Dettes souveraines, bulle obligataire, opacité des marchés... Le gendarme de la Bourse est très inquiet

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L'Autorité des marchés financiers (AMF) a présenté mercredi sa cartographie des risques susceptibles d'affecter les marchés au cours des prochains mois. Elle évoque notamment le risque d'un krach obligataire.

La zone euro n'a pas fini de donner des sueurs froides aux marchés financiers. Malgré les mesures exceptionnelles prises par la Banque centrale européenne (BCE) après l'été 2012, afin de tenter d'endiguer la crise de la dette, « l'évolution des risques souverains continue de mériter une grande attention », a estimé mercredi l'Autorité des marchés financiers (AMF). « Certes, la situation s'est améliorée, en l'espace d'un an, mais les événements de ces derniers jours montrent que ce sujet demeure important », a insisté Benoît de Juvigny, secrétaire général de l'AMF, qui présentait mercredi sa cartographie des principaux risques pesant sur les marchés financiers, au cours des prochains mois.

De fait, en début de semaine, la tourmente politique au Portugal a fait resurgir le spectre d'un retour en force de la crise de la zone euro, le taux d'emprunt à 10 ans du Portugal dépassant les 8% mardi, et entraînant dans son sillage les taux grec, italien et espagnol. Invoquant le « manque de crédibilité » des stratégies de renforcement des finances publiques des Etats européens les plus fragiles, couplé à « des perspectives de croissance moroses », l'AMF estime que de nouvelles « dégradations de notations souveraines ne sont pas à exclure. » Avec, à la clé, « la réapparition de tensions sur les marchés financiers, qui renchériraient les coûts de financement des émetteurs.

Le risque d'un krach obligataire

Autre élément menaçant la stabilité financière, selon l'AMF : les risques « excessifs » pris ces derniers mois par des investisseurs cherchant à tout prix du rendement dans un environnement de taux d'intérêt très bas. « Les investisseurs présentant un fort appétit pour le risque ont obtenu, à moindre coût, les moyens d'acquérir des actifs (risqués, comme les actions et les obligations high-yield) dont la qualité a pu être hâtivement évaluée, ce qui augmente le risque de bulles sur certains segments de marché, notamment obligataire », prévient l'AMF. Qui va jusqu'à évoquer « le risque d'un krach obligataire, plus élevé en 2013 qu'en 2012. »

Un risque de liquidité systémique

Au chapitre du fonctionnement même des marchés, le gendarme de la Bourse pointe du doigt un risque de liquidité - plus précisément de manque de liquidité -, lié à « l'opacité des marchés. » « Le nombre de dark pools augmente », déplore Edouard Vieillefond, secrétaire général adjoint de l'AMF. Les dark pools, ce sont ces plates-formes d'échanges électroniques, qui permettent d'acheter et de vendre des blocs de titres, sans que le reste du marché soit au courant au moment de l'exécution des ordres. « Aujourd'hui, sur les valeurs du CAC 40, l'OTC ([over the counter ou de gré à gré ; Ndlr] représente 50% des transactions », indique Edouard Vieillefond.

Autrement dit, la moitié des transactions sur l'indice phare de la Bourse de Paris échappe à la vigilance du régulateur. Plus, même, car, « sur le solde de 50% qui se déroule sur les marchés organisés, 5% à 10% est traité au sein de dark pools », poursuit Edouard Vieillefond. Un manque de transparence qui fait de ce risque de liquidité un risque systémique, selon l'AMF. Au même titre que le risque sur les dettes souveraines.

 

 

 

