Après le scandale Volkswagen, l'affaire Wirecard est une nouvelle tache sur la réputation de rigueur de l'Allemagne

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On pouvait s'attendre à ce qu'une telle situation se passe n'importe où ailleurs mais pas en Allemagne, a déclaré le ministre de l'Économie, Peter Altmaier, au site internet t-online.
"On pouvait s'attendre à ce qu'une telle situation se passe n'importe où ailleurs mais pas en Allemagne", a déclaré le ministre de l'Économie, Peter Altmaier, au site internet t-online. (Crédits : POOL)
Pour une partie des investisseurs étrangers, le fait que Wirecard, entreprise spécialisée dans le traitement des opérations de paiement, ait reconnu que 1,9 milliard d'euros inscrits dans ses comptes n'avaient sans doute jamais existé, souligne les faiblesses de la supervision et du contrôle dont font l'objet les dirigeants d'entreprise dans le pays. L'image de sérieux et de rigueur des patrons allemands est ainsi de nouveau salie, cinq ans après le scandale de falsification systématique des tests anti-pollution chez Volkswagen.

La disgrâce soudaine et spectaculaire de Wirecard, ex-coqueluche de la Bourse de Francfort, suscite des appels en faveur d'une réforme du système allemand de contrôle de la gestion des entreprises, sans laquelle la réputation d'intégrité du pays risque de souffrir un peu plus.

Pour une partie des investisseurs étrangers, le fait que Wirecard, entreprise spécialisée dans le traitement des opérations de paiement, ait reconnu que 1,9 milliard d'euros inscrits dans ses comptes n'avaient sans doute jamais existé, souligne les faiblesses de la supervision et du contrôle dont font l'objet les dirigeants d'entreprise dans le pays.

Lire aussi : Un audit exclut toute fraude grave chez Wirecard, le titre bondit

Après l'affaire Vokswagen...

L'image de sérieux et de rigueur des patrons allemands est ainsi de nouveau salie, cinq ans après le scandale de falsification systématique des tests anti-pollution chez Volkswagen.

Quatre jours après sa démission, le président du directoire de Wirecard a été placé en détention mardi.

Le constat semble déjà avoir été dressé par le gouvernement: alors qu'il avait initialement jugé que la BaFin, l'autorité de surveillance des marchés financiers, avait "travaillé très dur" et "fait son travail", le ministre des Finances, Olaf Scholz, lui a reproché des erreurs mardi en promettant d'étudier un possible durcissement des règles de contrôle des entreprises.

"Le ministère des Finances, tout comme (...) la BaFin, doit s'expliquer", estime Florian Toncar, député au Bundestag.

Felix Hufeld, le président de la BaFin, a reconnu que le dossier Wirecard était "un désastre absolu" et que l'institution qu'il dirige, comme d'autres, avait commis des erreurs.

Opacité "extrême"

La BaFin a certes ouvert des enquêtes liées à Wirecard ces derniers mois... mais pour viser des vendeurs à découvert et des journalistes qui mettaient en cause la sincérité des comptes de l'entreprise.

Barry Norris, d'Argonaut Capital Partners, est l'un des gérants de fonds qui ont misé sur la chute du cours de l'action Wirecard après s'être vu présenter par la société un document de 50 pages truffé de graphiques mais avare de chiffres.

"L'opacité était tout simplement extrême", a-t-il dit à Reuters.

Pour certains investisseurs, la solution consisterait à renforcer les pouvoirs des administrateurs non-exécutifs en matière de surveillance des dirigeants d'entreprise.

"Dans le cas de Wirecard, le conseil de surveillance ne semblait pas disposer du pouvoir de modifier les comportements", estime ainsi Kathleen Dewandeleer, d'Aberdeen Standard Investments à Londres.

Le cas Wirecard illustre aussi le réflexe allemand consistant à privilégier la protection des entreprises.

"C'est un formidable exemple qui démontre (...) la culture anti-hedge fund et anti-ventes à découvert existant en Allemagne", dit ainsi Christian Putz, directeur général d'ARR Investment Partners.

Certains responsables politiques qui espéraient que la réputation de sérieux et de rigueur de l'Allemagne constituait un atout pour le développement de la place financière de Francfort, se voient aujourd'hui rattrapés par les critiques.

"On pouvait s'attendre à ce qu'une telle situation se passe n'importe où ailleurs mais pas en Allemagne", a déclaré le ministre de l'Économie, Peter Altmaier, au site internet t-online.

