La BCE parle ouvertement de baisser les taux d'intérêt

Mario Draghi, président de la BCE.
Kai Pfaffenbach

Mario Draghi, président de la BCE.
Kai Pfaffenbach
[Article mis à jour à 18h40]
Mario Draghi l'avait évoqué à demi-mot lors de la conférence de Sintra, eu Portugal, en juin. La Banque centrale européenne (BCE) en parle désormais ouvertement : elle pourrait bien baisser les taux d'intérêt dans les mois à venir, peut-être même dès septembre. Lors de sa réunion du comité de politique monétaire ce jeudi 25 juillet, le Conseil des gouverneurs a décidé de maintenir les taux inchangés. Mais cinq petits mots ont radicalement changé le ton du communiqué officiel, souvent simple copier-coller du précédent : « ou à des niveaux plus faibles. »
Présidé par Mario Draghi en poste jusqu'à fin octobre, le Conseil des gouverneurs a martelé la nécessité d'une politique très accommodante, au-delà du réinvestissement du programme de rachat de dettes.
Autrement dit, la BCE se prépare à une voire plusieurs baisses des taux si nécessaire dans un environnement économique qui se dégrade.
L'institution de Francfort va donc désormais plancher sur ses différentes options notamment une communication renforcée sur ses orientations sur la trajectoire future des taux d'intérêt directeurs (forward guidance) et des mesures d'atténuation de cette politique de taux bas, comme la mise au point d'un système de paliers pour la rémunération des réserves (des banques, actuellement "taxées" à 0,4%), mais aussi les différents scénarios en termes d'actifs et de composition d'éventuels nouveaux rachats d'actifs (quantative easing).
Dans la foulée de cette annonce, les rendements des emprunts d'État français et allemands ont touché de nouveaux planchers historiques, s'enfonçant un peu plus en territoire négatif : le Bund est descendu jusqu'à -0,4219% et l'OAT français jusqu'à -0,1822%. Le taux d'emprunt à 10 ans allemand a terminé à -0,365%, le taux français à -0,114%.
L'euro a atteint brièvement un plus bas depuis mai 2017 face au dollar, à 1,1102 dollar, avant de rebondir pendant la conférence de presse.
Le Conseil des gouverneurs a également publié ce jeudi son opinion sur le successeur de Mario Draghi, Christine Lagarde : il n'a « pas d'objection à la nomination de la candidate proposée ».
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Une fois nommée, Christine Lagarde succédera à Mario Draghi dont le mandat s'achèvera le 31 octobre 2019.
Interrogé sur cette nomination, Mario Draghi s'est montré dithyrambique sur la directrice générale du FMI :
Sur ses propres projets après la BCE, Mario Draghi s'est montré évasif, indiquant qu'il n'avait pas déterminé ce qu'il ferait à l'avenir. Interrogé sur la rumeur de sa candidature à la tête du FMI, qui serait soutenue notamment par la France, il a écarté cette éventualité.
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En réalité, "Super Mario", qui fêtera bientôt ses 72 ans, ne serait pas éligible du fait de la limite d'âge (65 ans). A l'issue de la réunion du G7 à Chantilly la semaine dernière, Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et des Finances, avait indiqué que la France coordonnerait les discussions afin de parvenir à « une candidature européenne de consensus solide et crédible » pour la direction du FMI.