La BCE parle ouvertement de baisser les taux d'intérêt

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Mario Draghi, président de la BCE.
Mario Draghi, président de la BCE. (Crédits : Kai Pfaffenbach)
La Banque centrale européenne a ouvert la porte ce jeudi 25 juillet à une baisse des taux d'intérêt dans la zone euro, peut-être même dès septembre. Les taux des emprunts d'État français et allemands ont touché un plancher historique. L'euro a atteint un plus bas depuis mai 2017 face au dollar.

[Article mis à jour à 18h40]

Mario Draghi l'avait évoqué à demi-mot lors de la conférence de Sintra, eu Portugal, en juin. La Banque centrale européenne (BCE) en parle désormais ouvertement : elle pourrait bien baisser les taux d'intérêt dans les mois à venir, peut-être même dès septembre. Lors de sa réunion du comité de politique monétaire ce jeudi 25 juillet, le Conseil des gouverneurs a décidé de maintenir les taux inchangés. Mais cinq petits mots ont radicalement changé le ton du communiqué officiel, souvent simple copier-coller du précédent : « ou à des niveaux plus faibles. »

« Le Conseil des gouverneurs prévoit que les taux directeurs de la BCE resteront à leurs niveaux actuels, ou à des niveaux plus faibles, au moins pendant le premier semestre 2020 et, en tout cas, aussi longtemps que nécessaire pour assurer la poursuite de la convergence durable de l'inflation vers son objectif à moyen terme » précise le communiqué.

Présidé par Mario Draghi en poste jusqu'à fin octobre, le Conseil des gouverneurs a martelé la nécessité d'une politique très accommodante, au-delà du réinvestissement du programme de rachat de dettes.

« Le Conseil des gouverneurs a également souligné le besoin d'une orientation très accommodante de la politique monétaire pendant une période prolongée dans la mesure où les taux d'inflation, à la fois enregistrés et projetés, ont été constamment inférieurs aux niveaux correspondant à son objectif », à savoir un niveau inférieur, mais proche de 2% à moyen terme.

« Dès lors, si les perspectives d'inflation à moyen terme restent inférieures à son objectif, le Conseil est déterminé à agir, conformément à son engagement en faveur de la symétrie dans l'objectif d'inflation. Il se tient donc prêt à adapter l'ensemble de ses instruments de façon adéquate pour assurer le rapprochement durable de l'inflation par rapport à son objectif ».

Autrement dit, la BCE se prépare à une voire plusieurs baisses des taux si nécessaire dans un environnement économique qui se dégrade.

« Les perspectives dans l'industrie sont de pire en pire » a commenté Mario Draghi lors d'une conférence de presse jeudi. « Nous n'aimons pas ce que nous constatons sur le front de l'inflation » a-t-il répété à plusieurs reprises, tout en nuançant : « nous continuons de considérer que le risque d'une récession est bien faible ».

Nouveau QE ?

L'institution de Francfort va donc désormais plancher sur ses différentes options notamment une communication renforcée sur ses orientations sur la trajectoire future des taux d'intérêt directeurs (forward guidance) et des mesures d'atténuation de cette politique de taux bas, comme la mise au point d'un système de paliers pour la rémunération des réserves (des banques, actuellement "taxées" à 0,4%), mais aussi les différents scénarios en termes d'actifs et de composition d'éventuels nouveaux rachats d'actifs (quantative easing).

Dans la foulée de cette annonce, les rendements des emprunts d'État français et allemands ont touché de nouveaux planchers historiques, s'enfonçant un peu plus en territoire négatif : le Bund est descendu jusqu'à -0,4219% et l'OAT français jusqu'à -0,1822%. Le taux d'emprunt à 10 ans allemand a terminé à -0,365%, le taux français à -0,114%.

L'euro a atteint brièvement un plus bas depuis mai 2017 face au dollar, à 1,1102 dollar, avant de rebondir pendant la conférence de presse.