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a écrit le 25/06/2020 à 18:08 :
l'Allemagne à su se vendre, imbue d'elle même elle s'est survendue. Son complexe de supériorité la conduit toujours au delà du raisonnable pour garder sa prétendue supériorité.
Je n'ai jamais poursuivi très longtemps des relations commerciales avec les Allemands, pour les secteurs qui me concernaient, leur production n'était pas meilleure (par contre plus chère, mieux emballée et documentée) que d'autres produits européens. Un défaut récurrent, malgré les évidences, ils pensent toujours qu'ils ont raison, et de ce fait sont peu réactifs. Très désagréable comme comportement quand il y a un problème à régler.
a écrit le 25/06/2020 à 18:07 :
Nous avons toujours exagérés amplifiés surestimés les qualités et la réputation des allemands. Voila encore une preuve que les allemands ne sont ni meilleurs ni plus sérieux ni plus discipliné que les habitants des autres pays. Il est aussi vrai que les médias allemands cachent ou ne parlent pas souvent ni beaucoup des scandales ou problèmes nationaux ils préfèrent racontés amplifiés ce qui se passe dans les pays voisins. Je me permets de préciser que j'ai travaillé vécu comme DG d'une multinationale pendant de nombreuses années dans ce pays.
a écrit le 24/06/2020 à 20:07 :
Définitivemnet Morte , la soi disant deutsche qualitat
a écrit le 24/06/2020 à 14:12 :
Enfin les Allemands ont surtout la réputation d'être rigides, bien plus que d'être rigoureux.
Enfin bon, nous aussi français avons notre réputation sur d'autres sujets....
Réponse de le 24/06/2020 à 16:12 :
Les allemands ne sont spécialement rigides, ni rigoureux, ils sont d'abord
disciplinés. C'est a dire on respecte les règles, les procédures, les ordres, les écrits. Quand ceux ci sont bons, les résultats le sont aussi.

En France, ils peut y avoir de grands écarts entre ce qu'on doit faire et ce qu'on fait vraiment. L' avantage : Quand les règles, procédures, ordres, écrits sont mauvais, on peut quand même avoir de bons résultats....;-)
a écrit le 24/06/2020 à 14:07 :
voir aussi le scandale Deutsche Bank.
noter de même la fraude scientifique : voir l'épisode de l'émission Xenius d'ARTE intitulé "Comment traquer la fraude scientifique". il en ressort que l'Allemagne est à la pointe en ce qui concerne les publications scientifiques bidons, y compris chez les grands Instituts comme Fraunhofer.
le recours accru à la lignite après l'abandon du nucléaire peut aussi être considéré comme un scandale.
Réponse de le 24/06/2020 à 15:09 :
En parlant d’expérience scientifique :

L’expérience Kentler» à Berlin ou quand des enfants étaient confiés sciemment à des pédophiles.Pendant plus de trente ans, les services sociaux de la capitale allemande ont confié en toute connaissance de cause la garde d’enfants à des pédophiles, dans le cadre d’une «expérience» promue par un sexologue.Le concierge Fritz H. a pu violer au moins neuf garçons mineurs sans jamais être inquiété, pendant plus de trente ans. Et pour cause : les enfants, âgés parfois de 6 ans, lui étaient confiés directement par l'administration berlinoise chargée de l'aide sociale des mineurs.Fritz H. avait pourtant été condamné pour abus sexuel. Malgré cela, les fonctionnaires ont continué à lui confier la garde d'enfants.Plusieurs de ces “pères adoptifs” étaient des universitaires de renom. On parle d’un réseau qui comprenait des membres de haut rang de l’Institut Max Planck, de l’Université libre de Berlin et de la célèbre école Odenwald en Hesse, qui a été au centre d’un scandale majeur de pédophilie il y a plusieurs années. Helmut Kentler, mort en 2008, était un véritable gourou au centre de recherche pédagogique de Berlin, dans le contexte de la vague de la révolution sexuelle en Allemagne post-1968.
a écrit le 24/06/2020 à 12:20 :
la France est donneuse de leçon, voyons un peu la réalité en face

Tous les constructeurs sont concernés par les moteurs truqués ... Renault Peugeot Citroen Opel Bmw Mercedes (dont moteurs Renault sous les capots des mercedes) ...

l'affaire Lafarge qui a soutenu daesh en syrrie

stop covid aussi un scandale financier en cours

la liste est longue si l'on ajoute les scandales écologiques
a écrit le 24/06/2020 à 11:10 :
Et en France. Je crois savoir que 3 juges d'instructions avaient été nommés pour traiter le dossier des moteur truqués de VW. Depuis ce temps où en est ton, sachant que d'autres pays dont l’Allemagne, onT obtenus des indemnisations pour les propriétaires de ces véhicules truqués.
a écrit le 24/06/2020 à 10:52 :
dire que la Deutsch Bank aurais du être
sacrifié vu sa gestion mais voila c'est l'Allemagne
dans un autre pays elle n'existerais plus
et la n'est pas le seul scandale il y a le groupe VW
et l'aéroport de Berlin
comme avec le soutien inconditionnel une entreprise peut prospéré
en France nos dirigeants vende pour bien moins
a écrit le 24/06/2020 à 9:51 :
"cinq ans après le scandale de falsification systématique des tests anti-pollution chez Volkswagen"

Vous oubliez aussi les cobayes humains utilisés par les constructeurs automobiles allemands, encore oui, pour tester leurs gaz d'échappements, scandale découvert début 2018.

Du même niveau de scandale, certainement pire même vu le passé de ce pays.

Ça commence pas à faire beaucoup pour ce pays leader de l'UE et donc dont près de 500 millions de citoyens sont dépendants ? Moins peut-être avec les anglais qui sont partis et de ce fait on ne peut que les comprendre hein !

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