Recomposition du capital d'EADS : c'est fait ! L'Allemagne entre en force

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EADS a annoncé un nouveau pacte d'actionnaires, composé de la France (12 % du capital) de l'Allemagne (12 %) et de l'Espagne (4 %). Ils n'auront pas de droit de veto individuel sur les choix opérationnels du groupe. Un rachat d'actions est prévu en 2013 pour faciliter le désengagement de Lagardère.

Douze ans après sa création, EADS va restructurer son capital et disposer d'un nouveau pacte d'actionnaires. Le groupe européen d'aéronautique et de défense l'a annoncé ce mercredi après bourse, en léger décalage par rapport à ce que d'aucuns prévoyaient lundi en interne, en raison de la multitude de détails juridiques à régler, sur le plan de la rédaction notamment.

Renforcement des Etats

Ficelée un mois et demi après l'échec des négociations sur la fusion entre EADS et BAE Systems, cette restructuration du capital (et le nouveau pacte d'actionnaires qui en découle) marque le renforcement des Etats au sein d'EADS. En particulier de l'Allemagne qui est parvenue non seulement à entrer au capital comme elle le souhaitait mais aussi à obtenir la parité avec la France, contrainte de devoir vendreà terme 3 % du capital. Après avoir torpillé la fusion EADS et BAE Systems, Berlin donne ainsi la désagréable impression de façonner le groupe d'aéronautique et de défense comme elle le souhaite.

L'Allemagne, à travers la banque publique Kfw, va entrer à hauteur de 12 % dans le capital du groupe, à parité avec la France qui, possédant aujourd'hui 15 %, devra se séparer de 3 %. Ce volume d'actions sera placé dans une fondation néerlandaise. Il devra être vendu d'ici à deux ans. Enfin, l'Espagne détiendra environ 4 % des actions. Au total, ces trois Etats, qui seront réunis dans un nouveau pacte d'actionnaires qui entrera vigueur en 2013, possèderont moins de 30 % du capital. Beaucoup moins que les 50 % des actionnaires de référence actuels, la France, Lagardère, Daimler. Souhaitant sortir d'EADS, ces deux derniers ne seront donc plus membres du pacte.

Les actionnaires de référence en dessous de 30 % du capital.

Ce nouveau pacte est obligatoire pour répondre aux volontés allemandes. Il lui évite de lancer une OPA sur le reste du capital comme l'y oblige le pacte actuel. En effet, ce dernier exige que tout actionnaire entrant au capital avec des droits attachés à sa présence dans le pacte d'actionnaires, lance une OPA sur le reste du capital conformément au droit néerlandais (EADS est une société de droit hollandais). Cette condition n'est pas obligatoire si l'actionnaire en question ne veut pas de droits. Ce qui n'est pas le cas de l'Allemagne. Pour autant, ce nouveau pacte doit respecter un point crucial : que la participation globale de ces trois Etats ne dépasse pas 30 % du capital du groupe pour éviter de devoir lancer une OPA obligatoire sur le reste du capital. C'est la clé de voûte de la nouvelle répartition du capital. Elle devra être respectée à l'avenir.

Tout nouvel actionnaire ne pourra dépasser 15 % du capital

Pour préserver le caractère européen d'EADS (cher aux Etats) et préserver le groupe de toute OPA hostile, les négociateurs ont trouvé une parade en s'inspirant de l'accord prévu avec BAE. Il sera écrit dans les statuts du groupe que la majorité des administrateurs au conseil d'administration et des membres du comité exécutif soient européens. Le président du conseil d'administration et le directeur général devront l'être également. En outre, il sera également inscrit que tout nouvel actionnaire ne pourra détenir plus de 15 % du capital et des droits de vote. Toutes ces dispositions ne pourront être modifiées que si elles sont votées à plus de 75 % des voix en assemblée générale. Mais comme les Etats possèderont 30 % des voix, ils auront un pouvoir de blocage. D'autant que, sur toutes ces clauses spécifiques, les trois Etats ont décidé que si l'un d'eux devait voter contre, tous devaient de le suivre. Une sorte de droit de veto collectif.

