Quand capital-risque rime avec... philanthropie

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Les jeunes entrepreneurs de la Silicon Valley sont à l'origine du capital-risque philanthropique. Copyright Reuters
Les jeunes entrepreneurs de la Silicon Valley sont à l'origine du capital-risque philanthropique. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les fonds européens de capital-risque philanthropique ont investi 1 milliard d'euros, en l'espace de sept ans.

Le capital-risque philanthropique, cela vous dit quelque chose ? Non, bien sûr, tant il est vrai que la notion de philanthropie semble éloignée du monde du capital-investissement. » Pourtant, le capital-risque philanthropique existe bel et bien. Oh, pas depuis longtemps ! Les premiers fonds européens de capital-risque philanthropique datent du début des années 2000. Mais ils ont déjà investi 1 milliard d'euros, au total, selon les premières données publiées par l'EVPA (European venture philanthropy association). Des fonds dont près de la moitié (48%) ont été alloués aux secteurs de la santé et de l'éducation.

Des grandes fortunes et des fondations comme investisseurs

Car, le principe du capital-risque philanthropique, c'est d'investir dans des entreprises à vocation sociale. Ce principe a émergé à la fin des années 1990, dans l'esprit de jeunes entrepreneurs américains de la Silicon Valley. Après avoir fait fortune dans l'Internet, aidés par des fonds de capital-risque classiques, ils ont voulu faire profiter de leurs gains et de leur expérience des associations ou des entreprises venant en aide aux personnes défavorisées, aux enfants, aux personnes âgées. Le tout, sur le modèle du capital-risque, qui a si bien réussi à ces businessmen. Ce sont donc ces derniers que l'on retrouve au capital de fonds de « philanthropic venture », au côté d'autres grandes fortunes et de fondations.

Des investissements qui prennent la forme de conseils, de coaching

Calquée sur celle du « venture » classique, la philosophie du capital-risque philanthropique consiste donc à investir dans des start-up dites sociales, pour une durée donnée, afin de les aider à se développer. A cette différence près que l'aide en question n'est pas seulement financière mais réside également dans le conseil en stratégie, le coaching, le partage de carnets d'adresses, etc. Autre différence - de taille -, la moitié des fonds européens de capital-risque philanthropique n'attendent pas de gains financiers de leurs investissements. Ce qui signifie que l'autre moitié en espère... Mais « ceux-là réinvestissent leurs gains dans d'autres entreprises à vocation sociale », assure l'EVPA.

Une taille moyenne de 11 millions d'euros d'actifs sous gestion

Une certitude, la puissance de feu financière du capital-risque philanthropique européen est concentrée entre quelques mains seulement. A l'instar de tout secteur naissant, cette industrie ne compte en effet que quelques gros acteurs - pour la plupart basés au Royaume-Uni, comme Bridges Social Entrepreneurs Fund ou Impetus Trust, avec plus de 100 millions d'euros d'actifs gérés - et une kyrielle de tout petits fonds. De fait, la taille moyenne des fonds européens de capital-risque philanthropique n'excède pas les 11 millions d'euros d'actifs sous gestion. Mais, après tout, dans ce domaine, ce n'est pas l'argent qui compte...

 

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