Le capital-investissement sous la pression des fonds activistes

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Les assemblées générales des fonds de private equity s'annoncent houleuses. Copyright Reuters
Les fonds de private equity accusant des décotes boursières de l'ordre de 30%, un nombre croissant d'actionnaires activistes exigent qu'ils cessent d'investir pour accélérer le rythme de leurs cessions et, partant, mieux les rémunérer.

Assemblées générales houleuses en vue pour les sociétés de capital-investissement cotées. Le hedge fund (fonds spéculatif) Laxey Partners, qui détient un peu moins de 1% du capital de 3i, réclamera lors de l'AG de juillet un virage à 180 degrés dans la stratégie du fonds britannique de private equity. Laxey souhaite que 3i cesse d'investir, afin de se concentrer sur la cession de ses participations. L'objectif de Laxey : que 3i dégage le plus rapidement possible des liquidités afin de rémunérer ses actionnaires. Il est vrai que ces derniers sont à la diète depuis la crise financière de 2008-2009 : le cours de Bourse du fonds britannique s'est effondré de 58% au cours des trois dernières années, si bien que l'action accuse aujourd'hui une décote de l'ordre de 30% par rapport à l'actif net réévalué de 3i.

Une lente agonie

Quelques semaines plus tôt, en avril, c'est le fonds de fonds allemand Castle Private Equity qui subissait les foudres d'actionnaires activistes emmenés par le hedge fund Abrams Capital. A l'instar de Laxey chez 3i, Abrams exige que Castle entame une stratégie de liquidation, consistant à ne plus investir et à accélérer le rythme de ses sorties. Ce qui signifie, à terme, la disparition du fonds de capital-investissement, une fois toutes ses participations vendues. Une mort lente à laquelle avait été promis en 2010 le britannique Candover, qui n'en finit plus d'agoniser : en liquidation depuis deux ans, le fonds devrait avoir retourné tout le cash possible à ses actionnaires d'ici à 2016, via la cession de ses dernières participations.

Une décote boursière de 30%

Un sort auquel bien d'autres fonds de capital-investissement ne devraient pas échapper, selon les analystes de Numis : « La décote boursière dans le secteur est telle qu'un nombre croissant d'actionnaires va militer pour une hausse de leur rémunération. » Depuis 2008, les cours des fonds de private equity accusent en moyenne une décote de 30% par rapport à leur actif net réévalué. La conséquence de la crise financière, qui n'a jamais réellement cessé depuis trois ans et qui pèse de plusieurs façons sur l'activité des fonds de capital-investissement. D'abord, la chute des marchés d'actions les oblige à déprécier leurs participations, qu'ils doivent comptabiliser en « mark to market », c'est-à-dire à leur valeur de marché. Ensuite, la volatilité de la Bourse les empêche de céder leurs participations à un bon prix. Enfin, la crise du crédit renchérit le coût des emprunts destinés à financer leurs acquisitions. Autant d'éléments qui grèvent les résultats des fonds et, partant, leur capacité à distribuer des dividendes. D'où la colère des actionnaires, qui tentent de « retrouver leurs petits », même au prix de la mort du fonds.

Le risque d'une grande braderie

Une stratégie qui laisse certains analystes dubitatifs. Pousser les fonds de private equity à accélérer la vente de leurs participations, dans un marché déjà difficile, risque de déboucher sur une grande braderie, ce qui ne servira nullement les intérêts des actionnaires. Sans doute vaudrait-il mieux poursuivre les cessions à un rythme normal, tout en affectant une partie du produit de ces ventes à des rachats d'actions, afin de rémunérer les actionnaires, le solde servant à financer de nouveaux investissements.
 

