Moins d'impôts, fonds de pension pour tous : la place de Paris détaille ses mesures post-Brexit

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Pour avoir une économie forte, il faut une place financière forte, il ne faut pas opposer les deux insiste Gérard Mestrallet, le président de Paris Europlace qui est par ailleurs président d'Engie.
"Pour avoir une économie forte, il faut une place financière forte, il ne faut pas opposer les deux" insiste Gérard Mestrallet, le président de Paris Europlace qui est par ailleurs président d'Engie. (Crédits : DC)
L'association Paris Europlace a envoyé aux candidats à la présidentielle son programme pour profiter de l'opportunité historique du Brexit. Une série de mesures axées sur la fiscalité des entreprises, des salaires et de l'épargne.

Après avoir essayé de battre en brèche les "idées reçues" des étrangers sur la France - souvent perçue comme un enfer fiscal et social dans les milieux d'affaires anglo-saxons - et présenté la capitale comme un eldorado pour les financiers en quête de point de chute après le Brexit, le président de Paris Europlace, Gérard Mestrallet, veut désormais sensibiliser les candidats à la présidentielle aux enjeux de l'attractivité de la place de Paris. Celui qui est aussi président du conseil d'administration d'Engie a écrit ce mardi matin à tous les candidats pour leur présenter le programme de l'organisation de promotion de la place. Car, finalement, il y a bien deux ou trois bricoles fiscales à corriger.

"Pour avoir une économie forte, il faut une place financière forte, il ne faut pas opposer les deux", a plaidé Gérard Mestrallet, lors d'une conférence de presse ce mardi.

"Nous avons une opportunité historique avec le Brexit que les candidats à l'élection présidentielle doivent saisir pour renforcer le poids de la place de financière de Paris."

Allègements fiscaux et... fonds de pension pour tous

Parmi les "sept mesures immédiates à mettre en œuvre dès mai 2017", les propositions ne sont pas franchement nouvelles, proches de celles du Medef, et essentiellement axées sur la fiscalité, des entreprises, des salaires et de l'épargne. Paris Europlace rêve d'une "bonne gouvernance fiscale", c'est-à-dire la fin de cette maladie bien française de modifier les règles du jeu fiscales constamment. Et l'organisation de dérouler la liste de ses souhaits : accélérer la réduction de l'impôt sur les sociétés, diminuer la taxe sur les salaires dans la finance (appliquée dans les secteurs qui ne paient pas de TVA), supprimer la taxe sur les dividendes et l'ISF, développer des mécanismes incitatifs (fiscalement) pour investir dans les startups.

Seule mesure un peu plus nouvelle : la proposition d'offrir "à tous les Français la possibilité d'accéder aux fonds de pension". Le délégué général de Paris Europlace, Arnaud de Bresson, s'étonne  :

"Pourquoi seuls les employés du secteur public pourraient en bénéficier avec le  système Préfon [la complémentaire retraite des agents de la fonction publique] ?"

Les fonds de pension à la française ne sont pas totalement une idée nouvelle et la loi Sapin II prévoit même leur création à partir de l'an prochain.

Toiletter aussi le droit du travail

Si Paris Europlace dénonce l'instabilité fiscale, elle est très favorable à de nouvelles retouches au droit du travail. Sans détailler, l'organisation évoque "des formes innovantes de relations contractuelles" pour des emplois "à fort potentiel" ou dans des environnements "très concurrentiels", le plafonnement des indemnités prudhommales qui ont disparu du texte final de la loi El Khomry, et la levée de toutes sortes de "contraintes" pour les startups et la finance. Aux yeux de Gérard Mestrallet :

"Il faut pouvoir s'adapter au caractère cyclique des activités financières, quand le marché est bullish, il faut pouvoir embaucher facilement, et, quand il y a un recul d'activité, pouvoir se réorganiser."

Pas sûr que les candidats à la présidentielle soient tout de même très séduits par cette vision des charrettes à l'anglo-saxonne, avec obligation de vider les lieux dans l'heure, son petit carton d'effets personnels sous le bras. Pour autant, Europlace se défend de demander un statut spécifique à la finance.

