Défense : Saab propose des avions Gripen d'occasion à la Malaisie

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Copyright Reuters (Crédits : Bloomberg)
Le constructeur suédois Saab aurait proposé à la Malaisie des avions de combat en location. Une offre qui interviendrait au moment où Kuala Lumpur aurait déjà fait une présélection : Rafale de Dassault Aviation, Super Hronet F-18 de Boeing et de Typhoon du consortium Eurofighter.

La dernière offre du constructeur Saab crée un certain trouble en Malaisie, qui pourrait changer les règles du jeu de son appel d'offre international (Multi-Role Combat Aircraft) portant sur l'achat de 18 avions de combat neufs. Outre le Gripen, le Rafale de Dassault Aviation, le Typhoon (consortium Eurofighter), le Super Hornet F-18 (Boeing) et le Sukhoï Su-30MKM sont en compétition pour équiper l'armée de l'air malaisienne (Royal Malaysian Air Force - RMAF). Ainsi, le patron de la RMAF, Tan Sri Rodzali Daud, pourrait envisager une offre de leasing du constructeur suédois Saab dans le cadre de son programme de renouvellement d'une partie de sa flotte, selon la presse locale The Sun Daily. L'armée de l'air a ainsi planifié de retirer du service dix vieux 10 MiG-29N avant 2015.

Le chef d'état-major de l'armée de l'air a expliqué au "Sun Daily" que le leasing du JAS39 Gripen est "la solution la moins chère au regard des investissements énormes nécessaires pour l'achat de nouveaux avions de combat". Et de rappeler que le Gripen avait déjà été loué à des armées de l'air européennes. La Hongrie et la République tchèque (10) disposent en contrat de leasing jusqu'en 2015 et 2016 de 14 Gripen chacun. Pour autant, selon Rodzali, il n'y a rien de nouveau sur un tel accord.

Le Rafale dans la short-list ?

"L'avion respecte aussi toutes nos conditions dans le cadre de l'appel d'offre MRCA bien que j'admette qu'il est un peu en rayon d'action et en kérozène en raison de sa petite taille", a-t-il toutefois expliqué. Selon "The Sun", l'offre a été faite après que le Gripen et le Sukhoi auraient été éliminés après l'évaluation technique par des pilotes d'essai de la RMAF. Cette dernière aurait établi une short-list : le F-18, le Rafale et le Typhoon. Les Malaisiens étudieraient en outre les transferts de technologies proposées par les constructeurs. Une information qu'a démenti Rodzali. "Nous évaluons toujours tous les appareils", a-t-il assuré. Tout comme il a démenti avoir fait un classement technique des appareils, le Super Hornet de Boeing arriverait en tête des évaluations. Il a expliqué qu'il y aurait de nouvelles évaluations sur les forces et les faiblesses des appareils en compétition. Selon des sources concordantes, il faut rester très prudent sur les informations qui circulent en période préélectorale en Malaisie. "Il peut y avoir tout et son contraire et le gouvernement ne devrait laisser aucun indice sur sa préférence", explique-t-on à La Tribune.

Selon Rodzali, un facteur important pour le choix sera le coût de support, qui devra être le plus bas possible. "Si on voit le Super Hornet comme favori, c'est parce que nous en avons déjà huit en service", a-t-il précisé. D'une manière générale, les Malaisiens ont été déçus par le support des MiG-29 qu'ils considèrent comme trop onéreux. D'où la volonté de prendre en compte le coût de possession (achat, support, maintenance, démantèlement) pour l'acquisition d'un nouvel avion de combat.

Une offre qui arrange industriellement Saab ?

En dépit des contraintes budgétaires, le chef d'état-major de l'armée de l'air a assuré que le programme MRCA irait de l'avant. "Nous pourrions avoir besoin d'un budget spécial" a-t-il précisé. Il a également refusé de confirmer une information du "Sun Daily" selon laquelle l'armée de l'air ne pourrait finalement acquérir que douze avions de combat en raison des contraintes budgétaires si Kuala Lumpur choisit le F-18, le Rafale ou le Typhoon. Ce qui ne serait pas le cas, selon nos informations. Et conclure que la Malaisie achète de nouveaux avions de combat, c'est "à cause de l'écart capacitaire". "Nous devons assurer que nous sommes au même niveau que les autres pays, a-t-il estimé. Une autre raison est technologique. La technologie évolue rapidement. Nous ne pouvons pas nous permettre de rester derrière".

En cas de succès, l'offre de Saab en Malaisie devrait avoir un impact sur le plan industriel, notamment sur l'avenir d'une chaine de production de Gripen. Car si l'offre des Gripen d'occasion était acceptée par Kuala Lumpur, quel est l'intérêt pour le constructeur suédois de confirmer à Berne la livraison d'avions de combat neufs. Selon les experts, la fabrication de 22 Gripen neufs n'est pas viable sur le plan économique pour Saab. D'autant que la Suède a annoncé vouloir acquérir pour son armée de l'air "40 à 60" Gripen modernisés à partir de la version C/D (JAS 39C). "Pour chaque nouvel avion, il faudra un Gripen C/D", a d'ailleurs expliqué au quotidien suisse "Matin Dimanche", daté du 23 septembre, le porte-parole du ministère suédois de la défense, Johan Elmberg. "Nous faisons cela pour des raisons économiques et écologiques".

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