Absence de droit de veto individuel

En échange, les Etats sont prêts à relâcher leur mainmise sur EADS en acceptant une gouvernance un peu moins dépendante des actionnaires. L'Allemagne a traîné les pieds. Cela passera par l'absence pour les Etats de droit de veto individuel sur les choix opérationnels de la direction. Mais aussi par l'impossibilité qui leur sera faite de nommer directement les administrateurs. Sur le plan des hommes, rien ne change. Le président exécutif Tom Enders est confirmé dans ses fonctions. "C'est aujourd'hui un grand jour pour EADS! Nous réalisons un bond en termes de gouvernance, le plus important changement depuis la création de notre entreprise. A l'avenir la stratégie et les projets industriels seront uniquement définis et décidés par le conseil d'administration et le comité exécutif, tandis que les opérations seront gérés sans l'interférence extérieure d'actionnaires ou de concerts d'actionnaires particuliers", a déclaré Tom Enders.

Rachat d'actions

Enfin, pour faciliter la sortie des actionnaires privés, Daimler et Lagardère, lesquels devraient chacun céder un bloc d'actions de 7,5 %, d'ici à la fin de l'année pour le groupe allemand, en 2013 pour le groupe français. Lagardère pourra notamment vendre ses parts à travers un rachat d'actions par EADS prévu en 2013. Ouvert en théorie à tous les actionnaires, ledit rachat d'actions à concurrence de 15% du capital émis, pourra permettre essentiellement à Lagardère de vendre.

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Commentaires
a écrit le 26/01/2013 à 13:08 :
C est surement unr bonne mesure pour eads. On verra a l avenir si c'.est vraiment unr bonne nouvelle pour les salaries.
Réponse de le 26/01/2013 à 14:27 :
Ils sont très vilains, ces Allemands, ils exportent et "obligent" les autres d'achter leurs produits. Non, mais....
a écrit le 06/12/2012 à 13:15 :
Arrêtons de critiquer l'Allemagne. Les Français ne sont jamais les premiers à aller de l'avant et se plaignent sans cesse. La situation critique de notre économie n'est que le reflet de notre mentalité. Il faudrait des gens forts pour redresser notre pays. Qu'on redévienne enfin compétitif face à l'Allemagne sans essayer de trouver les solutions de facilité: à nous d'exporter plus!
a écrit le 06/12/2012 à 7:21 :
Manifestement Cher Truk, la nostalgie de la grande Allemagne émeut encore certains de nos "concitoyens" (en deux mots). Avec des "concitoyens" comme ceux là, la France n'a décidément pas besoin d'ennemis ...
a écrit le 06/12/2012 à 7:11 :
Ben allez-y à Hambourg ! Nous on profitera du calme provincial de Toulouse ! Et puis tenez : essayez d'obtenir la nationalité allemande, qu'on rigole ...
a écrit le 06/12/2012 à 6:59 :
Le pillage de notre aéronautique par les Allemands continuent. Déjà, la parité entre DASA et Aérospatiale-Matra était une farce inouïe. Mais aujourd'hui, l'on va encore plus loin dans le sacrifice absurde. La construction européenne, c'est la jolie formule qui masque le vrai phénomène en cours : l'asservissement par l'Allemagne de ses voisins, consentants idiots. Cette tendance allemande, logique d'ailleurs, avait - croyait-on - disparu après guerre. Que nenni, elle est toujours là, mais déguisée. Les mauvaises herbes ont la vie dure.
Réponse de le 06/12/2012 à 8:31 :
@Truk et SANOFI? Il y a un seul peuple honnête, sincère, travailleur qui comprends parfaitement l'économie au monde, vous devinez qui est ce peuple là???
Réponse de le 06/12/2012 à 9:25 :
Honnête, le peuple allemand ? Sans doute. Honnête, le monde industriel allemand ? Certainement pas : les affaires de corruption ayant affecté VW, Daimler, BMW, Siemens, Eurofighter GmbH, Continental, Porsche (et oui, tout ça !) ces dernières années ont largement ouvert les yeux des plus naïfs sur le sujet. Le mythe de l'Allemand propre, travailleur et discipliné a la vie dure. Pour y avoir travaillé, ce n'est pas si simple.
a écrit le 06/12/2012 à 5:07 :
Bonnes affaires en vue.
a écrit le 06/12/2012 à 1:37 :
Hambourg est une ville extraordinaire, cosmopolite, ouverte sur le monde, avec l'une des meilleures vie nocturnes et scène gastronomique d'Europe. Désolé mais Toulouse, à côté, n'est qu'une grosse ville provinciale au climat très agréable. bit.ly/Rcnm41 http://t.co/QnnSW5c0
Réponse de le 06/12/2012 à 5:11 :
A croire que l ouverture au monde n interesse personne .
a écrit le 05/12/2012 à 23:06 :
La presse française clame à qui veut l'entendre que l'Allemagne met la France à ses ordres, je crois au contraire qu'EADS gagne en indépendance, une indépendance qui l'a conduit à déplacer le siège social à Toulouse. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard, les cadres allemands d'EADS font la queue pour venir chez nous. Entre Hambourg et Toulouse, le choix est (très) vite fait quand on cherche un endroit agréable où s'installer. L'élément qu'il faut surveiller si on parle des positions allemandes et françaises, c'est le partage industriel. A ce jeu, les allemands semblent avoir un point (base 100) de plus que nous sur ce tableau, un écart qui aurait diminué depuis l'an dernier. Sinon, en parlant d'emplois dans l'industrie aérospatiale, la France reste le leader Européen, puisque l'Allemagne n'a pas de champions comme Thalès, Dassault, SAFRAN ou SNECMA... et chacun sait que ces sociétés ont des carnets de commande bien garnis... par les commandes du groupe EADS.
Réponse de le 05/12/2012 à 23:39 :
Entre Hambourg et Toulouse, le choix est (très) vite fait quand on cherche un endroit agréable où s'installer.

