Maxime de Rostolan, BlueBees, financeur d'essor en Afrique

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Maxime de Rostolan, BlueBees / DR
Maxime de Rostolan, BlueBees / DR (Crédits : DR)
[PORTRAIT] L’économie sociale et solidaire est la grande révolution copernicienne : même des sociétés anonymes « classiques », respectant les règles de l’économie de marché, cherchent du sens et une utilité sociale dans le qualificatif d’économie sociale et solidaire. Portraits de ces chercheurs de solutions nouvelles qui changent le monde.

« Cela nous a coûté dix-huit mois de travail et cinq avocats, mais nous avons été les premiers en France à pouvoir proposer aux internautes des prêts rémunérés », se réjouit Maxime de Rostolan.

Après des études d'ingénieur en environnement, un tour du monde consacré à la problématique de l'eau et la publication d'un livre (Les Aventuriers de l'or bleu, éd. Presses de la Renaissance), il rejoint la maison Deyrolles pour y diriger la collection des planches pédagogiques, en partenariat avec des entreprises sponsors. Ce qui ne l'empêche pas de préparer la création de Blue Bees.

« Lors de mon voyage en Afrique, j'avais été frappé par le nombre de bons projets qui ne trouvaient pas de financement, surtout dans le "missing middle", la fourchette entre 10.000 et 100.000 euros. »

Dès le départ, l'idée est de jouer avec les mêmes règles que les banques, donc en rémunérant les prêts. Ce qui, en France, est en principe réservé aux institutions financières. Ayant démontré à l'Autorité de conformité prudentielle (ACP) que l'activité de Blue Bees, circonscrite à l'Afrique, n'entrait pas en concurrence avec celle des banques françaises, encore fallait-il se mettre en quête de projets capables de dégager une rentabilité su"sante pour rémunérer les investisseurs.

« Je veux montrer que l'Afrique n'est pas un puits à subventions, mais peut générer des activités économiques résilientes », précise Maxime de Rostolan.

Blue Bees a soutenu cinq projets depuis son lancement en novembre 2012, qui doivent dégager une rémunération annuelle de 2,8%. Un projet nécessitant 20.000 euros en moyenne. Il réunit environ 200 personnes qui en suivent l'évolution pendant deux ans, « une véritable aventure humaine », assure-t-il.

Aujourd'hui, Blue Bees prélève des frais sur les projets qui réussissent. À terme, Maxime de Rostolan ambitionne de faire abonder les prêts par des entreprises soucieuses de soigner leur politique de responsabilité sociale, en échange de visibilité sur des projets liés à leur secteur d'activité. Un chausseur pourrait ainsi payer pour que son logo figure sur un projet permettant à un artisan nigérian d'améliorer sa productivité…

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