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Entreprises & FinanceAéronautique & Défense

EADS et BAE Systems vont créer le numéro un mondial de l'aéronautique-défense

Michel Cabirol et Fabrice Gliszczynski

Publié le 12 septembre 2012 à 17:17

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Les deux groupes vont créer le leader mondial dans le secteur de l'aéronautique et la défense. Pour autant, l'opération est fragilisée par les fuites dans la presse et pourrait ne pas se faire.

C'est un coup de tonnerre dans l'industrie aéronautique et de défense... qui va considérablement bouleverser le paysage mondial de ce secteur, en crise en raison de la contraction des budgets de défense. Le groupe européen EADS et son concurrent et partenaire britannique BAE Systems sont en train de discuter d'une "possible" fusion, qui créerait un géant du secteur comparable au mastodonte américain Boeing, selon un communiqué commun des deux groupes. Les deux réunis pourraient atteindre un chiffre d'affaires de près de 72,3 milliards d'euros (chiffres de 2011) avec 220.000 salariés dans le monde tandis que le groupe américain a réalisé l'an dernier 49 milliards d'euros de ventes. Soit une entité 1,5 plus grosse que Boeing.

Un deal à 60 % EADS, 40 % BAE Systems

Selon les discussions en cours entre les deux groupes, le nouvel ensemble serait détenu à 60 % par les actionnaires d'EADS et à 40 % par ceux de BAE. La France, Allemagne et GB auront une "golden share" dans l'ensemble EADS-BAE. Le groupe européen verserait 200 millions de livres de dividende exceptionnel en cas de fusion avec le groupe britannique. Les deux groupes collaborent déjà dans le programme Eurofighter (avec l'italien Finmeccanica) et sont également actionnaires du missilier MBDA (37,5 % chacun, 25 % Finmeccanica). En cas de réussite de l'opération, le nouveau groupe consoliderait ces actifs en devenant majoritaire.

L'opération fragilisée par les fuites dans la presse

"Tout accord sur un éventuel rapprochement devra être préalablement approuvé, entre autre, par le conseil d'administration d'EADS. Il n'y a aucune certitude quant à la réalisation de cette opération, et une communication sera faite en temps voulu", a précisé EADS dans un communiqué publié en fin mercredi en fin après-midi. Ainsi, selon nos informations, les discussions ont commencé il y a plus de trois mois environ. Ce qui coïncide avec l'arrivée du nouveau président d'EADS, Tom Enders, qui en trois mois a déjà révolutionné le groupe européen (siège social à Toulouse, chaîne d'assemblage de l'A320 aux Etats-Unis et restructuration de la filiale Cassidian). Pour autant, la fuite dans la presse d'un banquier pourrait, selon des proches du dossier, compromettre toutes les négociations, qui repose sur des équilibres. Déjà en bourse, EADS a perdu à la clôture 5,63 % tandis que BAE Systems a gagné 7,02 %. "Cela pourrait mettre en danger les équilibres discutés", estime-t-on au sein d'EADS.

Un groupe révolutionné par Tom Enders

En cas de réussite, Tom Enders et son équipe devrait réaliser la "vision 2020" de Louis Gallois, qui préconise un rééquilibrage des activités civiles et militaires, dès 2012. Cette nouvelle entité réaliserait 53 % du chiffre d'affaires dans le civil et 47 % dans le militaire. Ce qui lui permettrait de mieux amortir les cycles de l'aéronautique civile. Ce nouveau groupe sera en outre mondial, et non plus seulement à dominante franco-allemande : BAE Systems est notamment très implanté aux Etats-Unis, Grande-Bretagne, Australie, Inde tandis que EADS est plus présent en Europe, au Moyen-Orient et en Asie. Le nouveau groupe va toucher tous les marchés et tous les pays. "On est toute l'Europe de la défense", indique-t-on chez EADS. En outre, le groupe renforce sa force de frappe par rapport aux groupes américains. Il était déjà capable de rivaliser - il était au deuxième rang mondial derrière Boeing. Mais là clairement, il passe dans un autre monde.

Timing gonflé ?

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Pour autant, le timing est "gonflé" au regard des perspectives des marché de la défense, qui se contractent considérablement. "Il y a des risques. Le Royaume-Uni a annulé des commandes, d'autres pays, dont les Etats-Unis vont suivre. Même si le marché américain de la défense restera toujours le plus gros marché de la planète, rien ne dit que BAE conservera ses parts de marché à l'avenir, d'autant plus si une partie de ses racines sont en France et en Allemagne", explique, à chaud, un analyste. Et d'ajouter : "sur les marchés intérieurs, le risque est en effet de devoir financer la R&D (Recherche et développement) tandis que sur les marchés émergents, le nouveau géant devra composer avec l'agressivité des groupes américains, mais aussi des acteurs locaux. En outre, depuis un à deux ans, BAE Systems est loin de générer le milliard de livres de cash comme il faisait jusque là chaque année. "Beaucoup d'investisseurs qui sont sur EADS ne veulent pas ce scénario", explique un analyste.

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