L'avenir de DCNS dans les mains de Thales et Dassault Aviation

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Copyright Reuters (Crédits : DCNS)
La montée de Thales dans le capital de DCNS suscite des inquiétudes au sein de DCNS. Notamment à l'export et sur son cœur de métier, les systèmes.

La montée de l?électronicien dans le capital du groupe naval pourrait peser sur la stratégie de ce dernier, ?qui empile les succès à l?export.
Thales, qui a décidé d?exercer son option pour passer de 25 à 35 % dans le capital de DCNS, va pouvoir peser sur sa stratégie. Un évènement d?autant plus important que l?électronicien a pour actionnaire de référence, Dassault Aviation. Ce qui n?était pas le cas lorsque cette opération entre Thales et DCNS a été imaginée. Elle pose aujourd?hui trois questions cruciales pour l?avenir du constructeur naval.

1. Exportation. Champion français de l?export dans le domaine de la défense ces dernières années (Brésil, Inde, Russie, Malaisie...), DCNS, dont le carnet de commandes s?élève à 15 milliards d?euros, a été souvent en concurrence indirecte avec Dassault Aviation dans certains pays, désireux d?équiper à la fois leur marine et leur armée de l?air. Comme il y a très peu de chances pour qu?un pays prenne deux fois du matériel français tant ces contrats sont politiques, les deux groupes se font une concurrence pour que les autorités françaises privilégient une offre plutôt qu?une autre. Cela a été récemment le cas en Grèce ? avant la crise ? où les frégates multimissions Fremm étaient en concurrence avec le Rafale. « Au Brésil, y aurait-il aujourd?hui une offre de sous-marins par DCNS », s?interroge-t-on au sein du constructeur naval. Enfin, les crédits budgétaires d?un pays pour la défense se font rares pour pouvoir s?offrir plusieurs matériels militaires aussi sophistiqués.

2. Les systèmes de combat. Entre Thales et DCNS, la concurrence est féroce dans la vente des systèmes de combat naval (CMS ou Combat management systems) comme en témoigne la lutte à mort à laquelle se sont livrés les deux groupes en Malaisie (Setis contre Tacticos). Mais cela pourrait aller au-delà. Car Thales et Dassault Aviation pourraient rassembler toutes leurs activités électroniques avec celles de DCNS et constituer un pôle de taille mondiale. Ce qui reléguerait ainsi DCNS en tant que simple plate-formiste. Et le groupe naval ne pourrait plus présenter avec succès des offres intégrées et optimisées à tous ses clients.

3. Trésorerie. Certains, chez DCNS, s?interrogent sur l?avenir de la trésorerie de plus de 2  milliards d?euros du groupe naval, dont une grande partie est générée par les avances clients. Si Thales montait au-delà de 50 % comme le souhaite le PDG de Dassault Aviation, l?électronicien « pourrait souhaiter remonter les fonds disponibles chez DCNS et améliorer la présentation de ses comptes », craint-on. Ce qui pourrait alors empêcher le groupe de financer son développement et sa diversification dans les énergies renouvelables.

 

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Commentaires
a écrit le 03/01/2012 à 12:09 :
Je disais que les abréviations sont de plus en plus employées et que pour le lecteur cela devient insupportable ; dites-moi ce que veut dire DCNS svp _ merci !
Réponse de le 19/03/2012 à 9:17 :
Bonjour,
Ne cherchez pas DCNS n'est pas une abréviation...
Cordialement
a écrit le 03/01/2012 à 12:07 :
A l'heure d'une meilleure communication il est grave de parler en abréviation ; que veut dire DCNS ! merci de mettre en exergue la signification derrière l'abréviation entre parenthèse _ encore merci !
a écrit le 03/01/2012 à 12:07 :
A l'heure d'une meilleure communication il est grave de parler en abréviation ; que veut dire DCNS ! merci de mettre en exergue la signification derrière l'abréviation entre parenthèse _ encore merci !
a écrit le 02/01/2012 à 8:54 :
DCNS fait partie de ces fers de lance de l'industrie Française et risque de se retrouver alourdie par cette montée en puissance de la société Thalès dans son capital. Bien entendu, les conditions de ce rapprochement sont aujourd'hui modifiées par la présence de Dassault Aviation qui semble peiner dans ses stratégies internationales. Les conditions de base étant modifiées, pourquoi accepter ce rapprochement? Dassault Aviation n'aura pour objectif que celui de ternir DCNS.
Il est bien dommage que si souvent des sociétés en difficulté utilisent des stratagèmes de ce type pour survivre. La concurrence n'est pas forcement nuisible.
Il ne faut pas se tromper de cible surtout dans ces domaines d'activités.
Souhaitons "bon vent" à DCNS

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