Lagarde "remarquable"

Le Conseil des gouverneurs a également publié ce jeudi son opinion sur le successeur de Mario Draghi, Christine Lagarde : il n'a « pas d'objection à la nomination de la candidate proposée ».

« Mme Christine Lagarde [...] est une personne dont l'autorité et l'expérience professionnelle dans le domaine monétaire ou bancaire sont reconnues » comme l'exige le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, indique la BCE dans un communiqué.

Une fois nommée, Christine Lagarde succédera à Mario Draghi dont le mandat s'achèvera le 31 octobre 2019.

Interrogé sur cette nomination, Mario Draghi s'est montré dithyrambique sur la directrice générale du FMI :

« Je pense que Christine Lagarde sera une présidente remarquable de la BCE », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse.

Sur ses propres projets après la BCE, Mario Draghi s'est montré évasif, indiquant qu'il n'avait pas déterminé ce qu'il ferait à l'avenir. Interrogé sur la rumeur de sa candidature à la tête du FMI, qui serait soutenue notamment par la France, il a écarté cette éventualité.

« Je suis honoré que l'on pense à moi. Mais je ne suis pas disponible », a-t-il fait valoir.

En réalité, "Super Mario", qui fêtera bientôt ses 72 ans, ne serait pas éligible du fait de la limite d'âge (65 ans). A l'issue de la réunion du G7 à Chantilly la semaine dernière, Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et des Finances, avait indiqué que la France coordonnerait les discussions afin de parvenir à « une candidature européenne de consensus solide et crédible » pour la direction du FMI.

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Commentaires
a écrit le 26/07/2019 à 18:37 :
Le moteur n'a plus de puissance et fait des ratés parce que le carburateur a une fuite, ils ont les solutions : on augmente la taille du réservoir et on rajoute une caravane avec des flammes sur le côté pour donner l'impression de puissance et de vitesse.
C'est les Jackys de l’Europe.
Y a plus d'argent dans l’économie européenne alors on donne plus à la banque qui est gavée de liquide pour qu'elle investisse encore plus dans la banque.
DES GÉNIES.
Ça fait 20 ans qu'ils font du grand n’importe quoi et ils sont incapables de corriger leurs erreurs (les pauvres).
Vivement la suite, quand ils vont réaliser que l'argent est trop centralisé dans les banques et les actions et qu'ils vont en urgence invertir le triple des sommes déjà engagé pour donner des liquidités aux banques.
a écrit le 26/07/2019 à 18:07 :
Dis-moi que je rève ! La BCE pense qu'en baissant encore les taux d'intérêts ça va créer de l'inflation. Je ne sais pas où ces gens Lagarde si, ont appris que l'économie ne se gère pas seulement avec la finance, mais avec la psychologie. En tout cas si on veut de l'inflation, il fait faire le contraire, augmenter les taux, pour succiter des prêts financiers d'investissement. Si on baisse, tout le monde va attendre que ça baisse encore. De toutes façons, l'économie européenne étant en récession, aucun investisseur raisonable ne va investir dans du matériel plus performat, vu que son matériel est déjà sous-employé, qu'il a dû ferrailler des machines et licencier le personnel qui travaillait dessus. La politique d'austérité va à l'encontre de la progression économique. Tant qu'à Bruxelles on restera des dogmatiques bornés, l'UE ira à sa perte ne produisant plus rien.
a écrit le 26/07/2019 à 12:28 :
Argent trop cher !
trop grand !
La vie n'a pas de prix !
a écrit le 26/07/2019 à 9:49 :
Baisser quoi ? : le taux d'intervention de la BCE est déjà à zéro.
C'est schizophrénique.
a écrit le 26/07/2019 à 9:40 :
A quand une banque centrale INDEPENDANTE, les taux bas sont une Harnack aux petits épargnants pour camoufler la mauvaise gestion des pays comme la FRANCE
a écrit le 26/07/2019 à 6:28 :
On va bientôt payer pour placer notre épargne et liquidité. Il reste l'or en précaution d'une crise annoncee
a écrit le 26/07/2019 à 4:06 :
Faire confiance a un banquier, c'est comme aller faire un tour dans une cage a lions.
On est sur de se faire bouffer.
Les epargnants en seront une fois de plus les perdants.
a écrit le 25/07/2019 à 23:23 :
2 mots sont lâchés.
"Récession", on ne la voit pas venir, mais on y pense...
"Lagarde" compétente en matière de banque...
Lagarde et Récession, 2 mots ( maux) qui vont ensemble.
Réponse de le 26/07/2019 à 6:41 :
Clin d'oeil aux Beatles ? En tout cas, c'est bien trouve.
a écrit le 25/07/2019 à 22:19 :
Il ne suffit pas de baisser les taux, encore faut-il baisser la fiscalité pour que l'investissement reparte et là c'est une autre histoire. Un problème idéologique qui tue l'économie donc l'emploi.
a écrit le 25/07/2019 à 22:03 :
Pff .... ça montre bien toute la hauteur de la connerie de ce type la qui as tué le secteur bancaire par les QE et l'avenir des économie mondiale ... regardez vous perdez du pouvoir d'achat tous les jours ... petit a petit ils grignotent vos épargnes et on fait en sorte de pouvoir vous spoiler au bon moment ... une baguette a 1.20 € !!!! et ca monte monte jusqu'au moment ou vous achèterez avec une brouette cette fichue baguette !!!! avenir avenir ???? ....
a écrit le 25/07/2019 à 22:01 :
Pff .... ça montre bien toute la hauteur de la connerie de ce type la qui as tué le secteur bancaire par les QE et l'avenir des économie mondiale ... regardez vous perdez du pouvoir d'achat tous les jours ... petit a petit ils grignotent vos épargnes et on fait en sorte de pouvoir vous spoiler au bon moment ...
a écrit le 25/07/2019 à 19:13 :
Excellente nouvelle pour l’immobilier. Avec des taux au plancher, on ne tient plus aucun bien en agence actuellement. C’est l’orgie de commissions! Pourvu que cela dure....
Merci Mario pour ton règne.
a écrit le 25/07/2019 à 18:18 :
Si la monnaie ne vaut plus rien, ne rapporte plus rien, avec quoi l'acheterons nous?

