Mediator : un expert démissionne et dénonce la procédure d'indemnisation

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Le collège des experts chargé d'évaluer les préjudices des victimes du Mediator et de donner un avis sur leur indemnisation compte un membre de moins.

Le docteur Philippe Hervé, pneumologue, claque la porte. Il a envoyé  "par mail avant-hier et par lettre aujourd'hui" sa démission du collège d'experts de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam). Ce collège est présidé par un magistrat, Roger Beauvois, président de la chambre honoraire de la Cour de cassation, et composé de sept médecins nommés par le ministre de la Santé. Il est en première ligne dans l'affaire du Mediator, ce médicament antidiabétique fabriqué par les laboratoires Servier, parfois prescrit jusqu'en 2009 comme un coupe-faim, qui a provoqué des maladies cardiaques chez 500 personnes au moins voire plus de 2000 selon certaines études.

Les experts qui  compose ce collège ont pour mission d'évaluer la gravité des préjudices subis par les victimes, leur lien avec la prise du médicament Mediator, et enfin donner un avis sur leur indemnisation par l'Oniam.

46 indemnisations depuis novembre 2011

A ce jour 7500 dossiers ont été déposés auprès de l'Oniam, 750 ont donné lieu à un avis et 46 à une indemnisation. Le collège explique le faible nombre d'avis positifs émis depuis novembre 2011 par le recueil nécessaire des justificatifs, mais aussi par "la nécessité de respecter la procédure contradictoire qui prévoit pour chaque avis d'indemnisation au minimum trois passages devant le collège".

Une procédure trop lente et trop restrictive

Des chiffres qui selon le pneumologue Philippe Hervé illustrent bien la lenteur du processus d'indemnisation.  "Cette machine est d'une lourdeur effrayante", a-t-il déclaré à l'AFP. Il a également regretté que les personnes souffrant de faibles insuffisances aortiques aient été écartées de toute indemnisation, alors que, selon lui, si cette pathologie sans symptôme ne représente qu'une "rayure sur la carrosserie", on "ne sait pas ce qu'elle va devenir dans le futur". Des propos qui rejoignent les critiques du docteur Irène Frachon, qui a révélé la nocivité du mediator au grand public et qui continue à plaider pour une meilleure reconnaissance du préjudice des malades.

Avec AFP

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