Le marché du crédit immobilier chute fortement avec une baisse de la production qui s’accélère au second trimestre et pourrait atteindre 15% en 2022, selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA. La contraction du marché ne s’explique pas par la seule hausse des taux des crédits immobiliers, qui reste bien en-deçà de l’inflation. C’est le marché immobilier qui change de nature au profit des clientèles plus aisées au détriment des ménages modestes aux faibles apports personnels. Car, le montant moyen du crédit augmente et les prix continuent à monter. Une analyse fortement contestée par la...Lentement mais sûrement, le marché du crédit immobilier se dégrade au fil des mois. Selon les chiffres de l'Observatoire Crédit Logement/CSA, la production de crédit pour l'achat d'un logement affiche un nouveau recul au second trimestre, accentuant la tendance constatée au premier trimestre. En glissement annuel, le montant des crédits accordés est ainsi en baisse de 12,5% entre avril et juin, alors que le nombre de prêts a fléchi de 9%.
Sur le semestre, la baisse de la production atteint 5,6% en valeur et de 7,3% en volume, avec un marché de l'ancien beaucoup plus touché que le marché du neuf. Autre constat : l'indicateur de solvabilité, tel que calculé par Crédit Logement, un organisme bancaire qui gère la moitié des cautions sur le crédit immobilier, montre des signes de faiblesse; la hausse de l'apport personnel moyen ne compensant que partiellement la progression du montant moyen d'un crédit (+8% au premier semestre) à un coût de surcroît plus élevé.
Toutefois, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) vient de souligner que le risque reste bien maîtrisé, grâce à une politique d'octroi fondé sur la solvabilité des ménages (et non sur la valeur du bien) et des crédits très majoritairement accordés à taux fixe (et protégés par des assurances et des cautions).
Une contraction de la production qui s'accélère
« Nous avons un marché qui a basculé en mode recul », résume l'économiste Michel Mouillart, professeur des Universités et conseiller scientifique de l'Observatoire. Et les perspectives ne sont guère réjouissantes sur le second semestre, selon Crédit Logement. Selon le scénario économique de juin dernier de la Banque de France, qui prévoit un taux de crédit moyen de 1,55% en 2022 (soit un taux moyen de 1,9% en fin d'année), la production de crédit (offre acceptée) pourrait reculer de 15% cette année à 170 milliards d'euros, contre 200 milliards d'euros en 2021, soit un retour aux niveaux de production de 2018 et 2020.