Elle n'est alors plus bonne qu'a être jetée dehors et foulée aux papattes par les lapins.

Le devin plombier n'a pas fini de sévir
Réponse de le 25/07/2019 à 19:42 :
Ce n'est pas parce l'argent ne rapporte plus que la monnaie ne vaut plus rien.
a écrit le 25/07/2019 à 15:47 :
C'est que de tricherie parce que la vie reelle des citoyens connait bien d'inflation, mais avec un taux d'interet a zero ou meme negative le valeur de la dette des gouvernements de zone euro se deminue avec ce taux inflation. Se dire, avec cet politique du BCE vous payez encore un impot indirect de plus a un valeur de 1,5 a 2% annuel donc l'inflation.
Réponse de le 25/07/2019 à 19:42 :
En bon français çà donne quoi ?
Réponse de le 26/07/2019 à 7:44 :
Un bon francais n'existe pas.
Réponse de le 26/07/2019 à 16:13 :
Google traduit très mal le Russe.
a écrit le 25/07/2019 à 15:35 :
"Mario Draghi en poste jusqu'à fin octobre"

Date aussi prévue pour le brexit. Draghi ou le gars qui aura imposé un changement totale de communication économique de l'UE, avant on parlait croissance économique mais face à celle ci sans arrêt revue à la baisse, générant moqueries et critiques, on se focalise sur un concept encore plus réducteur le taux d'intérêt qui n'en a que pour la classe dirigeante.

"« Les perspectives dans l'industrie sont de pire en pire » a commenté Mario Draghi"

Oubliant encore une fois de dire "on est trop nul !"

Bienvenu en UERSS, empire prévu pour durer mille ans.

