Les constructeurs auto chinois attaquent les pays émergents

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Chery  QQ d' l'entrée de gamme
Chery QQ d' l'entrée de gamme (Crédits : DR)
Chery compte ouvrir des usines au Brésil, aux Philippines, en Malaisie. Geely et JAC s'intéressent aussi au Brésil, FAW à l'Algérie.

Ils s'activent. Le constructeur automobile chinois Chery va ainsi ouvrir une usine d'assemblage à Jacarei, près de Sao Paulo au Brésil, en juillet. Le site, pour lequel Chery a investi 400 millions de dollars (320 millions d'euros), disposera à terme d'une capacité de production de 150.000 unités par an. En 2013, Chery a écoulé moins de 10.000 voitures au Brésil, mais il compte en vendre 41.000 cette année, puis 73.000 en 2015. En outre, l'usine brésilienne de Chery lui servira de base pour l'ensemble du marché sud-américain.

Son compatriote JAC commencera pour sa part à produire au Brésil l'an prochain. Il y a investi 430 millions d'euros pour produire 100.000 unités par an. Geely, propriétaire du suédois Volvo Cars, prévoit lui aussi de construire une usine dans ce pays. Il dispose déjà d'une petite usine en Ururguay, d'où il exporte vers  les marchés brésilien et argentin, avec une capacité de production de 20.000 unités par an. Au départ, il s'agira d'assemblage léger, avec une faible intégration locale, contrairement aux Volkswagen, Fiat, GM, Renault, installés depuis longtemps sur place.

Chery, le plus exportateur des constructeurs chinois, est d'ailleurs  très actif. Il prévoit de bâtir une usine aux Philippines. Dans un premier temps, le site philippin, très réduit, devrait produire 20.000 véhicules par an à peine. Chery s'est aussi engagé à investir 300 millions de dollars (230 millions d'euros) en Malaisie. FAW a signé fin 2013 un accord pour faire du montage de voitures en Algérie. 10.000 véhicules de tourisme sont prévus annuellement. Great Wall a ouvert de son côté une usine en Bulgarie en 2012, mais celle-ci tourne au ralenti. Ce n'est qu'un début, encore modeste.

2,2% du marché russe

Les constructeurs chinois, qui n'arrivent même pas à accroître leur pénétration sur leur marché intérieur faute d'attractivité suffisante des produits, suivent en fait la stratégie qui a tant réussi aux japonais, puis aux coréens à leurs débuts. Conscients de leurs handicaps, en termes de technologie, sécurité, qualité, ils commencent par les pays émergents où le facteur prix est essentiel. Ils détiennent ainsi déjà 2,2% du marché auto russe où ils concurrencent les Lada d'Avtovaz, dont la fiabilité ou les prestations ne sont pas meilleures, voire même inférieures.

Les chinois n'arriveront en Europe de l'ouest et aux Etats-Unis qu'après s'être aguerris en Asie, en Amérique du sud, au Moyen-Orient, en Afrique ou en Russie. On se souvient en effet  des déboires, il y a  quelques années, des voitures chinoises destinées à l'Europe, qui avaient recueilli des notes catastrophiques dans les tests de sécurité, refroidissant alors les ardeurs exportatrices des constructeurs.

Qoros moins enthouasiaste

Même Qoros, propriété à 50-50 du constructeur chinois Chery et de la holding financière israélienne Israel Corp, qui, il y a un an, annonçait une prochaine entrée fracassante sur le marché européen avec des produits de pointe concoctés par des ingénieurs débauchés auprès des grands constructeurs américains et européens, est devenu très circonspect. Les ventes de la marque "ont démarré en Slovaquie en septembre dernier. Nous avons un concessionnaire à Bratislava",  nous assurait prudemment Stefano Villanti, directeur des ventes de Qoros, au dernier salon de Genève en mars.

Et dans le reste de l'Europe? "Qoros arrivera dans les deux ans. C'est une nouvelle marque avec un nouveau marché, des nouveaux produits. On démarre. Ca prendra du temps. On doit d'abord avoir un produit de qualité", soulignait-t-il.

