L'assurance auto est jusqu'à 33% plus chère pour les chômeurs

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Selon une enquête de l'hebdomadaire Autoplus auprès de 27 compagnies, les conducteurs sans emploi paieraient leur assurance auto plus chère chez 11 d'entre elles.

Les chômeurs présentent-ils un risque supplémentaire pour les assureurs? C'est ce que semble croire 11 compagnies sur les 27 testées par l'hebdomadaire Autoplus dans son dernier numéro. Le magazine a en effet réalisé des demandes de devis d'assurance auto sur internet, principalement par l'intermédiaire de comparateurs en ligne et des sites internet des sociétés. Deux profils identiques étaient proposés: même âge, même sexe, même situation familiale, même lieu d'habitation, même bonus. Leur seule différence était d'être salarié pour l'un, et chômeur pour l'autre.

16 compagnies ne font pas de différence, 11 pratiquent une surprime

Une majorité de compagnies ne fait pas de discrimination, un assureur mutualiste pratiquerait même des tarifs légèrement moins chers: la GMF,  qui assure les fonctionnaires et les agents publics. Mais 11 assureurs auto pratiquent des tarifs plus élevés pour le conducteur sans emploi. Et parfois beaucoup plus élevés: dans un cas la surprime atteint 33%, soit en l'occurrence 180 euros pour un contrat tous risques!

Les raisons invoquées seraient l'éventualité du non paiement de la prime du fait de l'absence d'emploi, ou une utilisation plus fréquente de la voiture en raison de davantage de temps libre ou pour se rendre... à des entretiens d'embauche. Et ce temps de circulation supplémentaire augmenterait le risque d'avoir des accidents.

La segmentation des portefeuilles: une pratique courante

A l'évidence, l'évaluation de la réalité de ces risques n'est pas similaire dans l'ensemble de la profession de l'assurance. Pour les onze assureurs identifiés, il peut s'agir d'une politique commerciale d'éviction de ces profils de "sans emploi". Cette stratégie de segmentation des portefeuilles est devenue très courante ainsi certains assureurs pratiquent-ils des tarifs prohibitifs pour les jeunes conducteurs auto ou moto, alors qu'à l'inverse des tarifs préférentiels sont proposés aux pères de famille propriétaires de monospace. Dans ce cas, l'argument invoqué par les assureurs est clairement celui d'une fréquence d'accidents moindre pour les pères de famille que pour les jeunes motards. Il reste à savoir s'il existe aussi une différence de sinistralité auto statistiquement contastée entre chômeurs et salariés...

Faire jouer la concurrence et la comparaison sur internet

Un client en situation de chômage peut avoir intérêt à passer par son interlocuteur habituel en matière d'assurance. L'enquête d'Autoplus par nature ne prend en effet pas en compte les tarifs pratiqués "dans la vie réelle" (par opposition aux tarifs catalogues pratiqués en ligne) en agence générale d'assurance ou dans les agences mutualistes qui peuvent appliquer des tarifs plus attractifs en tenant compte du nombre de contrats détenus par un client (plusieurs contrats auto, l'assurance habitation, l'assurance vie, etc) et en tentant compte aussi de la fidélité de l'assuré.

Il reste de toute façon aux conducteurs sans emploi la solution de faire jouer la concurrence et de procéder lui aussi à de la comparaison sur internet pour trouver le rapport qualité/prix le plus avantageux. 

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Commentaires
a écrit le 16/09/2013 à 11:53 :
de voir qu on oblige les femmes à payer pour les casses des hommes par souci de non discrimination mais qu'en revanche une personne sans emploi se voit appliquer ou tenter une surprime de 100 euros! du fait de son état de demandeur d'emploi avec des trajets privé travail obligés par certains assureurs qui considèrent qu un demandeur d'emploi roule autant à répondre aux offres si abondantes sur le marché avec son véhicule personnel!!! D'une part les femmes ne sont pas traitées à égales de l'homme dans ce pays donc on ne voit pas pourquoi elles devraient être solidaires de leurs accidents, d'autre part vrai que femme et demandeur d'emploi on commence à cumuler (sans parler de l'absence de volonté de versement de l'ARE quand on vient de la fonction publique dont certains représentants s'asseoient sur la réglementation qu'ont signé leurs ministres!).
D'égalité il n'existe pas. On tape sur le plus démuni et tous azimuts.
a écrit le 23/10/2012 à 6:48 :
On peut prendre le problème dans n'importe quel sens, c'est une discrimination et c'est interdit et puni par la loi. Point barre.
a écrit le 22/10/2012 à 23:43 :
les assurreurs sont rois car en accord avec le politique un assurreur peut résdilier un contrat sans motif uniuqement sur son bon vouloir.
Un assureur n?est pas tenu d?indiquer le motif pour lequel il résilie un contrat d?assurance, seule la mention « contrat résilié par la compagnie » peut figurer sur le relevé d?information, sans autres explications. Si votre nouvel assureur souhaite absolument connaitre le motif de la résiliation de votre contrat, il peut toujours contacter votre ancien assureur par téléphone. Votre ancien assureur n?est pas dans l?obligation de lui communiquer l?information mais ça vaut le coup d?essayer?
Le Groupama qui va mal pour mauvaise gestion en abuse avec sa filiale Amaguiz et oui les assureurs sont rois, l'assuré est un pigeon, mot à la mode, et le politique valide le code des assurances.Je me dis que plus d'un assuré voit son contrat résilié pour cause de sinistres dont aucun à son tort mais nos assurreurs pensent car ils pensent!!! que l'assurés pourraient un jour avoir un action la loi du nombre dont aucun assureur est capable mettre une étude saur la table. Nos élus bien assis sur leur fauteuil trouvent cela normal et le valident. Ah! j'oubliais un élu est comme un assureur il pense!!!!!!
a écrit le 22/10/2012 à 19:22 :
Quoi de plus normal que de facturer plus cher le risque pris. On peut penser qu'il y a plus d'impayés chez les chômeurs que chez les militaires ou les enseignants donc c'est normal que cela se répercute dans les primes. Pour trouver l'assurance la moins chère que l'on soit chômeur ou autre il suffit d'utiliser les comparateurs en ligne.
a écrit le 22/10/2012 à 18:09 :
pour travailler dans l'assurance, je vous garantis une chose : si elles n'y avaient pas un interet financier, les compagnies d'assurance ne feraient pas payer plus cher les chômeurs. Donc on en déduit que soit la sinistralité est plus élevée pour les chômeurs, soit le paiement de la prime est effectivement plus incertain
Réponse de le 22/10/2012 à 20:55 :
Certaines assurances demandent une catégorie socio-professionnelle (ouvrier, cadre, artisan, profession libérale, fonctionnaire, etc). Bien sûr, dans les cas "autres", il y a "chômeur". Mais est-ce que chômeur c'est une profession??? Après, dans les faits, je suis dubitatif. Il faut savoir qu'un devis en ligne peut servir à aller dans une agence. Les agences ont leur part de négociation commerciale. Donc peut-être que les sites internet laissent davantage de potentiel de marge aux agences pour apprécier la solvabilité des "chômeurs". Enfin, la discrimination ne touche pas que les pauvres. Essayez de faire un devis de super-sportive sur internet... Là encore, face aux risques potentiels, on laisse aux agences le soin d'apprécier la qualité du conducteur.
a écrit le 22/10/2012 à 13:27 :
Les banques pratiquent de même, ceci écrit... Et l'argument du déplacement pour entretien. Quelle magnifique hypocrisie marketing. A retenir.

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