Avec Christine Lagarde pour gérer le brexit donc... :-)

Pourvu que je survive à la canicule pour voir ça ! ^^
a écrit le 25/07/2019 à 15:31 :
Attention les banques ont mis au point un livret, le CSL le fameux et fumeux compte sur livret dont le taux est DEFINI par les banques et pire les banques dont le CA ne communiquent pas sur le taux défini au DETRIMENT des clients. Intérêts minables en plus soumis à la CSG et à l'IR. L'argument des conseillers du moins pour le Credit Agricole: " livret qui permet de tirer de l'argent à n'importe quel moment", comme les livrets A qui rapporte peu mais bien mieux que le fumeux CSL, des conseillers qui ne doute même pas du ridicule de l'argument qu'ils débitent. Clients des banques attention les banques font tout pour contrer la baisse des taux en mettant en place des livrets pour ne pas vous rémunérer. Contestez les CSL, renégociez le taux, allez voir ailleurs vous n'êtes pas mariés avec votre banquier.
a écrit le 25/07/2019 à 15:24 :
Baisse de taux, l'euro ne vaut plus rien! Faites confiance a votre "voisin de palier", il a beaucoup plus de valeur dans la vie de tout les jours et respectez la sienne!
Réponse de le 25/07/2019 à 19:45 :
Au contraire, l'eutro est une monnaie forte sibien qu'on nous prête de l'argent à taux négatif, c'est dite la confiance dans la monnaie.
Réponse de le 26/07/2019 à 10:07 :
Ne rêvons pas, ce n'est une question de monnaie forte; mais de quantité de monnaie ne sachant où se placer! Monnaie qui ne s'investit même pas dans le réel parce que trop risqué!
a écrit le 25/07/2019 à 15:07 :
Baisse des taux c est bien . Annulation des dettes c est encore mieux .
Ils sont sur la bonne voie .
Prix Nobel pour Mme Lagarde en vu .
Réponse de le 26/07/2019 à 6:46 :
Annulation de la dette dites-vous ?
Je ne pense pas que les divers fonds US, et autres apprecieront le moment venu. Dans tous les cas, vos impots vont exploser.
L'Europe, c'est bien, perso, je prefere le billet vert et depuis longtemps.
Réponse de le 26/07/2019 à 8:24 :
@matin .
Aucune raison pour que les impôts augmentent . Les QE sont dans les tiroirs, les en sortir et les brûlés ne pose aucun problème ( sauf à rappeler à la population qu il y a une dette et qu il faut faire de la rigueur ) .
Réponse de le 26/07/2019 à 16:17 :
Si on annule les dettes, vous seriez le premier à crier, car l'assurance vie achète les dettes des états.
Réponse de le 26/07/2019 à 22:17 :
@Tototiti .
Tu n as pas compris que l annulation de la dette , était celles rachetées par la BCE ( QE ), dont la valeur à été entièrement payée aux banques .
L assurance vie ne subit aucun préjudice .
Par contre sa rémunération ridicule fait comme l inflation elle appauvrit
l épargnant . Mais l inflation a des avantages que n ont pas les taux bas .
Elle rémunère le travail ( augmentation du smic ) .
Réponse de le 01/08/2019 à 22:10 :
Ah ah ah ! La bonne blague des dettes qu'il faut annuler. Ça fait 30 ans qu'on est entouré d'adorateurs de Keynes nous disant, année après année, "endettons nous, c'est des investissements pour notre futur, pas la peine de bien gérer les finances, il faut voir à long terme''. Et après 30 ans durant lesquels on leur a dit "vous appauvrissez notre futur, il faudra un jour rembourser", voici désormais nos adorateurs qui nous disent "finalement la dette c'est le mal, il faut les annuler". J'adore les socialistes car leur vision du monde est toujours la même : L'argent, il faut le dépenser, surtout celui des autres.
Réponse de le 02/08/2019 à 11:01 :
@L anti keynes .
Tu confonds tout par idéologie .La dette qui est prônée depuis 30 ans c est celle des ronds points qui devait mener les gvts a exiger la rigueur et des maîtres fouettards sont toujours la pour exiger leur petit plaisir de dominateurs .

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