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Commentaires
a écrit le 14/12/2016 à 18:52 :
Sûr que les fonds de pension intéressent la finance, car les frais divers et variés y afférents sont une véritable mine d'or. D'autre part, si tu perds ton argent, c'est pas de leur faute, c'est le marché ! Pour les acteurs de la finance, c'est du "pile je gagne et face tu perds" :-)
a écrit le 14/12/2016 à 16:23 :
Une chose est sur ce n'est pas ça qui va donner du boulot aux ouvriers français qui eux subissent le chomage, il faut préparer un brexit industriel notamment pour la région hauts de France et baisser les charges a la méthode Macron sur le travail !
a écrit le 14/12/2016 à 14:02 :
On a tous compris à quoi ont servis les fonds de pensions en 2008 : il n'y a jamais eu autant de milliardaires sur la planète qu'après la fonte de l'épargne des retraités américains.
Ce sera encore un prélèvement obligatoire contraire à l'esprit libérale qu'on nous impose pourtant.
a écrit le 14/12/2016 à 13:57 :
Tous ces commentaires ancrés très à droite qui déplore le rôle de l'Etat... l 'être humain est cupide, il faut donc un régulateur - l'Etat - pour corriger les excès - salaires et rémunération des actionnaires: Gohns c est 20M € sur 2016 ...
a écrit le 14/12/2016 à 13:31 :
la faute des marionnettes politique découvre une récession en FRANCE ... les francais jardinent un signe
a écrit le 14/12/2016 à 13:02 :
On rase gratis!!!!! DEMAIN....... Dormez bien braves Français car l'addition sera lourde à votre réveil.
a écrit le 14/12/2016 à 12:56 :
En sud-Alsace on a deux parfaits exemples ignorés car trop éloignés de techno-structure parisiano-parisienne : l'Euroairport franco-suisse ou la moitie suisse, en France mais ou est appliqué le droit du travail suisse, est en ebullition, emploie 3 000 personne générant 4 000 emplois induits, coté francais : des parkings, personne ne veut venir.
On a Novartis-campus à Bâle, que les architetes ont designés à 60% en Suisse et 40% en France. Probleme : aucun building coté francais, des parking encore.
Et on continue a se regarder le nombril, a se raconter qu'on a le meilleur systeme social que le monde entier nous envie mais personne ne nous copie, et blablabla.
Appliquons en France le droit du travail suisse et on depassera économiquement l'Allemagne avec 4% de chomage.
a écrit le 14/12/2016 à 12:16 :
1° le Brexit n'est pas encore fait et on risque une grosse surprise de ce côté.
2° qui est assez stupide pour faire confiance aux Français qui ne jurent que par l'argent des autres? Ce pays est socialiste étatiste et le restera jusqu'à sa ruine. Aucune chance pour que Paris devienne un plan B pour la City. Y penser est même grotesque.
a écrit le 14/12/2016 à 11:39 :
est ce que le préfon est une arnaque????.pourquoi les fonctionnaires y sont tous????
a écrit le 14/12/2016 à 11:33 :
J'ai bien ris en lisant cet article. Cela n'arrivera pas, la finance a de la memoire, pas comme le franchouillard moyen.
Le probleme en France, c'est l'intervention de l'etat, partout a tous les etages. Pour cette vision des choses, il en resulte la mefiance, a bon escient.
Le Brexit s'installera ailleurs, loin des taxes et des promesses farfelues.
a écrit le 14/12/2016 à 10:26 :
"des formes innovantes de relations contractuelles" "à fort potentiel" "très concurrentiels"

L'esclavagisme salarial est en route, merci les milliardaires.
a écrit le 14/12/2016 à 10:20 :
Il ne s'agit pas de payer moins d'impots mais de modifier le point de prélèvement, sur la consommation au lieu de la production.
a écrit le 14/12/2016 à 10:05 :
On connait la rapacité des fonds de pension et les dégâts qu'ils causent ainsi que les conséquences pour ceux qui ont misé sur eux pour leur retraite: c'est une arnaque!
a écrit le 14/12/2016 à 9:46 :
Des impôts justifiés oui mais payer pour du gaspillage non. Certains amis fonctionnaires grassement payé en France, placent leur argent .... à l'étranger
a écrit le 14/12/2016 à 9:42 :
Europlace enfonce des portes ouvertes, c'est un truisme que d'affirmer que la baisse des impôts et des charges sont les seules mesures à prendre qui permettraient à l'économie française de renouer avec la croissance. L'état ponctionne 57 % de la richesse, c'est incompatible avec une économie ouverte à la concurrence et sur le monde. Le Medef milite pour que les politiques prennent enfin conscience de ce qu'est une société ouverte
sur le monde. Autre volet , la baisse aussi des impôts sur les classes moyennes, bouc émissaire des politiques toute tendance confondue. Les politiciens doivent pour redonner un souffle à notre économie, réduire drastiquement les dépenses publiques un préalable indispensable. Dans le cas contraire, le chômage ne baissera pas et la dette continuera de grimper.
a écrit le 14/12/2016 à 9:37 :
Il est évident que pour se développer, les entreprises ont besoin d'argent, surtout les startups. Les banques préférant jouer sur les marchés, il faut trouver les modes de financement de la nouvelle économie et surtout permettre aux PME PMI de se développer et de créer du travail (à défaut d'emplois)). Malheureusement ce n'est pas qu'une question d'argent, c'est aussi une question de culture et on n'est pas prêts de sortir du modèle en vigueur, quelque peu sclérosé. Surtout qui n'est pas adapté aux bouleversements technico-économiques en cours, nécessitant inventivité, rapidité d’adaptation, prise de risque et acceptation du changement.
Il nous faudrait un nouveau modèle, à mi chemin entre Enarchie et Anarchie.
L'Etat à au contraire besoin de stabilité et qu'il s'occupe déjà correctement du régalien au lieu de faire du saupoudrage ou du rabotage économique.
La France a besoin d’un NEWDEAL, mais pas sous la forme d’une relance économique, il faut des reformes de simplifacation, structurelles , fiscales, réglementaires et améliorer le système éducatif.
L’économie suivra et Gérard Mestrallet a déjà montré l’exemple chez Engie, qui s’adapte aux nouveaux modèles énergétiques.
a écrit le 14/12/2016 à 8:27 :
haha
les francais croient qu' a l'international les gens ont la memoire courte et sont aveugles
taxe a 75%
taxe sur les transactions unilaterale
dailymotion
loi florange
compte penibilite
loi retroactives
instabilite fiscale et sociale
droit du travail incomprehensible
etc etc etc
voila la realite que les gens ont a l'esprit
alors faire de la comm', c'est bien, ca va rien changer

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