Ah bon vous connaissez Hambourg? Certes il y fait froid, mais c'est riche et propre, pas comme Toulouse. A toulouse l'été il y fait presque trop chaud, et c'est très embouteillé.

Après chacun son truc, Hambourg est une ville moderne, Toulouse une ville plus anciennce.

Mais c'est pas non plus comme choisir entre Dacca au Bengladesh et Toulouse lol! Faut arrêter de croire que la France est supérieure en tout mon ami!
Réponse de le 06/12/2012 à 0:23 :
Cher Chris,
Pour connaître les deux villes et des personnes qui ont fait le choix de passer de l'une à l'autre, de nationalité allemande comme française, j'ai observé que les personnes concernées faisaient en général le choix de Toulouse plus que celui de Hambourg. Et les allemands ne sont pas en reste, croyez-moi. Je n'invente rien, et c'est une erreur de votre part que d'affirmer que je crois que "la France est supérieure à tout". Toulouse est une ville attractive, Hambourg aussi, les deux recettes ont leurs avantages et leurs inconvénients... enfin, pour l'argument (discutable) de la température, je ne surprendrai personne en disant qu'il fait froid à Hambourg et que le climat y est bien moins agréable qu'à Toulouse, en toute saison. Enfin, vous pourrez toujours poser la question à Enders ou au directeur commercial d'Airbus, qui ont choisi Toulouse, et non Hambourg ou Münich, ou au millions de touristes allemands qui visitent notre pays chaque année...
Réponse de le 18/03/2013 à 10:37 :
Beaucoup de touristes français visitent Moscou tous les ans !!!
a écrit le 05/12/2012 à 22:36 :
Pour faire un couple, il faut être deux ! La géographie est têtue et les allemands regardant toujours vers l'est, c'est avec la Russie qu'ils noueront un partenariat stratégique.
Réponse de le 06/12/2012 à 5:15 :
L important c est que nos elites se croient indispensables. On a toujours besoins de bons collaborateurs
Réponse de le 06/12/2012 à 6:03 :
@ Couple
La question est de savoir si la russie veut faire couple avec l'Allemagne?
La Russie a l'embarras du choix et croyez moi, ils sauront faire jouer la rivalité.
La Chine et le Japon sont aussi candidats et ont tout aussi besoin de matière première que l'Allemagne. Le marché russe est tout aussi interessant pour eux que pour l'Allemagne (ou la France, l'Italie, voir South stream et autres)
a écrit le 05/12/2012 à 22:23 :
Le 8 mai 1845 à Berlin,
Réponse de le 05/12/2012 à 22:33 :
"Deutschland über alles" est de retour
Réponse de le 06/12/2012 à 5:16 :
Non' il est la.
Réponse de le 06/12/2012 à 16:53 :
et il y avait quoi le 8 mai 1845 a Berlin?
a écrit le 05/12/2012 à 22:22 :
Pas d'accord. Suis français mais assez germanophile - tout ce qui rapproche France et Allemagne et pousse les deux pays à travailler ensemble me paraît souhaitable. J'aimerais que les "joint ventures" se multiplient entre ces deux grands pays, et encourage le développement et l'intégration économique, culturelle et politique européenne.
Réponse de le 06/12/2012 à 5:20 :
C est beau l espoir mais tu manques de realisme devant les buts.
a écrit le 05/12/2012 à 22:20 :
