La BCE choque les marchés en repoussant la hausse des taux

Mario Draghi BCE mars 2019
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Mario Draghi BCE mars 2019
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"BCE déprimante, marchés déprimés" résume la société de gestion Pictet AM. Les marchés financiers ont été pris de court par les annonces de la Banque centrale européenne (BCE) ce jeudi 7 mars et la tonalité du discours, plus pessimiste : l'institution de Francfort a indiqué qu'elle repoussait de six mois la perspective d'une éventuelle remontée des taux d'intérêt, qu'elle avait prévu de maintenir à un niveau historiquement bas depuis 2016 "au moins jusqu'à l'été 2019".
En réalité, les investisseurs ne s'attendaient pas à un relèvement des taux cette année. Mais le fait que la BCE l'annonce officiellement a été perçu comme un mauvais signal.
Et ce d'autant plus que la banque centrale a abaissé ses prévisions d'inflation (seulement 1,6% en 2021) et de croissance économique pour la zone euro à 1,1% pour 2019, contre 1,7% prévu en décembre et prend cette décision pour venir au chevet de la croissance de la zone.
La BCE, qui a mis un terme à son programme d'achats de dettes (souveraines et d'entreprises) sur les marchés, a indiqué qu'elle entend "poursuivre les réinvestissements, en totalité, des remboursements au titre du principal des titres arrivant à échéance acquis dans le cadre du programme d'achats d'actifs" et ce "pendant une période prolongée après la date à laquelle [elle] commencera à relever les taux d'intérêt directeurs".
L'euro a décroché, tombant à son plus bas niveau depuis novembre face au billet vert à 1,1231 dollar. Les valeurs bancaires ont aussi tangué, le maintien des taux bas étant mauvais pour leur marge d'intérêt et leurs dépôts : l'action Société Générale a enregistré la plus forte baisse (-4,3%), suivie de Natixis (-3,95%) et BNP Paribas (3,38%) et Crédit Agricole (-3,16%). À Francfort, Deutsche Bank a cédé plus de 4% comme Commerzbank.
La BCE va renforcer son soutien à l'économie de deux autres manières. Elle va lancer une troisième vague de prêts de grande ampleur aux conditions très favorables pour les banques, les TLTRO (Targeted longer-term refinancing operations), des opérations trimestrielles d'une échéance de deux ans qui seront menées entre septembre 2019 et mars 2021.
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L'annonce, attendue depuis plusieurs semaines, est perçue comme une bonne nouvelle pour les banques italiennes et espagnoles, principales bénéficiaires des précédents programmes TLTRO, même si les conditions seront un peu moins favorables que la précédente vague. Ces opérations ont été décidées "en raison de l'arrivée à échéance des prêts, du niveau élevé des créances irrécouvrables dans certains pays et du besoin d'aider les banques européennes à rester conformes aux ratios réglementaires" a analysé Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.