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Mariano Rajoy tente d'éteindre l'incendie autour des banques espagnoles

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Publié le 21 mai 2012 à 12:27

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Alors que les banques ibériques sont attaquées sur les marchés et que le pays s'attend à un nouveau trimestre de récession, Mariano Rajoy tente de rassurer. Le gouvernement espagnol a choisi ce lundi deux cabinets pour évaluer l'état de santé du secteur bancaire. La veille, le Premier ministre a en outre réaffirmé que son pays ne ferait pas appel à l'aide internationale.

Un Premier ministre doit souvent enfiler plusieurs casquettes. Depuis quelques jours, Mariano Rajoy a choisi celle du pompier de service. Face à l'attaque des marchés sur le secteur bancaire espagnol, très fragile, le Premier ministre tente l'apaisement à tout prix. Alors que Bankia va solliciter une aide publique de plus de 10 milliards d'euros, Mariano Rajoy avait annoncé dimanche, en marge du sommet de l'Otan que son gouvernement devait choisir ce lundi deux cabinets chargés d'évaluer l'état de santé du secteur bancaire.

Les cabinets Berger et Wyman scruteront les banques espagnoles

Seront chargés de cet audit les cabinets de consultants Roland Berger et Oliver Wyman. "L'objectif de cette initiative est de développer la transparence et de dissiper définitivement les doutes autour de la valorisation des actifs bancaires en Espagne" a précisé un communiqué de la Banque d'Espagne. Ces nouvelles études porteront dans une première partie sur les bilans bancaires des banques espagnoles et sur leur "capacité de résistance" aux chocs économiques, notamment à un scénario de forte récession. Ces premiers résultats doivent être rendus publics "dans la seconde quinzaine de juin". Ensuite, l'audit se penchera sur "la détérioration des actifs bancaires de chaque groupe" et les conclusions de cette partie de l'enquête seront connues dans "les prochains mois", ajoute la banque centrale.

De cet audit, Mariano Rajoy a vanté dimanche l'efficacité a priori, tout en refusant de répondre aux questions des journalistes. "Je tiens à souligner qu'il serait très positif que cet exercice que va mener l'Espagne, soit réalisé dans d'autres pays de l'Union européenne", a-t-il conclu. Ce geste suffira-t-il à apaiser les tensions sur les marchés ? Le Premier ministre l'espère. Le secteur bancaire, avec la dégradation, jeudi, de la note de crédit de 16 banques espagnoles, subit les spéculations sur un recours de l'Espagne au pot d'aide européen, au moins pour aider ses établissements de crédit. Ce à quoi le Premier ministre a apporté, dès samedi et à nouveau ce lundi, une réponse catégorique : c'est non. L'Espagne refuse d'être la prochaine Grèce ou le nouveau Portugal.

La récession se poursuivra au deuxième trimestre

Néanmoins, la conjoncture n'est pas prête à redevenir favorable. Le ministre espagnol de l'Economie Luis de Guindos a estimé ce lundi que le PIB du pays reculerait encore au deuxième trimestre, d'une ampleur "similaire" au premier, où il avait baissé de 0,3%, ce qui marquait alors le retour de l'Espagne en récession. "Le deuxième trimestre aura un comportement assez similaire à celui du premier trimestre", a déclaré le ministre, qui table sur un recul du PIB de 1,7% sur l'ensemble de l'année, lors d'un forum organisé par le journal Cinco Dias.

"L'Espagne vit un moment difficile, mais l'Espagne a un gouvernement qui sait ce qu'il doit faire", a-t-il ajouté, réitérant les objectifs de réduction de déficit auxquels s'est engagé le pays, malgré le dérapage budgétaire de 2011, finalement plus fort que prévu (8,9% au lieu de 8,51% du PIB). Luis de Guindos a aussi affirmé que "le plan d'économies adopté compense déjà ce dérapage", et il a assuré que Madrid atteindra comme prévu un déficit public de 5,3% en 2013 puis 3% en 2013. Le gouvernement espagnol a approuvé un budget 2012 d'une rigueur historique, pour récupérer 27,3 milliards d'euros entre économies et nouvelles recettes, et a demandé aux régions de couper dans leurs dépenses en matière de santé et d'éducation, pour un montant de 10 milliards d'euros par an.

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Rencontre avec François Hollande mercredi

Face à cette période critique pour son pays, Mariano Rajoy multiplie donc les déclarations rassurantes, y compris avec les dirigeants étrangers. Samedi, il a rencontré à Chicago, en marge du sommet de l'Otan, la chancelière allemande Angela Merkel. Un entretien qu'il a jugé "très agréable" et au cours duquel il a invité son homologue allemande le 6 septembre pour un forum sur l'investissement en Espagne. Le Premier ministre espagnol a relayé le soutien de l'Allemagne. "Mme Merkel m'a répété qu'elle soutenait les réformes que nous menons dans notre pays et plus particulièrement l'exercice de transparence que nous allons mener à propos de nos banques", a-t-il précisé.

À lire également

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Mercredi, le Premier ministre espagnol rencontrera François Hollande à l'Elysée. L'objectif : discuter des moyens de relancer la croissance à quelques heures du sommet informel des dirigeants de l'Union européenne, qui se tiendra le soir-même et avant le sommet officiel prévu les 28 et 29 juin.

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