Crypto, ETF : par excès de confiance, les nouveaux investisseurs sous-estiment les risques sur les marchés financiers
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En France, les néophytes en matière d'investissement surestiment leur niveau d'éducation financière.
DADO RUVIC
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En France, les néophytes en matière d'investissement surestiment leur niveau d'éducation financière.
DADO RUVIC
Des nouveaux investisseurs trop sûrs d'eux, et qui prennent davantage de risques. C'est la conclusion d'une étude de l'OCDE pour le compte de l'Autorité des marchés financiers (AMF) publiée ce jeudi 10 novembre. En France, les néophytes en matière d'investissement surestiment, en effet, leur niveau d'éducation financière. Résultat, leur perception du risque se retrouve biaisée. « L'étude montre un excès de confiance des nouveaux investisseurs à l'égard de leur niveau de connaissances en matière financière », relève l'institution financière dans un communiqué.
Parmi les nouveaux investisseurs particuliers interrogés, 73% des 18-24 ans estiment avoir un niveau « élevé » de connaissances en matière financière, la proportion s'élève à 75% chez les 25-34 ans. Pourtant, interrogés « sur des notions simples comme les effets de l'inflation, la diversification ou le rapport risque/rendement », « plus de la moitié des plus jeunes n'ont répondu correctement qu'à deux questions sur six », rapporte l'AMF. Pire, « la majorité de ceux qui investissent dans des produits très risqués, tels que les produits dérivés, les options ou les crypto-actifs, n'ont pas été en mesure de répondre correctement aux questions relatives à l'utilisation de ces produits », indique l'étude.
Menée sur un échantillon de 8.000 personnes dont 2.000 investisseurs particuliers, cette étude permet surtout de dresser le portrait-robot des nouveaux investisseurs particuliers. Il ressort que la moitié des néophytes interrogés se sont lancés dans l'investissement au début de la pandémie de Covid-19 en 2020. Pour 73% des sondés, « gagner beaucoup d'argent rapidement » est une priorité, mais paradoxalement, ils disent préférer les produits au risque et au rendement modérés (61%). Par ailleurs, les nouveaux investisseurs ont tendance à « accéder à l'information financière principalement par le biais de sources en ligne, y compris les réseaux sociaux ».
Ils sont aussi davantage à se tourner vers des entreprises en particulier, « telles que les entreprises de technologie américaines ou Tesla », cite l'étude, ainsi que certains types d'investissement, « tels que les fonds indiciels (Exchange Traded Funds ou ETF) ». Pour rappel, un ETF est un panier d'actions ou d'obligations dont l'objectif est de répliquer les performances d'un indice boursier. Les ETF rendent accessible à travers un titre unique l'ensemble d'un indice, comme le CAC 40 par exemple. Le gendarme des marchés financiers explique que la hausse de l'activité en Bourse en France « coïncide avec une popularité croissante des ETF depuis 2020 ».
Au sein de ce public majoritairement masculin (64%) et plutôt jeune (56% ont moins de 35 ans), la moitié a surtout investi dans les cryptomonnaies, note encore l'AFM. En effet, en 2022, 9,4% des Français détenaient des crypto-actifs contre 8% en 2021, soulignait en avril dernier une autre étude sur l'adoption des crypto-actifs en France, réalisée par Ipsos, l'Adan et KPMG. Pourtant, ce marché s'avère être hautement spéculatif. La faillite retentissante l'an dernier de la plateforme d'échanges de cryptomonnaies FTX en est la preuve.
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De nombreux projets liés à des cryptomonnaies - actif numérique reposant sur la technologie de la blockchain (« chaîne de bloc »), un registre virtuel décentralisé, dont les plus connues sont le Bitcoin ou l'Ethereum - ont déjà explosé en plein vol par le passé. « Beaucoup étaient clairement des fraudes pyramidales », qui ont lésé des légions d'investisseurs, et notamment des particuliers, estime Erica Stanford, l'auteure du livre Crypto Wars: Faked Deaths, Missing Billions and Industry Disruption, interrogée par l'AFP.
Pour la suite, l'organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s'appuiera sur l'enquête de l'AMF pour élaborer une stratégie d'éducation financière spécifiquement destinées aux nouveaux investisseurs. Elle rendra une proposition à l'autorité au premier semestre 2024.
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(Avec AFP)
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