Brexit oblige, les fintech londoniennes songent à traverser la Manche

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Le 18 juillet, Berlin Partner avait  indiqué avoir été déjà contactée par une dizaine de fintech britanniques.
Le 18 juillet, Berlin Partner avait indiqué avoir été déjà contactée par une dizaine de fintech britanniques. (Crédits : CHRISTIAN HARTMANN)
Face aux menaces que la sortie prochaine du Royaume-Uni de l’Union européenne fait planer sur le passeport européen dans les services financiers et sur la libre circulation des travailleurs, nombre de startups britanniques spécialisées dans les technologies financières songent à établir des avant-postes en Europe Continentale.

Il y a quelques mois encore, grande était la tentation, pour les entrepreneurs européens aspirant à créer une fintech, d'installer leur startup spécialisée dans les technologies financières à Londres, plutôt qu'en Europe Continentale. Non seulement parce que la capitale britannique est la première place financière du Vieux Continent, mais également parce qu'elle s'est taillée une solide réputation comme terre d'accueil des jeunes pousses technologiques, en particulier grâce à une réglementation flexible. Mais le vote des Britanniques en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE), le fameux « Brexit », a changé la donne. Désormais, ce sont les fintech londoniennes, tout au moins une partie d'entre elles, qui réfléchissent à installer leur tête de pont en Europe Continentale.

Le 18 juillet, Berlin Partner, l'agence de développement économique et technologique de la ville de Berlin, avait en effet indiqué avoir été déjà contactée par une dizaine de fintech britanniques, en quête de renseignements sur les prix de l'immobilier commercial, le marché du travail et l'hébergement au sein de la capitale allemande. Il faut dire que la renégociation des accords commerciaux, douaniers et financiers entre le Royaume-Uni et l'UE risque de faire perdre aux sociétés britanniques de services financiers leur passeport européen. Ce sésame leur permet, à partir du moment où elles sont agréées par le régulateur de l'un des 28 États-membres, d'exercer leur activité dans toute l'UE et, partant, d'avoir accès à un marché potentiel de 500 millions de consommateurs. Une perspective des plus importantes pour nombre de fintech, dont les « business models » reposent sur des transactions de petits montants, et nécessitent donc d'importants volumes d'activité pour atteindre une taille critique.

Le problème du passeport européen

C'est le cas, par exemple, des startups spécialisées dans les transferts d'argent, comme la Britannique Azimo, dont le demi-million d'utilisateurs effectue des transactions de 500 euros, en moyenne, et dont l'agrément auprès de la FCA (Financial Conduct Authority, le gendarme financier britannique) lui permet d'exercer sans encombre son activité en France et en Allemagne, deux pays de l'UE qui ne sont autres que ses principaux marchés, après le Royaume-Uni. Pas étonnant, donc, « qu'un important lobbying en faveur de la préservation du passeport européen » s'organise au sein de la communauté londonienne des fintech, selon Dora Ziambra, responsable du développement commercial d'Azimo.

Même son de cloche chez GoCardless :

« À l'heure actuelle, nous sommes agréés par la FCA et nous portons cette licence dans d'autres pays européens. Mais, demain, nous devrons peut-être obtenir aussi une licence dans un pays restant dans l'UE, comme la France ou l'Allemagne. Cela n'apporterait aucune valeur ajoutée pour nos clients, car nous dépenserions beaucoup de temps et d'énergie à refaire ce qui est déjà en place », expliquait récemment à La Tribune Octave Auger, directeur Europe au sein de cette fintech londonienne spécialisée dans les prélèvements Sepa.

La libre circulation des travailleurs en question

Le Brexit, avec ses conséquences éventuelles sur la libre circulation des travailleurs, fait planer une autre menace sur les fintech londoniennes : celle de devenir beaucoup moins attrayantes pour des talents étrangers qui devront obtenir et un permis de séjour et un permis de travail. Or la capacité à attirer des expatriés est essentielle pour le secteur des fintech, qui croît si rapidement que le vivier britannique ne peut suffire à combler ses besoins.

« 80% de nos 90 salariés ne sont pas nés au Royaume-Uni », témoigne Dora Ziambra, chez Azimo.

