Polémique sur le sauvetage public des banques italiennes

L'Allemagne estime que la Commission ne devrait pas valider l'aide d'Etat de 17 milliards d'euros pour liquider les banques vénitiennes. L'Espagne souligne que le cas de Banco Popular a été réglé sans argent public.
Delphine Cuny

3 mn

Si des banques ne sont pas rentables, il est préférable de les laisser quitter le marché plutôt que de les maintenir artificiellement en vie avec des recapitalisations préventives, a fait valoir une porte-parole du ministère allemand des Finances. La liquidation des deux banques de Vénétie par Rome devrait coûter 17 milliards d'euros.
"Si des banques ne sont pas rentables, il est préférable de les laisser quitter le marché plutôt que de les maintenir artificiellement en vie avec des recapitalisations préventives", a fait valoir une porte-parole du ministère allemand des Finances. La liquidation des deux banques de Vénétie par Rome devrait coûter 17 milliards d'euros. (Crédits : Reuters)

Le sauvetage par des fonds publics de deux banques italiennes en perdition fait polémique en Europe. L'Allemagne a exprimé son désaccord avec la mise en liquidation de Banca Popolare di Vicenza et Veneto Banca, dans le cadre d'une "recapitalisation préventive" par l'Etat italien, approuvée par la  Commission européenne. Une aide d'Etat qui pourrait atteindre 17 milliards d'euros, soit trois fois plus qu'estimé initialement, et qui fait grincer des dents outre-Rhin :

"Si des banques ne sont pas rentables, il est préférable de les laisser quitter le marché plutôt que de les maintenir artificiellement en vie avec des recapitalisations préventives", a déclaré une porte-parole du ministère allemand des Finances, sans citer spécifiquement les banques italiennes.

"Le recours à une aide publique devrait être évité autant que possible dans les situations de faillite. Dans les procédures de liquidation également. C'est la mission de la Commission européenne de garantir que l'aide de l'Etat est limitée au minimum et d'éviter le contournement des règles de démantèlement via des programmes nationaux de mise en liquidation"

En Espagne, des actionnaires ruinés

En Espagne, le ministre de l'Economie, Luis de Guindos, a relevé que le récent sauvetage de Banco Popular par sa compatriote Santander pour un euro symbolique n'avait rien à voir - c'est le privé qui a tout assumé. Glissant au passage que l'Italie s'y prenait fort tard pour assainir son système bancaire :

"Ce qu'est en train de faire l'Italie est ce qu'a fait l'Espagne en 2012. Nous avons dû injecter de l'argent public et nous avons restructuré et assaini le système financier. L'Italie le fait maintenant, et actuellement la restructuration est impossible en Italie sans aides publiques", a déclaré le ministre espagnol de l'Economie. "C'est très différent de ce qui s'est passé avec Banco Popular, pour laquelle il n'y a eu aucune sorte d'aide publique" a-t-il souligné.

L'Espagne avait dû injecter plus de 41 milliards d'euros, prêtés par l'Union européenne. La facture totale du sauvetage des banques espagnoles aurait même atteint 61 milliards aux contribuables, selon la cour des comptes locale. Pour Banco Popular, qui a subi une crise de fuite de dépôts et souffrait d'un stock d'actifs toxiques, Santander a accepté de lancer une augmentation de capital de 7 milliards d'euros et les quelques 300.000 actionnaires de Popular, dont de petits porteurs, ont tout perdu du jour au lendemain. Des porteurs d'obligations subordonnées ont aussi perdu la totalité de leur investissement.

"En Espagne, les dirigeants ont eu le courage politique de ruiner des gens. Ce n'est pas le cas en Italie, où les banques n'ont, en outre, pas été très insistantes sur le recouvrement de leurs créances" analyse le dirigeant d'une grande française.

En outre, un autre sauvetage sur fonds publics se prépare en Italie, celui de Monte Paschi, la quatrième italienne, qui prévoit l'injection de 6,6 milliards d'euros d'aide de l'Etat, qui sera officiellement validée par la Commission européenne sous peu. "C'est une affaire réglée", a déclaré lundi le vice-gouverner de la Banque d'Italie, Fabio Panetta.

Delphine Cuny

3 mn

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Commentaires 12
à écrit le 27/06/2017 à 12:45
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L'article semble dire que le sauvetage en court est purement financer par des fonds publics et que les personnes privées et les actionnaires italiens ne supporte aucun poids.... C'est une vision très lointaine de la réalité, vivant dans le nord de ...

le 27/06/2017 à 14:29
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Vous avez raison de préciser cela et on sait que de laisser ces banques tomber en faillite couterait encore plus cher et créerait encore plus de dégâts en Italie et aussi en Europe. Tout le monde serait perdant. Quand au pourquoi ? ce ne sont pas ...

à écrit le 27/06/2017 à 12:22
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Ah! Parce que l'Allemagne n'a jamais sauvé la Deutsche bank depuis 2008 ???

le 27/06/2017 à 14:29
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Dixit M. Ackermann, alors CEO de la Deutsche: c'est une honte d'accepter de l'argent public. Et il n'en a pas eu, pour échapper au contrôle public.

à écrit le 27/06/2017 à 12:12
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Des actionnaires ruinés et alors ? Les gars ils ont pas prit beaucoup de risques et se sont plantés, ils bénéficieront des aides sociales comme des dizaine de millions d'européens et puis c'est tout. Et ils arrêteront enfin de cracher sans arrêt ...

à écrit le 27/06/2017 à 10:35
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C'est vrai qu'il serait idéal qu'il y ait des règles similaires pour tous. Mais chaque pays est aussi tributaire du populisme ambiant. Je crois que ces banques Italiennes se trainent la crise des subprimes depuis 2008 et c'est bien qu'ils épurent en...

à écrit le 27/06/2017 à 8:50
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Comment peut-on laisser des banques accumuler au fil des ans de tels montant énormes de dettes ou de créances nulles avant de tirer la sonnette d'alarme et prendre rapidement des mesures ? Il y a nécessairement des responsables, soit financiers, soi...

à écrit le 27/06/2017 à 0:34
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Est-ce vraiment le contribuable qui va payer? L'Italie fortement endettée va contracter d'autres 17 milliards de dette qui seront achetés par les banques surtout italiennes pour les vendre ensuite à la BCE. Le jour que la BCE cherchera à être rembour...

à écrit le 26/06/2017 à 23:02
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L'Allemagne a raison : il faut cesser de nationaliser les pertes et de privatiser les bénéfices. Les petits porteurs n'ont qu'à s'en prendre à l'ancienne direction.

le 27/06/2017 à 15:01
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le mot "sparkasse" ne vous dit rien?

à écrit le 26/06/2017 à 20:44
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Il est maintenant clair que les soi-disantes règles de liquidation des banques dont on nous avait bassinés depuis longtemps, en disant que le contribuable serait épargné, et que les créanciers, y compris les déposants de plus de100k€, seraient mis à ...

le 27/06/2017 à 8:42
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Faut savoir ce que vous voulez, soit c est l epargnant (actionnaire ou porteur d obligation voire simple titulaire d un compte) qui paie, soit c est le contribuable. Le probleme dans le cas italien, c est qu il faut assumer le fait de ruiner certa...

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