Euronext, une réussite européenne
Marie-Pierre Gröndahl
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Stéphane Boujnah au siège français de l’entreprise, à Paris-la Défense, en 2022.
© LTD / Sébastien LEBAN/Divergence
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Stéphane Boujnah au siège français de l’entreprise, à Paris-la Défense, en 2022.
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Et si le plus grand succès européen, outre Airbus, n'était autre qu'Euronext ? L'opérateur des marchés boursiers, qui vient de fêter les 10 ans de son introduction en Bourse, peut en tout cas célébrer une réussite éclatante après des débuts calamiteux. Architecte de ce parcours sans faute, son président du directoire, Stéphane Boujnah, a été reconduit l'an dernier pour un nouveau mandat de quatre ans. Ancien avocat d'affaires, puis banquier spécialiste des fusions-acquisitions, cofondateur de SOS Racisme et conseiller de Dominique Strauss-Kahn à Bercy entre 1997 et 1999, le patron d'Euronext a orchestré une montée en puissance d'autant plus impressionnante qu'elle était improbable.
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« Le groupe était un nain à côté de la City londonienne, se souvient un spécialiste français des marchés. Très peu croyaient même en ses chances de survie. » Aujourd'hui, l'entreprise gère sept places boursières différentes (Paris, Amsterdam, Bruxelles, Lisbonne, Oslo, Dublin, Milan) grâce à des acquisitions successives, accueille 1 900 sociétés cotées et enregistre un volume d'échanges quotidiens de 10 milliards d'euros. Son bénéfice net a progressé de 17 % l'an dernier, à 513,6 millions d'euros. Elle-même cotée, sa capitalisation boursière a bondi de 340 % en dix ans, à 9,35 milliards d'euros. Avec 7 000 milliards d'euros de capitalisations combinées, Euronext représente aujourd'hui « le double de la place financière de Londres », souligne fièrement son dirigeant. Le déclin de la Bourse de Londres, dû aux conséquences du Brexit, a bien sûr aidé son concurrent, sans toutefois expliquer à lui seul ce changement de dimension. Le rachat de Borsa Italiana, en 2021, le dernier en date, a parachevé le changement d'envergure du groupe, qui emploie aujourd'hui 2 300 salariés.
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