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Commentaires
a écrit le 08/07/2013 à 9:39 :
La Bourse est un f...oir, l'AMF y a largement contribué, et elle s'en inquiète à présent. Bel exemple de bureaucratie schizophrène.
a écrit le 07/07/2013 à 19:45 :
s'il peut exister des darks pools, on se demande bien à quoi sert l'AMF
et dire que c'est le gendarme de la bourse.
Que fait la police ?
et les beaux discours de nos politiques sur la finance et les financiers !
Ca suffit.
a écrit le 05/07/2013 à 19:11 :
" Aux fédéralistes -bradeurs de la FRANCE" -
"-La nation ce n'est pas un clan , ce n'est pas une race ,ce n'est pas une tribu -
-La nation c'est encore plus fort que l'idée de patrie ,plus fort que le patriotisme , ce noble réflexe par lequel on défend sa TERRE NATALE ,SON CHAMP ,SES SEPULTURES-Car le sentiment national c'est ce par quoi on de vient CITOYEN ,ce par quoi on accède à CETTE DIGNITE SUPREME DES HOMMES LIBRES, qui s'appelle la CITOYENNETE."-Extrait du remarquable discours du regretté Phillipe SEGUIN en mai 2002-
Nous aurons rendez vous avec l'euro - peut étre le 22 septembre 2013 ou le 14 avril 2014 -?
Le désarroi est profond ,la confiance est morte ,.......un autre destin , un autre monde surgira...
Réponse de le 05/07/2013 à 19:56 :
+10.000.000
a écrit le 05/07/2013 à 16:21 :
Le plus inquiétant, c'est le manque total d'ergonomie du site de l'AMF, sur lequel on est sûr de ne jamais trouver le renseignement que l'on cherche.
a écrit le 05/07/2013 à 15:09 :
Les banques d'affaires ont vraisemblablement vendu assez de produits de couvertures sur mesure qui permettront aux uns, toujours les mêmes, de s'enrichir encore plus en plumant les autres, toujours les mêmes. Le krach obligataire peut commencer. On passe donc à la phase II : attendrir la viande en instillant la peur. On influence des gens comme l'AMF, qui deviennent, à leur insu, de parfaits amplificateurs pour ce qui n'est, dans le fonds, qu'un discours de propagande. Mais c'est avec la propagande qu'on gagne les guerres. Ou les expéditions de pillage, au choix.
a écrit le 05/07/2013 à 14:39 :
Un petit groupe aide par des politiques vereux et cupides pillent le monde....catastrophe assuree style Titanic....canots de sauvetage reserve aux premiers cites
a écrit le 05/07/2013 à 13:00 :
Cela me fait penser à ces savants mabouls des comédies, qui créent une invention daibolique, et que l'on voit à un moment se prendre la tête à 2 mains, en s'écriant "Mais qu'ai je inventé !". Avant que tout n'explose !
a écrit le 05/07/2013 à 12:41 :
J'attends ce jour avec impatiente. Pourquoi ?
Parce que lorsque l'on aura plus rien dans nos poches, l'heure sera venu de faire la révolution...
Ils nous tiennent plus pour très longtemps ces escrocs à col blanc, et ce jour la, ils ont intérêt de partir sur une autre planète !!
Des têtes ont été coupés pour moins que cela...
Réponse de le 05/07/2013 à 16:10 :
La révolution ! Quelle illusion...
a écrit le 05/07/2013 à 12:26 :
Ce sera le même qui, ce jour là, fermera les marchés pour la sauvegarde des petits porteurs! Tous ruinés et votre retraite?
a écrit le 05/07/2013 à 12:08 :
La France à la traine de tous les autres pays occidentaux, aucune reforme courageuse pour réduire la dépense publique la plus forte du monde, le taux d'imposition le plus élevé au monde.
L'AMF manie poliment la langue de bois et nos politiques n'entendent pas! Le crash obligataire arrivera si des réformes courageuses de réduction des déficit budgétaire et public ne sont pas faites.

Le gouvernement de la France est un obèse qui engueule son cheval qui vient de s'écrouler et ne peut plus avancer!
a écrit le 05/07/2013 à 11:56 :
Ce qu'il y a de marrant, c'est que quasiment tout le monde a bien compris leur arnaque. Fin de partie, messieurs...
a écrit le 04/07/2013 à 19:44 :
"la moitié des transactions sur l'indice phare de la Bourse de Paris échappe à la vigilance du régulateur" ! Tiens donc, mais qu'est ce que c'est que ce bins ??? Je ne connais rien dans les mécanismes de la finance mais il me semble avoir compris une chose : Dérégulation voulue par les states + régulation voulue par l'Europe = Crise des dettes souveraines. Je comprends toujours rien ou un peu ? Merci
Réponse de le 05/07/2013 à 13:52 :
Il ne s'agit pas de dérégulation voulue par les states mais bien de concurrence voulue par l'Europe. Cela induie plus de plateformes de transaction (marché d'échange de titres) et donc moins de transparence et moins de régulation puisqu'un certain nombre de ces plateformes sont dites de "gré à gré" ou plus simplement entre 2 parties (fameux dark pool). Les autres intervenants (vous, moi, une entreprise, n'importe qui) ne pouvant prendre part à la transaction. La fixation du prix se fait donc en toute opacité et sans contrôle des autorités de régulation. Ce coup-ci les européens s'y sont mis dedans tout seul comme des grands...
a écrit le 04/07/2013 à 19:42 :
Quand les collectivités, à toute échelle, auront compris ca, le monde ira sûrement mieux (au mions financièrement). En attendant, tout le monde a peur car on ne sait pas qui va payer les déficits chroniques. Quand les marchés (càd les épargnants) ne voudront plus, ce sera aux contribuables européens de payer.
Réponse de le 04/07/2013 à 23:58 :
"marchés = épargnants" ??? C'est nouveau ça !!! Ce serait plutôt "marchés = quelques gros fonds anglosaxons dopés aux prèts à taux quasi 0 fournis par les banques centrales avec un intermédiaire bancaire".
a écrit le 04/07/2013 à 19:02 :
On a voulu créer des marchés parallèles il y a quelques années sous la pression des banques . Résultat, ce qui était un acquis formidable, c'est à dire la transparence et des Bourses qui centralisaient tous les ordres a disparu. De véritables trous noirs se sont crées et les épargnants ont beaucoup perdu.
Réponse de le 04/07/2013 à 19:19 :
Il fallait bien que l'industrie financière s'organise face aux taxes qui fleurissent de partout ... Je ne suis pas pour, mais le constat est là ...
Réponse de le 04/07/2013 à 22:56 :
Le Général de Gaulle de ne faire qu'une Europe des cultures oui!

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