Et si Berlin avait flingué Cassidian, la filiale défense d'EADS

Cassidian, qui représente près de 12% du chiffre d'affaires d'EADS, est finalement plus en danger seule qu'adossée à un grand groupe de défense tel que BAE Systems. Berlin n'a-t-il pas précipité la vente de la filiale défense avec son refus de la fusion EADS/BAE Systems?

3 mn

Copyright Reuters

C'est l'une des leçons les plus paradoxales de l'échec du rapprochement entre EADS et BAE Systems. Alors que l'Allemagne a défendu bec et ongles les activités défense du groupe européen, principalement situées sur son sol, ces actifs regroupés dans Cassidian pourraient être finalement les plus menacés par l'échec des négociations entre les deux groupes. Car la filiale défense d'EADS n'a ni la taille critique, ni la cohérence dans ses différentes activités pour continuer à exister de façon autonome. "Nous allons devoir revoir la stratégie de notre groupe et de ses activités de défense en particulier", a d'ailleurs expliqué dès mercredi le PDG d'EADS, Tom Enders, dans un courrier adressé aux salariés. "Le sujet Cassidian reste entier", précise-t-on chez EADS. Et dire que l'Allemagne avait obtenu une "special share" et une holding nationale pour y placer et protéger certaines de ses activités de défense souveraines à l'image de la Grande-Bretagne (sous-marins nucléaires) et de la France (missiles balistiques nucléaires). Et pour y loger quoi? Des activités de torpilles et des radars...

Cassidian n'a "jamais trouvé sa vitesse de croisière"

Que représente Cassidian, qui a réalisé 5,8 milliards d'euros en 2011 (20.900 salariés), dont 1,2 milliard venant des 37,5% de MBDA? Soit 11,8% du chiffre d'affaires d'EADS, en baisse d'ailleurs par rapport aux résultats de 2010 (13% des ventes du groupe européen, 5,9 milliards de ventes). La filiale d'EADS, qui réalise 92% de son chiffre d'affaires dans la défense et 8% dans la sécurité, est présente dans les systèmes aériens (les avions de combat, de transport militaire, de mission et les drones), systèmes terrestres et navals, renseignement et surveillance, cybersécurité, communications sécurisées, systèmes d'essais, missiles et services et solutions de support. Cassidian détient 37,5% du missilier MBDA (37,5% BAE Systems, 25% Finmeccanica) et 46% d'Eurofighter GmbH (33% BAE Systems et 21% Finmeccanica). "Cette division n'a jamais véritablement réussi à trouver sa vitesse de croisière, explique Hélène Masson de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) dans une note. La multiplication des réorganisations internes depuis 2003 illustre d'ailleurs cette difficulté".

Quel avenir pour Cassidian?

Alors quel avenir pour Cassidian? EADS, qui s'est régulièrement interrogé ces dernières années sur sa filiale défense, va-t-il garder cette activité, qui aurait trouvé une place dans un rapprochement avec BAE Systems. EADS doit aujourd'hui se persuader à nouveau qu'il peut jouer un rôle pivot dans la consolidation européenne de la défense. C'était le cas avec BAE Systems. Autre inquiétude, Cassidian, l'un des trois actionnaires du consortium Eurofighter, est en train de perdre le contrat du siècle en Inde, qui a choisi en janvier dernier d'entrer en négociations exclusives avec Dassault Aviation pour la vente de 126 avions de combat. Ce qui met Cassidian en réelle difficulté, car faute de contrat export significatif et de la commande de la tranche 3B (124 appareils), les quatre chaînes d'assemblage de l'Eurofighter devraient fermer vers 2018. Toutefois, pour gagner à l'export, le Typhoon (version export) doit devenir un avion multirôle et se doter d'un radar à antennes actives (AESA). Ce qu'il n'est pas tout à fait encore avec une mission air-sol encore trop légère pour pouvoir exister à l'export. Le radar AESA devrait entre en service en 2015. Soit trois ans après celui du Rafale.

3 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 19
à écrit le 14/10/2012 à 15:53
Signaler
Mais est ce que Tom Enders n'a pas viré dernièrement un des grands patrons d'EADS Allemagne parce qu'il voulait vendre Cassidian, alors que le but de Captain Tom c'était de développer la défense? Après un tel fiasco, il faudrait peut être le rappele...

