C'est l'une des fiertés de Stéphane Richard, le Pdg d'Orange, qui vient d'être assuré d'être reconduit pour un nouveau mandat à la tête de l'opérateur télécoms : le lancement d'Orange Bank, repoussé in extremis cet été de quatre mois, semble être un succès commercial. Le dirigeant, qui avait distillé au compte-gouttes les informations sur l'accueil reçu par cette nouvelle offre bancaire sur le marché, a profité de la présentation des résultats annuels du groupe, ce mercredi 21 février, pour révéler un chiffre plus impressionnant :
Lors de la conférence de présentation à la presse, il a précisé qu'Orange Bank allait franchir « dans quelques jours », courant mars, ce seuil symbolique. Il avait indiqué le 31 janvier dernier que sa banque avait ouvert 55.000 comptes à fin décembre 2017, en deux mois, « ce qui constitue une vraie réussite, supérieure aux prévisions initiales du groupe », relève Orange dans son communiqué du jour. Dans la foulée du lancement, intervenu le 2 novembre, il avait parlé de 30.000 comptes.
Les clients sont-ils tous actifs ? « A priori », répond Orange, puisque des frais d'inactivité de 5 euros par mois sont facturés si le client n'effectue pas au moins trois opérations dans le mois (paiements ou retraits) alors que l'essentiel des services sont gratuits (carte, retraits, chéquier).
Cette question des clients actifs ou du nombre d'utilisateurs (ponctuels, réguliers ?) est souvent débattue dans le monde de la Fintech, où rien ne permet d'attester la crédibilité des chiffres de certaines néobanques. La britannique Revolut par exemple revendique plus d'un million d'utilisateurs en Europe, dont plus de 150.000 en France, l'allemande N26 dit avoir conquis plus de 200.000 clients en un an dans l'Hexagone. À titre de comparaison, la banque en ligne du Crédit Agricole Bforbank compte 180.000 clients, plutôt haut de gamme.
Orange avait mis en place plusieurs dispositifs d'incitation pour les clients : 80 euros de prime de bienvenue (le standard des banques en ligne) et un bonus de 40 euros supplémentaires pour ses abonnés télécoms (Orange ou Sosh).
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Cette diversification de l'opérateur a généré des pertes de démarrage : Orange Bank a réalisé un produit net bancaire (l'équivalent du chiffre d'affaires) de 73 millions d'euros sur l'année 2017 (seulement deux mois d'activité pleine, même si la filiale a repris les actifs de Groupama Banque, l'assureur détenant 35% du capital d'Orange Bank) et une perte opérationnelle de 93 millions d'euros. C'est conforme aux prévisions : Stéphane Richard avait évoqué il y a un an « un impact négatif sur nos chiffres d'environ 100 millions d'euros. » Les investissements, essentiellement informatiques, se sont élevés à 61 millions d'euros sur l'année. Le Pdg de l'opérateur avait déclaré à l'automne qu'Orange Bank était « le plus important projet informatique de France en 2017. » Des bugs dans l'application avaient obligé à repousser son lancement, initialement prévu le 6 juillet.
L'objectif affiché d'Orange Bank, qui doit être lancée en Espagne et en Belgique, est d'atteindre plus de deux millions de clients en France en 10 ans.
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