On se demande vraiment quand les politiques, le patronat et les syndicats vont enfin comprendre que le pays est en guerre économique et que l'on est sur le point de se faire bouffer par les USA, l'Allemagne, la Chine, l'UK et bien d'autres ?.!
a écrit le 05/12/2012 à 22:00 :
Le 8 mai 1945 à Berlin, le General Keitel, commandant des forces allemandes, présenta à l'Union soviétique la capitulation de l'Allemagne, après avoir fait remarquer, à haute voix :
« Ah ! Les Français sont là aussi ! Il ne manquait plus que ça ! ». Ses compatriotes éprouvent encore aujourd'hui le même sentiment a notre égard et ce n'est pas le cas EADS qui va les faire changer d'avis. Pauvre France!!
Réponse de le 28/01/2013 à 0:22 :
Houai ! par la bonne volonté des Alliés .... et de Moscou qui a assouplit son attitude , que De Lattre a signé à titre de "témoin" .
7 mai signature à Reims de la reddition inconditionnelles de toutes les forces allemandes par le Gal Jodl
A Berlin, la ratification à 0h 10 le 9 mai , par le maréchal Keitel , de la capitulation laquelle suivant les termes de Reims est déjà entrée en vigueur la veille à 23h 01
a écrit le 05/12/2012 à 21:51 :
c est peut etre la contrepartie au regroupement d EADS a Toulouse
a écrit le 05/12/2012 à 21:49 :
Tout cela resemble a une deculottee magistrale encaissee par la France. Quant on a un avantage strategique sur un pays comme l'Allemagne on le preserve nous n'avons rien appris de l'histoire.Il s'agit bien de guerre economique.
a écrit le 05/12/2012 à 21:49 :
comme en 39 ^^
la France soumise
Quand on pense qu ils ont profité de notre savoir faire d aérospatiale
a écrit le 05/12/2012 à 21:00 :
jamais on aurait du faire rentrer le loup dans la bergerie, grosse erreur
Réponse de le 05/12/2012 à 22:48 :
d accord
a écrit le 05/12/2012 à 20:29 :
Et qui sait, peut-être même M.Mittal est un allemand déguisé!
a écrit le 05/12/2012 à 20:15 :
Qu'est ce qu'on s'est poilé avec Nicolas ! Surtout quand il faisait sans arrêt le voyage de Berlin pour claquer la bise à la grosse !
a écrit le 05/12/2012 à 19:11 :
Au delà de la question du rééquilibrage de la relation capitalistique entre la France et l'allemagne dans EADS , faut-il voir dans ce mouvement remarquable et remarqué, l'habileté maneuvrière de ce "président pour rire", qui termine toutes ses négociations par des "Bérésina" tant morales que financières, tant il a peu de capacités à faire valoir son point de vue. Mais en a-t-il seulement un ?
Réponse de le 05/12/2012 à 19:47 :
Il faut surtout y voir la remarquable constance et la cohérence des allemands à défendre leurs intéréts, quand en effet les politiciens à vie comme le président Sarkozy amusent la galerie !
Réponse de le 06/12/2012 à 5:27 :
C est qu on ait des grands strateges economiques parce/que nous les francais avons la chance d etre les plus intelligents. On a meme une ecole pour ca. Pauvres etrangers qui n ont pas cette opportunite :-)
a écrit le 05/12/2012 à 18:50 :
Avec des amis comme les allemands, les français n'ont pas besoin d'ennemis ...

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