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a écrit le 28/05/2012 à 21:05 :
Le toujours plus commence sérieusement à faire des ravages. Et de nous bourrer le mou?entre riches ça devient difficile de faire de bonnes affaires et de réduire le salaire de chacun mène au blocage de la machine. Mais l'impression de billets peut maintenir le système encore un temps. La dette est de 60000 ?uro pour un japonais de 28000 pour un européen oui il y a de la marge. L'indice nikkei vient de 38915 soit -78% à ce jour. Pour partir en retraite il faut une belle espérance de vie
a écrit le 26/05/2012 à 20:14 :
Il ne faut pas oublier que les actionnaires eux-mêmes ont souvent besoin d'argent à cause de leurs mauvaise gestion ou stratégie, on peut parler d'un effet domino, vu que tout le monde est actionnaire de tout le monde. j'ai commencé à en prendre conscience avec le massacre des valeurs moyennes à partir de 2007, où la baisse à entrainé des fonds à baisser puis à liquider leurs positions, créant un effet panique, des énormes chutes et des faillites, à cause de la faible liquidité du marché.
Quand on possède des participations qui se montent en milliards, il n'y a pas de marché, c'est du gré à gré pour "refourguer" son actif, et donc le prix final est aléatoire.
On imagine que la peur et l'avidité de tous ces actionnaires vont faire des heureux, qui copient la méthode Warren Buffett; pouvant acheter à pas cher des valeurs bradées.
a écrit le 26/05/2012 à 16:38 :
Quand on aura assainit les actions boursieres,qui devraient etre de l'investissement,on aura fait un grand bond en avant
Réponse de le 27/05/2012 à 10:07 :
Zuckerberg a fait un grand bond en avant, lui qui va pouvoir investir 16 milliards...
Réponse de le 27/05/2012 à 12:00 :
Que restera de cette "fumisterie" fessebouk après les Class action ?
a écrit le 26/05/2012 à 11:15 :
Tout le monde est d'accord pour dépouiller voire démanteler 3i. Ce fonds mi investisseur mi teneur de bougie conserve de petites pépites qui débloqueraient ailleurs des ventes en cascade si elles faisaient un beau matin partie du built-up. Les actionnaires en question étant majoritairement des banques qui retrouveront chez les champions acquéreurs les marges qu'elles pourraient perdre ici. La concentration des entreprises atteint des sommets sans que l'on en parle sérieusement. Il serait temps de se réveiller pour en explorer les tenants et les aboutissants.
a écrit le 25/05/2012 à 23:53 :
gnarff gnarfff, quand les abrutis ont scié la branche sur laquelle ils étaient assis, ça flop: le comportement des banksters est digne d'un comic, vous savez le coyote et beep beep road runner
Réponse de le 26/05/2012 à 10:10 :
Le mieux sera quand ils liquideront votre entreprise, vous virant au passage...
Réponse de le 26/05/2012 à 11:13 :
@cjsus
De toutes façons toutes les entreprises dans lesquelles ces fonds ont investi sont destinées à être liquidées, pompées par les rentabilités exigées des hedge funds.
Ce qu'il faut, c'est tout simplement INTERDIRE les hedge fund.
Réponse de le 26/05/2012 à 12:02 :
Il y a encore mieux à faire, c'est de préempter les actifs immobiliers et matériels de ces fonds. AINSI; ils repartiront en laissant sur place ce qu'ils capté abusivement, et iront se lécher ailleurs.
Réponse de le 26/05/2012 à 15:15 :
Interdire, préempter les actifs... N'est-il pas plus simple de verrouiller le capital de son fond, plutôt que de proposer de violer la propriété privée ? Aucune des entreprises dans lesquelles les fonds de capital-investissement sont investis n'est destinée à être liquidée mais bien à être bonifiée, car la vente ne peut se faire qu'à la condition d'une entreprise en pleine forme. Vous avez décidément un petit souci de compréhension du réel : vous décrivez un monde qui n'existe pas !
Réponse de le 26/05/2012 à 17:09 :
Dans la finance, c'est comme dans la société en général, il y a des fonds voyous qui sont à ranger et à traiter de la meme manière que les voyous des banlieues ... ce qui implique que les Etats qui veulent se faire respecter doivent jeter en prison les administrateurs et les dirigeants de ces fonds voyous en cols blancs.

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