A l'attaque des Etats-Unis et de l'Europe

Le constructeur BYD prévoit de lancer quatre modèles aux Etats-Unis, mais pas avant la fin de 2015, dont une berline hybride rechargeable qui devrait être son modèle phare. BYD avait déjà annoncé la commercialisation de ses véhicules sur le marché américain en 2010, mais avait dû reporter ses projets. BAIC a indiqué, début avril, qu'il voulait acquérir une marque en Europe ou aux Etats-Unis, afin d'accroître sa présence à l'international. Le constructeur chinois soulignait qu'il avait plusieurs constructeurs en vue, mais sans préciser lesquels.  En fait, c'est Dongfeng, le groupe public chinois en train de prendre 14% de PSA, qui pourrait arriver dans les premiers en Europe... aidé par le constructeur français!

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Commentaires
a écrit le 12/04/2014 à 12:38 :
Chouette, on peut avoir des voitures moins cher qui tiennent?
a écrit le 11/04/2014 à 19:01 :
1. Pas 2.2%, mais 2.6 (3.0 selon d'autres sources) % en 2012 et même 3.7 % en 2013. 2. A 2007 ils ont eu déjà la part du marché de 2.4%, mais suivi par une baisse à 1.7% pour les raisons évidentes: la qualité du produit et des services, le niveau technologique, la fiabilité, les particularités des négociations avec les chinois etc. Oui, les chinois avancent, mais comme par hasard leurs voitures, qui ressemblent plus ou moins aux normales, ont des prix très proches des concurrentes japonaises, coréennes et européennes. J'ai lu plusieurs essais des chinoises dans la presse russe. A l'exception de quelques modèles il est impossible de comprendre les gens qui les achètent. Résumé: pas de panique, mais à observer.
a écrit le 11/04/2014 à 17:38 :
Les chinois se rapprochent! Ils vont attaquer dans les pays ou nous sommes implantés! Bientôt en France qui commence à faire partie des pays émergents!
Réponse de le 12/04/2014 à 5:56 :
Savez-vous ce qu'est un pays émergent ? C'est lassant l'auto flagellation. Très.
a écrit le 11/04/2014 à 16:34 :
Faut-il rappeler que le Brésil (avec la Chine, l'Inde, la Russie et l'Afrique du Sud) fait partie du BRICs ? quand c'est les USA et la France, par exemple, des pays qui n'ont pas le moindre format politique commun avec les pays émergents, compte ouvrir des usines automobiles dans ces pays, on ne parle pas d"attaques" mais d'"implantation", de "collaboration", "présence" et d'autres euphémismes d'occasion. Un autre grand bloc est en train de se construire et demain 'UE doit travailler avec des accords mais pas en tant que partenaire.
a écrit le 11/04/2014 à 15:46 :
va se passer dans la bagnole la même chose que dans tout les domaines économique.. la loi de pareto.. hyper-concentration.. duopôle..et générique.. c' est déjà le cas dans l' informatique microsoft-google.. le générique linux.. dans la téléphonie apple - samsung.. le générique les multi-androîd.. dans l' agro-alimentaire nestlé - kraft.. dans la chimie, la pharmacie, la distribution etc.. PARTOUT !! c' est une loi imuable qui aura été plus longue à se faire dans l' automobile assez curieusement.. mais qui va s' accélérer et les vainqueurs sont connus: vag - toyota tous les autres disparaitront sauf quelques génériques asiatiques coréens et chinois.. c' est écrit dans le bronze. Pour dire qu' un investisseur béotien ayant des actions renault ou peugeot va souffrir..
Réponse de le 12/04/2014 à 18:31 :
VAG va gagner quelle tristesse , ils gagneront vous avez raison lorsque plus personne ne voudra acheter de voitures .
C'est écrit dans le bronze le désintérêt des jeunes pour la voiture , les constructeurs en ont-ils conscience ? Certainement pas VAG .

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