Le plan d'attaque de N26 pour devenir une néobanque "internationale"
Juliette Raynal

Maximilian Tayenthal N26 néobanque Fintech
N26
Juliette Raynal

Maximilian Tayenthal N26 néobanque Fintech
N26
Certaines Fintech ont plus d'ambitions que d'autres. « Nous souhaitons être une banque internationale », a martelé Maximilian Tayenthal, cofondateur et directeur financier de la néobanque allemande N26, sur la scène du Paris Fintech Forum qui se tient au Palais Brongniart les 29 et 30 janvier, quand ses interlocuteurs, la Fintech russe Tinkoff et la néobanque brésilienne Nubank, ont affirmé privilégier une approche régionale.
L'entrepreneur d'origine autrichienne incarne l'ambition (presque insolente) de N26. La néobanque, qui propose d'ouvrir un compte courant avec une carte de paiement à moindre coût en quelques minutes depuis une application mobile, vise 100 millions de clients à travers le monde. Elle en compte aujourd'hui 2,3 millions répartis dans 24 pays européens. N26 prévoit également de doubler ses effectifs (actuellement 700 personnes) au cours des douze prochains mois.
Sur le marché tricolore, l'un des plus importants pour la startup après son marché national, N26 revendique aujourd'hui plus de 600.000 utilisateurs, contre 200.000 il y a un an (à titre de comparaison, Orange Bank compte 200.000 clients en France, Revolut 500.000 et le compte Nickel plus d'un million).
Pour attirer de nouveaux clients, la licorne (startup dont la valorisation dépasse un milliard de dollars) allemande mise sur le bouche-à-oreille. « Nous savons que plus de 50% de nos utilisateurs ont découvert le produit grâce à leur entourage », indique le directeur financier.
La stratégie d'acquisition ne s'appuie pourtant pas uniquement sur cette publicité gratuite. Maximilian Tayenthal reconnaît qu'une large partie des 300 millions de dollars levés au début du mois de janvier 2019 (un tour de table valorisant la société 2,7 milliards de dollars) sera utilisée pour des opérations marketing et d'acquisition.
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Grâce à cette levée de fonds XXL, le trublion de l'industrie bancaire souhaite s'attaquer au marché américain. Comme pour le marché européen, la jeune entreprise compte d'abord nouer un partenariat avec un établissement bancaire avant d'obtenir sa propre licence afin d'arriver au plus vite sur ce nouveau territoire, le lancement étant prévu pour le premier semestre de l'année 2019. La néobanque dit ne pas être effrayée par la fragmentation de ce marché et ses spécificités bancaires.
Même sérénité à l'égard des autres Fintech américaines et des GAFA (acronyme désignant Google, Apple, Facebook et Amazon) pourtant de plus en plus intéressés par le secteur bancaire. "Je ne les vois pas proposer un produit bancaire complet. C'est un secteur extrêmement régulé", estime le directeur financier.
Comme son concurrent britannique Revolut, N26 convoite l'Asie. « Devenir une banque internationale, ne signifie pas être présent dans 190 pays. En revanche, ouvrir huit autres pays stratégiques nous permettrait d'être là où se situe 80% du marché bancaire mondial », indique Maximilian Tayenthal. Pour accélérer cette internationalisation, la banque mobile n'écarte pas de potentielles acquisitions alors qu'elle n'en a jamais réalisées jusqu'à présent.
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Interrogé sur le nombre d'utilisateurs payants, le chiffre d'affaires et les perspectives de rentabilité de la société, l'entrepreneur est beaucoup moins loquace. Il se contente de préciser les trois sources de revenus de l'entreprise : les abonnements payants, les commissions interbancaires et les offres de crédits. A plus long terme, N26 souhaite développer une offre à destination des entreprises. Un axe B2B qui pourrait faciliter la monétisation de ses services.
Juliette Raynal