Un excès de finance freine la croissance et creuse les inégalités, selon l'OCDE

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Les personnes les plus aisées recueillent une plus grande part des fruits de l'essor des marchés boursiers, entre autres parce que le secteur financier verse des salaires plus généreux, supérieurs à ceux perçus par des salariés au profil similaire dans le reste de l'économie, souligne l'OCDE.
Les personnes les plus aisées "recueillent une plus grande part des fruits de l'essor des marchés boursiers", entre autres parce que le secteur financier verse des salaires plus généreux, supérieurs à ceux perçus par des salariés au profil similaire dans le reste de l'économie, souligne l'OCDE. (Crédits : CHARLES PLATIAU)
Dans une étude publiée mercredi, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pointe notamment les effets nocifs d'une expansion excessive du crédit, aux entreprises comme aux ménages.

Si l'existence de la finance est sans doute nécessaire dans l'économie moderne, sa forme actuelle aggrave les inégalités et ralentit la croissance dans les pays développés. Le constat vient de l'OCDE, qui a présenté mercredi 17 juin à Londres une nouvelle étude intitulée "Finance et croissance inclusive", où il appelle à réformer le secteur financier.

S'appuyant sur cinquante ans de données statistiques, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE),  qui regroupe 34 pays riches, pointe notamment les effets nocifs d'une expansion excessive du crédit, dont une poursuite aura, dans la plupart des pays de l'OCDE, "plus de chances de ralentir la croissance que de l'encourager", selon les auteurs du rapport.

Les obligations et les actions meilleures pour la croissance que le crédit

Sur les cinquante dernières années, les crédits bancaires accordés aux ménages et aux entreprises ont en effet crû trois fois plus vite que l'activité économique, souligne l'OCDE. Or, un recours excessif au crédit bancaire de la part des entreprises, au détriment d'autres formes de financement par le marché, comme les obligations et les actions, fait peser un certain nombre de risques sur la croissance à long terme, met en garde l'étude. Parmi les causes, l'OCDE cite notamment une mauvaise affectation du capital via le financement de projets dont la rentabilité est faible ainsi que l'éviction des travailleurs les plus compétents des secteurs dont le potentiel productif est le plus élevé.

Ainsi, "une hausse du crédit bancaire de 10 % du PIB se traduirait par une baisse de 0,3 point de la croissance du PIB", calcule l'OCDE, alors qu'"une hausse de la capitalisation boursière de 10 % du PIB est associée à une progression de 0,2 % du PIB en moyenne dans les pays de l'OCDE et du G20".

Les fruits des marchés boursiers réservés à une minorité

Quant au crédit accordé aux ménages, son accroissement "a tendance à être un facteur d'inégalités". Si en effet "l'expansion financière peut aider les titulaires de bas revenus à financer leurs projets et acquérir un bien immobilier", il n'empêche que "les personnes plus aisées peuvent emprunter (et empruntent) davantage".

Ces dernières par ailleurs "recueillent une plus grande part des fruits de l'essor des marchés boursiers", entre autres parce que le secteur financier verse des salaires plus généreux, supérieurs à ceux perçus par des salariés au profil similaire dans le reste de l'économie. Ainsi, en Europe, les salariés du secteur financier représentent 20% de la tranche de la population qui gagne le mieux sa vie, alors qu' ils ne représentent que 4% de la masse salariale totale.

Le soutien aux établissements systémiques critiqué

Pour remédier à ces problèmes, l'OCDE insiste sur une piste: "améliorer la structure des financements (qui) peut générer des gains en termes de bien‑être économique et social". Dans cette perspective, elle suggère notamment de réduire le soutien des Etats aux établissements systémiques (à savoir jugés trop gros pour pouvoir faire faillite sans menacer l'ensemble du système), critiqué car il les encourage à prendre  des risques inconsidérés dans leur activité.

L'OCDE prône également "une réforme fiscale pour promouvoir la neutralité entre financement par la dette et par les capitaux propres".

