La Banque de France va verser 5,6 milliards à l'Etat, un record

Banque de France résultat 2018
Banque de France

Banque de France résultat 2018
Banque de France
Une Banque de France « plus performante » : c'est le leitmotiv de son gouverneur, François Villeroy de Galhau. Lors de la présentation des comptes annuels ce mardi 12 mars, il a fait valoir que l'institution publique avait réduit ses dépenses de 11% en trois ans et ses effectifs de 16% (10.257 salariés). La banque centrale va aussi verser un montant record de contribution au budget de l'État, de 5,6 milliards d'euros.
Dans le détail, l'institution va reverser 3,22 milliards d'euros sous forme de dividendes au titre de 2018 et 2,4 milliards en impôt sur les sociétés. Soit 80% de son résultat ordinaire (avant impôt, après déduction des charges d'exploitation) qui s'est élevé à 7 milliards, en hausse de plus de 16%. Ce n'est pas un record : ce niveau reste en deçà de 2012 où le bénéfice avait dépassé les 8,1 milliards d'euros.
Ces « résultats solides » ont été tirés pas les gains issus des titres détenus dans le cadre de la politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne (BCE), c'est-à-dire les programmes d'achats de dettes (d'État ou d'entreprises), et par « la hausse des taux d'intérêt en dollar américain », explique l'institution. Le produit net des activités de la Banque de France a en effet bondi de 13% à 9,2 milliards d'euros, du fait de l'accroissement des encours du bilan. Le produit net d'intérêt de la banque centrale profite aussi des abondantes liquidités laissées sur les comptes de dépôt.
Même si elle ne s'en vante pas, la Banque de France a dégagé un bénéfice presque trois fois plus important que celui de la Bundesbank allemande (2,43 milliards d'euros).
Le 21 février, la BCE avait annoncé un bénéfice net de 1,575 milliard d'euros au titre de 2018, en augmentation de 301 millions d'euros « due principalement à la hausse des revenus nets d'intérêts issus du portefeuille en dollars et du portefeuille comprenant le programme d'achats de titres » de dettes dans le cadre de sa politique monétaire de « quantitative easing » (QE). Ce n'était là non plus pas un record, le bénéfice le plus élevé de l'institution de Francfort remontant à 2009 (2,25 milliards d'euros).
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La quote-part de la Banque de France était de 20,14% fin 2018 (elle a été réévaluée à 20,40% au 1er janvier 2019).
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La BCE ayant ralenti puis arrêté en décembre dernier ses achats d'actifs, le bilan des banques centrales va se stabiliser. Celui de la Banque de France n'a augmenté que de 34 milliards l'an dernier, pour atteindre 1.088 milliards d'euros. Voulant tordre le cou à des rumeurs, le gouverneur de la banque centrale française a insisté sur la stabilité de la réserve d'or, qui s'élève à 2.436 tonnes, soit la quatrième au monde, pour une contrevaleur de 87,8 millions d'euros (84,7 millions fin 2017).