quatrième trimestre 2011. Deux jours plus tard, les statistiques de la Banque de France faisaient en effet état d'une hausse de 0,3% seulement des crédits octroyés aux entreprises, en décembre, après une progression de 0,8% en novembre.

Les crédits aux PME en hausse de 4,3%

Mais Jean-Laurent Bonnafé et son équipe avaient eux aussi des chiffres sur lesquels s'appuyer, mardi, pour étayer leur argumentaire. Sur ses marchés domestiques, à savoir la France, l'Italie, la Belgique et le Luxembourg, les encours de crédit de BNP Paribas ont augmenté de 5,1%, en 2011. Dans le détail, les prêts aux particuliers ont progressé de 6,2% et ceux aux entreprises, de 3,9%. Mieux, les crédits aux PME et aux TPE ont crû de 4,3%. « Personne ne peut dire que BNP Paribas ne fait pas son boulot de financement de l'économie. Nous avons été particulièrement engagés auprès des petites entreprises, contrairement à ce que d'aucuns pensent parfois », a asséné François Villeroy de Galhau, responsable de la banque de détail sur les marchés domestiques.

La France championne d'Europe

Au-delà de BNP Paribas, la France est le pays d'Europe « qui a le mieux financé l'économie en période de crise », assure Jean-Laurent Bonnafé. En témoigne la hausse de 4,4% des crédits accordés par les banques aux entreprises, en France, de 2008 à 2011, contre une baisse de 4,3% en Allemagne et de 2,2% pour l'ensemble de la zone euro.

Ce qui n'empêche pas les dirigeants de BNP Paribas d'évoquer avec gourmandise le « mouvement croissant de désintermédiation », c'est-à-dire le fait que de plus en plus de sociétés se tournent vers les marchés, notamment obligataires, pour se financer. Non seulement la désintermédiation permettra aux banques de prêter moins, mais elle leur apportera des revenus supplémentaires, au travers de l'accompagnement des entreprises sur les marchés financiers. C'est ce qui s'appelle faire d'une pierre deux coups. Christine Lejoux

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