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 19/06/2015 à 17:45 :
Esprit de mélanchon, sors de l'OCDE !!!
a écrit le 18/06/2015 à 15:34 :
il faut commencer par débugger le discours marxiste des frondeurs et autres anti-entreprises : les dividendes ne sont quels intérets de ceux qui prétent leur argent aux entreprises avec un fort risque sur le capital, et ces dividendes ne dépassent pas 5%, donc pas plus que le rapport del'immobilier...

les français ont 11 000 milliards de capital dont 1700 milliards dans des bas de laine, sommes considérables qui seraient bien plus efficace pour l'emploi s'ils servaient à financer les entreprises.

donc il faut détaxer les dividendes (avec dégressivité en fonction du temps de détention pour rendre le traiding HF non rentable) et taxer les nretes improductives pour la société : assurances vie, livretes A..de quoi gagner au moins un point de croissance sans creuser la dette....
a écrit le 18/06/2015 à 11:36 :
Biaiser sur des chiffres de la macro-économie occupe mais ne sert à rien, la raison du plus fort ( Finance Commanditée pour Etats Commanditaires ) prévalant souverainement. A quoi bon multiplier les doubles langages orwélliens ? L'on perpétue les conflits et les guerres, la prédation faisant la croissance des prédateurs. Le capital n'est-il pas plus coûteux à rémunérer que le crédit ? tout directeur financier le sait bien. Pourquoi les actionnaires individuels n'ont-ils que des incompétents et interdits de titres vifs chez leurs agences bancaires ? Pourquoi, les gros actionnaires , les fonds obscurs, exigent-ils des entrepreneurs du rendement jusqu'au péril de l'affaire ?
Le plus fort donne le ton du double langage.
a écrit le 18/06/2015 à 9:04 :
La formule de l'ultralibéralisme qui consiste à faire de l’argent avec de l'argent ne fonctionne pas,elle détourne les bénéfices du travail de tous vers de l'économie virtuelle qui aggrave un peu plus chaque jour les inégalités au profit d'une minorité.La spéculation à ses limites.Seul le fruit du travail qui apporte quelque chose au bien commun devrait être la référence.Avec ce simple principe la crise est fini.
a écrit le 18/06/2015 à 7:00 :
"l'éviction des travailleurs les plus compétents des secteurs les plus productifs" en gros on manque d'ingénieurs de qualité qui se barrent dans la finance pour toucher des gros salaires...
a écrit le 17/06/2015 à 21:17 :
Comment la capitalisation boursière d'une entreprise peut elle être plus favorable qu'un crédit pour investir? Sachant qu'une fois l'introduction en bourse passée, la variation du cours, même à la hausse, n'apporte pas d'argent à l'entreprise mais au seul détenteur de l'action. Si il la vend! Sont toujours aussi bons à l'OCDE fmi...
Réponse de le 17/06/2015 à 22:52 :
Vu votre niveau pas de crainte pour que vous soyez embauche ou que ce soit, sauf au PMU du coin!
Réponse de le 18/06/2015 à 12:20 :
toute bulle en bourse ou gros rapport de bénéfices en bourse , doit être payé par quelqu'un en bout de chaîne , tout le temps les mêmes les plus pauvres c'est bien connu .
a écrit le 17/06/2015 à 20:45 :
L'OCDE est basée à Paris donc tout le monde comprendra. L'inégalité n'est pas le problème, c'est la pauvreté qu'il faut combattre par l'investissement et la compétition. Les Français peuvent profiter du marché financier en devenant actionnaires. Pas besoin d'être riche pour ça. 1000 euros suffisent pour commencer. Seulement l'idéologie marxiste domine dans les esprits. On critique les actionnaires jugés profiteurs mais on a peur d'investir à leur place. On préfère chercher la rente publique en devenant fonctionnaire. C'est plus confortable et c'est "moral". En même temps, on critique et on taxe les autres pour mieux profiter de leur argent "mal gagné".
Réponse de le 17/06/2015 à 23:54 :
Mais lisez lisez le texte, bon sang de bois!
On vous dit que les actions (et donc les actionnaires) doivent être privilégiés.
On vous dit qu'il faut combatte la rentes des intermédiaires financiers sur payés pour un service à valeur ajoutée collective marginale NEGATIVE et qui continue à enfler.
Allez comprendre le hasard de la lecture.
Réponse de le 17/06/2015 à 23:57 :
Finalement vous ne faites que confirmer l'étude de l'OCDE.
Combien de foyers pauvres croyez-vous capables de mettre 1000€ dans de l'immatériel ?...
Franchement votre réponse fait peur. Même un cadre moyen vivant n'a pas forcément la capacité financière d'investir 1000€. Car au final la somme est bloquée avec un rendement bien aléatoire...

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