SlimPay surfe sur l'économie de l'abonnement

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La Fintech française s'est spécialisée dans le prélèvement direct : l'internaute renseigne le numéro de son compte bancaire dans une interface sécurisée pour s'abonner.
La Fintech française s'est spécialisée dans le prélèvement direct : l'internaute renseigne le numéro de son compte bancaire dans une interface sécurisée pour s'abonner. (Crédits : SlimPay Deezer)
Cette discrète startup française spécialiste du prélèvement en ligne s’est positionnée sur le créneau des paiements récurrents qui se développent dans de nombreux secteurs, au-delà du numérique. Pointant l’avantage du SEPA sur la carte bancaire, elle a pour clients EDF et Deezer, la SNCF et Relay. Et quelques concurrents redoutables.

Vous avez déménagé et souscrit un nouveau contrat EDF ? Vous êtes abonné au site musical Deezer ? Vous avez alors sans doute utilisé les services de SlimPay sans trop le voir en renseignant le numéro Iban de votre compte bancaire. Cette discrète startup parisienne revendique le titre de « leader européen des paiements d'abonnement par prélèvement » : fondée en 2009, elle a séduit de nombreux grands clients dont le premier distributeur d'électricité « qui est venu nous chercher en 2012 », confie Jérôme Traisnel, le co-fondateur et directeur général.

« EDF se rendait compte que l'autorisation de prélèvement papier posait problème et nous a demandé de simplifier le parcours d'enrôlement en ligne, l'onboarding. Nous avons ainsi mis en place la signature électronique qualifiée », nous explique-t-il.

Résultat: lors de l'adhésion à un abonnement, tous les mandats SEPA des clients EDF, particuliers comme professionnels, en France, sont signés électroniquement avec la solution SlimPay.

Moins d'attrition et de fraude

Les fondateurs de SlimPay (Jérôme Traisnel en est à sa quatrième entreprise, dont l'une, Freever, a été revendue 35 millions d'euros au japonais NTT DoCoMo) ont perçu l'opportunité que créait l'entrée en vigueur de la directive sur les services de paiement en 2009 : ils ont accompagné les grands « facturiers » dans leur passage au prélèvement européen SEPA et élargi aux e-commerçants concernés par les paiements récurrents. La startup SlimPay, qui a le statut d'établissement de paiement, régulé par l'ACPR-Banque de France, compte plus de 2.000 « marchands » clients dont Nespresso, Relay, Axa, Gaumont, BeInSport...

« Notre idée était de démocratiser le prélèvement direct qui présente de nombreux avantages sur la carte bancaire : pas de date d'expiration, pas de plafond de paiement, moins de risque de fraude liée au vol ou à la perte de la carte. C'est aussi moins cher pour le commerçant, puisque le prélèvement est direct, il n'y a pas de commission de Visa ou Mastercard, juste la nôtre, qui est de 1% en moyenne [1,50% pour les clients gérant moins de 500 transactions par mois, plus 29 euros de frais mensuels, Ndlr], contre 2,5% chez PayPal par exemple », fait valoir le DG de SlimPay.

Cette méthode de paiement diminuerait le taux d'attrition (« churn ») et d'incident de paiement, garantissant aux marchands d'être payés plus rapidement et sans crainte que le client ne répudie son achat. Quant au client final, il n'a pas à confier les codes de sa carte.

Hypercroissance

La carte bancaire demeure le moyen de paiement préféré des Français et représente plus de la moitié en volume, soit près de 10 milliards de transactions, mais le prélèvement pèse bien plus lourd en valeur (plus de 1.400 milliards d'euros contre 472 milliards pour les cartes en 2015, selon les données de la Banque de France).

Le passage au SEPA a plutôt tassé la croissance des paiements par prélèvement. Mais pas celle de SlimPay : la startup, qui emploie 70 personnes, a enregistré une hypercoissance de 4.068% en quatre ans entre 2010 et 2014, ce qui lui a valu d'être lauréate du prix Technology Fast50 de Deloitte en 2015, et d'être sélectionnée dans le classement 2015 des 100 leaders mondiaux de la Fintech réalisé par KPMG. Elle ne dévoile pas son chiffre d'affaires mais indique traiter un volume d'affaires annuel de plus de 5 milliards d'euros.

Les Français sont déjà parmi les plus convertis au modèle de l'abonnement en Europe : ils ont souscrit en moyenne 5,4 abonnements par personne et ils sont 38% à en avoir plus de 6, selon une étude Elabe pour SlimPay.

Abonnement France

Economie de l'usage

A la faveur du tout-numérique, cette économie de l'abonnement s'étend à de plus en plus de secteurs. SlimPay a ainsi travaillé avec la SNCF pour son offre TGV Max lancée en février pour les 16-27 ans (79€ par mois pour prendre le TGV en illimité dans toute la France) et l'a aidé à générer « plus de 10.000 souscriptions en ligne en moins de 24 heures ». Un chantier réalisé à grande vitesse, en six mois, car son formulaire de paiement s'intègre facilement au site Web, grâce à ses interfaces de programmation (API).

« On évolue de l'économie de la possession vers l'économie de l'usage, de plus en plus d'entreprises s'orientent vers l'abonnement comme les Taxis Bleus, qui sont partenaires du Subscription Lab, sorte de showroom du commerce par abonnement, que nous venons d'ouvrir dans nos locaux », indique Jérôme Traisnel.

SlimPay Jérôme Traisnel Fintech

[Jérôme Traisnel, cofondateur et directeur général de SlimPay, à l'inauguration de son Subscription Lab, laboration de l'abonnement, jeudi 18 mai. Crédits : DR]

SlimPay compte aussi parmi ses clients de la première heure Lokéo, la filiale de l'enseigne Boulanger spécialisée dans la location d'équipements électroménagers et multimédias, qui combine le paiement par carte pour les deux premiers mois et le prélèvement pour la suite. La Fintech séduit aussi les startups comme Delicorner, le service de livraison d'encas sains en entreprises. Elle commence aussi à s'internationaliser : après avoir levé 15 millions d'euros en 2015 auprès du fonds néerlandais Prime Ventures, elle a ouvert de petits bureaux en Espagne, Allemagne, Italie, Grande-Bretagne, et réalise 20% à 25% de son nouveau chiffre d'affaires à l'étranger.

Face à la jeune entreprise française, se trouvent notamment deux ex-startups devenues des acteurs qui comptent dans le paiement en ligne, l'américain Stripe (valorisé 9 milliards de dollars lors de sa dernière levée de fonds) et la néerlandaise Adyen. Deux concurrents qui s'appuient intégralement sur la carte bancaire.

« Nous sommes moins chers et bien positionnés sur l'économie de la récurrence : c'est là que se situent les volumes », observe Jérôme Traisnel.

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Commentaires
a écrit le 05/12/2017 à 18:57 :
comment savoir pour qui vous m'avez prélevé 26.50 € le 5/7/17 sur le compte hello bank
je m'en doute un peu mais c'est désagréable de payer dans le vide . Ca me dérange depuis des mois. C'set une assurance banque et je vais la résilier pour l'année prochaine.

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