Aussi, sans pour autant envisager une seconde de ne plus être présente à Londres, cette fintech étudie-t-elle l'opportunité de créer un avant-poste en Europe Continentale.

Où cela ? « Nous devrons choisir un pays où la réglementation nous sera favorable, comme l'Irlande, les Pays-Bas ou le Luxembourg », précise Dora Ziambra. A l'aune de ce critère, la France n'arrive évidemment pas en tête de liste. Pour ce qui est du cadre de vie, c'est une autre affaire :

« Tout le monde aimerait vivre à Paris ! », sourit Dora Ziambra.

Et puis, tout de même, « Paris, comme Francfort, a une tradition d'expertise dans les services financiers qui devrait attirer beaucoup de monde », poursuit la responsable du développement commercial d'Azimo.

Des propos qui devraient résonner agréablement aux oreilles de la place financière de Paris, de la région Ile-de-France et du gouvernement, bien décidés à dérouler le tapis rouge à la finance londonienne en général, et aux fintech d'outre-Manche en particulier.

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Commentaires
a écrit le 09/08/2016 à 19:06 :
Ceci était prévisible dans les affrontements des leadership
a écrit le 08/08/2016 à 14:12 :
Il faudra un permis de séjour et un permis de travail, mais quelle catastrophe !
A comparer avec l'émigration vers San Francisco, où comme tout le monde le sait, il ne faut pas de visa, pas d'autorisation de travail pour travailler aux Etats-Unis. Et pour exporter en Chine et travailler en Chine, dans cette grande démocratie, il n'y a aucun problème.
Avant d'écrire ce genre d'article, vous devriez réfléchir, est-ce trop vous demander ?
a écrit le 08/08/2016 à 12:14 :
Encore un de ces articles qui nous disent qu'avec le Brexit, c'est la fin du monde ! Si certaines entreprises songent à délocaliser, ce n'est pas tant à cause du Brexit, mais plutôt pour rechercher des pays où la main-d'œuvre est moins chère et corvéable à merci et où la fiscalité est plus avantageuse. Ce qui, soit dit en passant, est le cancer de l'Europe :-)
a écrit le 08/08/2016 à 11:02 :
C'est fou ce que la peur du Brexit peut amener à écrire.
a écrit le 08/08/2016 à 10:46 :
commentaires bien plus réalistes que cet article qui sent la propagande nauséabonde intello-médiatique revancharde. Bravo aux Britanniques courageux qui vont réussir leur Brexit envers en contre tous les serviteurs d'une UE dépassée qui va bientôt voler en éclat.
a écrit le 08/08/2016 à 10:09 :
"Dérouler le tapis rouge". Comment un gouvernement socialiste peut-il entretenir ainsi l'inégalité entre les entrepreneurs et les entreprises? Toujours le clientélisme et la distribution de privilèges comme sous l'ancien régime.
a écrit le 08/08/2016 à 9:33 :
Les opportunistes sont à l’œuvre, mais pas d’inquiétude, la souplesse de la G.B. saura y faire face bien plus rapidement que ce mastodonte que l'on appelle UE!
a écrit le 08/08/2016 à 8:56 :
le titre est un peu trompeur
on croirait a priori que les fintechs veulent venir en france se faire appliquer le compte penibilite, la c3s, la dailymotionisation de ses activites, les menaces de nationalisations permanentes de l'ultragauche, les insultes sur les investisseurs negriers, ' l'ennemi c'est la finance', etc etc
soyons clair, personne ne viendra en france
Réponse de le 08/08/2016 à 10:51 :
Ah bon! Berlin n'est pas en France? :)
Réponse de le 08/08/2016 à 13:18 :
C'est exact, le masochisme à priori n'existe pas dans le monde fes affaures.
Réponse de le 10/08/2016 à 19:56 :
Vous avez raison, il est très peu probable que des fintechs ou d'autres viennent s'installer en France. Et même pour des expatriés français, qui connaissent même mieux la situation française que les autres.

Il se peut qu'il y ait un effet d'aubaine : ceux qui y pensaient déjà pour d'autres raison (la France n'est pas l'enfer, économiquement, il y a juste mieux ailleurs) profiteront probablement de l'occasion. Mais ce sera marginal.

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