L'opération a mobilisé le plus ancien fonds souverain du monde, une banque américaine numéro deux mondial dans la conservation de titres et une banque africaine de développement. Lors de la COP 28, Abu Dhabi Investment Authority (Adia) a ainsi annoncé une opération de pension sur 100 millions de dollars d'obligations souveraines africaines avec l'African Export-Import Bank (Afreximbank) avec, pour tierce partie, Bank of New York Mellon pour assurer le paiement et la conservation du titre. Une première tranche de 50 millions d'obligations, portant sur un panel de 7 pays africains, a été clôturée.
Cette opération de pension livrée, aussi appelée « repo », permet de refinancer à court terme des titres généralement longs, généralement à dix ans. Elle est très banale sur les marchés financiers des pays du G7. Celle-ci est même devenu un rouage essentiel de la liquidité des obligations souveraines, et un gage indispensable à leur attractivité. Elle constitue, en revanche, une petite révolution pour les obligations africaines, émises en dollars sur le marché de l'euro-obligation.
La transaction a été imaginée, conçue et exécutée par un « conduit », Liquidity and Sustainability Facility (LSF), créé lors de la COP 27, sur une idée des Nations unies et de Pimpco, premier gestionnaire obligataire au monde. Son objectif : accroître la liquidité des obligations souveraines africaines et réduire ainsi ce fameux « premium » sur la dette africaine. De fait, il représente un surcoût, à notation de crédit égale, de l'ordre de 300 points de base. Ce n'est pas négligeable sur un encours de quelque 150 milliards de dollars de dettes souveraines africaines.