Pour Lagarde, les Fintech peuvent rendre le monde meilleur par l'inclusion bancaire

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Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) mardi 29 janvier au Paris Fintech Forum.
Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) mardi 29 janvier au Paris Fintech Forum. (Crédits : PFF)
La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde a exhorté les startups de la finance, lors du Paris Fintech Forum, à s'attaquer à un domaine où elles peuvent vraiment "changer le monde" : les populations non ou mal bancarisées et les travailleurs qui transfèrent de l'argent à leurs familles à l'étranger.

« Changer le monde ». L'expression hautement galvaudée du monde des startups prise cette fois au pied de la lettre. La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a invité les startups de la finance, lors de la conférence Paris Fintech Forum ce mardi 29 janvier, à rendre vraiment le monde meilleur en s'attaquant à des problèmes de fond.

« Les Fintech pourraient être une incroyable force au service du bien dans le monde en donnant aux 2 milliards de personnes qui ne sont pas bancarisées ou mal-bancarisées, accès à des plateformes de transactions de manière sécurisée. Je pense aussi aux millions de personnes qui travaillent à l'étranger et doivent envoyer de l'argent à la maison », a plaidé Christine Lagarde.

Elle a souligné que « ce que l'on appelle les "remittances" [transferts d'argent internationaux des migrants ou diasporas, Ndlr] est crucial pour certains pays et vital pour certaines familles : ne pas avoir à payer 7% à 8% de frais supplémentaires sur ces transferts peut représenter un repas en plus par jour pour ces familles ».

Fintech for good

Le marché des "remittances" représente plus de 500 milliards de dollars de transferts dans le monde par an. Plusieurs startups de la Fintech se sont d'ores et déjà spécialisées dans ce domaine, notamment la britannique WorldRemit qui s'attaque aux géants Western Union et MoneyGram. En Asie, Ant Financial, bras financier d'Alibaba, teste du transfert d'argent sur la Blockchain pour réduire les coûts et les délais. Le "Fintech for good" reste une niche et l'inclusion bancaire un thème surtout porté par le monde associatif.

Les propos de Christine Lagarde interviennent en effet dans un contexte où la communauté Fintech célèbre la percée fulgurante de stars de la Fintech qui ont surtout cherché à concurrencer les banques, à devenir elles-mêmes des banques nouvelle génération ou néobanques, mais plus agiles, plus efficaces, en proposant des services quasi-gratuits à une clientèle plutôt aisée, surtout dans les pays développés. Les Revolut et autres N26 sont engagées dans une course à la taille à coups de levées de fonds de centaines de millions de dollars pour devenir la plus grosse "licorne" (entreprise valorisée plus d'un milliard de dollars) et la plus mondiale, sans trop s'occuper de ces populations peut-être jugées insuffisamment solvables, préférant cibler les riches expatriés plutôt que les migrants. Du moins pour l'instant.

« Les Fintech peuvent faire beaucoup de bonnes choses, aider les gens à gagner beaucoup d'argent, permettre à certaines institutions de se transformer mais il y a de multiples possibilités que nous devrions explorer », a suggéré Christine Lagarde.

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Commentaires
a écrit le 30/01/2019 à 17:57 :
LagaaaaaaaaaaaaaaaAARDE !
A moi !
a écrit le 30/01/2019 à 12:03 :
La finance n'est qu'une "énergie" qui permet de pédaler dans la semoule et qui accessoirement permet la création intellectuelle!
a écrit le 30/01/2019 à 9:48 :
Lagarde travaille bien pour les banquiers. Sous couvert d'aider les expatriés, migrants, travailleurs étrangers, ce sont les 500 Milliards de transfert qui les intéressent et les commissions générées.
Les investisseurs ne s'y trompent pas qui investissent à coup de centaines de millions de dollars.
Je n'imagine pas une seule seconde que ce soient des philantropes. Il y a du flouze à faire avec l'argent des déshérités de la planète. Écoeurant.
a écrit le 30/01/2019 à 8:24 :
On sait pour qui elle bosse la Christine au moins, une sacrée force de caractère hein, mais bon vu les casseroles qu'elle a elle ne doit pas avoir beaucoup de choix, quand on commence à mettre la main dans l'engrenage de la compromission on fini par y passer tout entier.
a écrit le 30/01/2019 à 8:12 :
Si j'ai bien compris, nous devons accueillir les migrants, leur DONNER des aides financières et allocations diverses.
Pour au final leur apporter des supports de transferts d'argent vers leurs familles à l'étranger sans faire travailler l'économie française. Bravo les français n'ont pas fini de payer des impôts....
Avec 8,5 % d'immigrés taux qui va progresser vers 30% en 2050 (la France sera alors le pays d'Europe qui accueille le plus de migrants.
Nous préparons un bel avenir à nos enfants et petits enfants
Qu'en pensez-vous ? De très nombreux français sont de mon avis
Réponse de le 30/01/2019 à 10:13 :
Ne vous inquiétez pas pour les aides financières et allocations diverses, si tu viens en France pour travailler et donc que tu perçois un salaire qui te permet d'envoyer de l'argent à ta famille, tu n'as pas droit à ces aides.

Mais bon, au pire, cracher leurs dessus quand même. Si des étrangers arrivent à travailler en France, c'est parce que l'on a la main d'oeuvre en France. Par exemple, nous avons un gros déficit d'informaticien... Pas assez de jeunes français n'étudient dans cette branche. Donc oui, on embauche des étrangers.

Pourriez-vous nous indiquer vos sources concernant les 8,5 % d'immigrés, et surtout les 30 % pour 2050 ?

Sinon, vous parlez des immigrés, mais que faisons-nous contre les émigrés ? (Notamment pour motivation fiscale).

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