à écrit le 12/10/2012 à 21:49
Signaler
Arhhh Nein !!! C'est bien connu les français sont nuls et trop chers , il faudra garder les emplois Allemands et donc rapatrier au nom de la "parité" une grosse partie de la charge d'Airbus, Eurocopter et Ariane de France vers l'Allemagne ! C'est tou...

le 12/10/2012 à 22:53
Signaler
Ach Ya et il faut que ces andouilles de français continuent a acheter des bagnoles de luxe Allemandes (Deutche Qualitat) des robots Allemands , quitte à s'endetter sur 3 générations ! Mais or de questions de combler leur dettes ! Les Grecs se sont bi...

à écrit le 12/10/2012 à 12:45
Signaler
Et si les allemands etaient plus clairvoyants que nos politiques incompetents manipules par les grands groupes? ...pas possible la France est si ...forte? BAE est a son apogeee entreprise melamgeant les genres fonctionnaires et autres faisant des AR,...

le 12/10/2012 à 13:11
Signaler
Il me semble effectivement que BAE n'est pas une si belle boîte que ça. Pourquoi n'y a-t-il eu aucun article là-desssus?

le 12/10/2012 à 13:28
Signaler
La Tribune a très vite fait un article là-dessus : BAE a plus a gagné que EADS dans une fusion

à écrit le 12/10/2012 à 11:51
Signaler
Les indiens pourraient acheter US au lieu de rafale ou typhoon comme ce qu'ils ont fait dernièrement avec les hélicoptères.

le 12/10/2012 à 13:21
Signaler
Vous m'avez l'air d'être très bien informé car les avions américains, avec le russes et suedois ont justement été éliminés très vite de l'appel d'offre indien pour leur insuffisance (pour ne pas dire leur obsolescence vus que les F16 et F18 Super Hon...

le 12/10/2012 à 15:04
Signaler
Et les indiens voient d'un mauvais oeil le soutient américain au Pakistan ...

le 23/05/2014 à 19:31
Signaler
HP est comme beaucoup de société... ca a commencé par sa politique d investissement r&d proche du neant pour mieux distribuer du dividende... faute de quoi la perte de vitesse a commencé ! ensuite est venu le temps du réduction de cout (de personnel...

à écrit le 12/10/2012 à 11:29
Signaler
Dans les deux cas de figure possibles: d'une part l'adossement à BAE était générateur de restructurations et mauvais pour les allemands. D'autre part "lanterner"et c'est le cas c'est prendre le risque de minorer durablement la filiale militaire CASSI...

à écrit le 12/10/2012 à 11:10
Signaler
EADS détient déjà 46% de Dassult, voilà qui est une exceleente alternative. ils font des avions de comba plutôt bon. Manque la puissance dilpomatique du pays fabricant, la france à moin de poids que les US, ou l'europe... Si EADS est prêt à se conten...

le 12/10/2012 à 11:45
Signaler
Avant que la famille Dassault accepte de vendre ses parts je pense que vous pouvez vous accrochez....

le 13/10/2012 à 13:27
Signaler
D'autant que cet famille vient de racheter des parts pour passer à 51% après que Mitterand l'en a dépossédé. Toute notre défense aérienne repose de nouveau entre les mains d'une seule famille. Bravo les manigances dans ce pays.

à écrit le 12/10/2012 à 8:13
Signaler
Quel est le problème? Il existe d'autres groupes de défense avec qui s'allier, à racheter ou à qui vendre. Sauver, si tel est le cas, sa branche de défense justifiait-il de donner à un groupe en mauvaise posture, qui utilise l'argument (pour ne pas d...

le 12/10/2012 à 8:42
Signaler
Tout à fait d'accord. CASSIDIAN ne correspond pas au 'core business' d'EADS (Plateformes aéronautqiues et compétences d'intégrateur systèmes sur les dites plateformes), donc il semble assez évident que cette activité est vouée, soit à être vendue, so...

le 12/10/2012 à 11:43
Signaler
+1 très bonne analyse

le 12/10/2012 à 12:49
Signaler
+1 BAE en fin de course baisse budget armement, culture de la corruption et esprit fonctionnaire (pour l avoir pratique) en fait entreprise qui pourrait etre francaise..et des anglais qui nous appelle...on est niaiseux?....Sieur Montebourg a l aide

le 12/10/2012 à 13:00
Signaler
Cassidian étant le maillon faible d'EADS, quel groupe US, anglais, français, italien ou allemand pourrait être intéressé pour fusionner ou l'absorber ?

le 12/10/2012 à 21:09
Signaler
Je parie sur Rheinmetall et à la tête du groupe fusionné... Stefan Zoller

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.