Finance durable : l'AMF veut mobiliser l'épargne des Français et renforcer la réglementation européenne

Dans son rapport annuel 2021, l'Autorité des marchés financiers développe trois axes prioritaires dont "mobiliser au mieux l'épargne des Français vers le financement des fonds propres des entreprises", "donner de la lisibilité et de la crédibilité à l'investissement durable" et de "renforcer le cadre réglementaire européen".

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L'autorité des marchés financiers a donné ses préconisations pour développer la finance durable.
L'autorité des marchés financiers a donné ses préconisations pour développer la finance durable. (Crédits : CHARLES PLATIAU)

La transition écologique ne se fera pas sans les Français, selon l'Autorité des marchés financiers. Dans son rapport annuel 2021, publié ce mercredi, l'AMF donne ses préconisations pour développer la finance durable. Un objectif qui passe par "l'accélération des investissements pour préparer le monde de demain" et qui implique de mobiliser l'épargne des Français. D'autant que ces derniers ont développé un goût certain pour l'investissement boursier en 2019 et 2020. Cette participation des nouveaux investisseurs individuels aux marchés "s'est confirmée", selon le président de l'AMF Robert Ophèle. Il avance que 3,1 millions de particuliers européens ayant effectué près de 30 millions d'euros de transactions en Europe au premier trimestre 2022, des chiffres triplés par rapport à mi-2018. Il faut donc "jouer sur cet intérêt des particuliers pour la Bourse et sur l'épargne salariale et l'épargne retraite", qualifiés de "vecteur extrêmement forts" pour la finance durable, plaide le président de l'AMF qui souligne l'aspect de long terme de ces placements.

Si l'autorité recommande de "mobiliser au mieux l'épargne des Français vers le financement des fonds propres des entreprises", ce n'est que l'un des trois axes prioritaires qu'elle identifie dans son rapport. Il est également essentiel de "donner de la lisibilité et de la crédibilité à l'investissement durable" et de "renforcer le cadre réglementaire européen".

"La confusion la plus totale"

L'AMF se montre en effet très critique envers le cadre réglementaire de la finance durable en Europe: la taxonomie verte qui définit les investissements considérés comme respectueux de l'environnement "reste inachevée", les normes de comptabilité extra-financière ne sont pas "finalisées" non plus et le règlement SFDR sur la publication d'informations en matière de durabilité des produits financiers est "source de confusion". Sans parler des règles toujours en gestation à Bruxelles.

Parmi les offres d'investissement dits durables, "c'est la confusion la plus totale sur ce qui est vert et ce qui ne l'est pas, ce qui a des critères ESG ou non", relève Robert Ophèle.

De plus, "décarboner les portefeuilles ne permet pas de financer automatiquement la transition vers une économie moins carbonée car cela oriente d'abord les flux de financement vers les activités déjà peu émettrices et, souvent, sans prendre en compte correctement les émissions des fournisseurs ou des clients", explique-t-il. L'AMF attend toujours également la réglementation européenne des activités sur actifs numériques (projet MICA) qui encadrera notamment l'environnement des cryptomonnaies. Un cadre "d'autant plus nécessaire que le régime français d'enregistrement des prestataires sur actifs numériques montre ses limites", précise l'AMF.

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