Salon du Bourget : Embraer vole la vedette à Airbus et Boeing

 |   |  590  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le constructeur brésilien d'avions régionaux a frappé un grand coup au premier jour du salon du Bourget en lançant sa nouvelle famille d'avions de 80 à 130 sièges avec 365 commandes et intentions d'achat. Les premières livraisons débuteront à partir de 2018.

Avec Airbus qui a frappé un grand coup en signant un protocole d'accord pour 20 A380 avec le loueur d'avions Doric, c'est Embraer qui a fait sensation ce lundi pour la première journée du salon aéronautique du Bourget. Le constructeur d'avions brésilien a non seulement annoncé le lancement de sa nouvelle famille d'avions régionaux sur le segment des avions de 70 à 130 sièges, mais il a accompagné cet événement d'une série de commandes impressionnantes émanant de poids lourd du secteur : 365 commandes fermes et options et lettres d'intention signés avec Skywest (200 dont 100 fermes), l'un des leaders du transport régional américain, ILFC, la puissante société de leasing américaine (100 dont 50 fermes), et cinq autres compagnies d'Asie, d'Europe, d'Afrique et d'Amérique latine (lettre d'intention pour 65 exemplaires) qui ont requis l'anonymat. Et ce n'est pas fini. D'autres commandes pourraient être faites cette semaine pour cet appareil, dont les premières livraisons sont prévues à partir de 2018.

Nouvelle motorisation

Un feu d'artifice, qui intervient quatre jours seulement après l'approbation par le conseil d'administration de ce projet. « Le feu vert a été donné le 13 juin dernier », a expliqué le PDG d'Embraer, Frederico Fleury Curado. Pour remplacer sa famille actuelle qui a rencontré un vif succès (plus de 1.200 commandes) depuis son lancement en 1999 (4 versions), le constructeur va lancer trois appareils. L'E175-E2 légèrement plus grand que la première version (80 sièges contre 76), l'E190-E2 de la même capacité que son prédécesseur (97 sièges mais qui peut aller jusqu'à 106 sièges) et l'E195, légèrement plus grand lui aussi (118 places contre 106 et pouvant aller jusqu'à 132 sièges).

Avec une nouvelle motorisation de Pratt&Whitney (GTF, geared turbofan) et une nouvelle aile, Embraer promet une réduction de la consommation de carburant de 16 à 23 % par rapport à la famille d'Embraer actuelle (selon les versions). C'est la version 190 qui sera livrée la première en 2018, suivie en 2019 par la version 195, puis la plus petite d'entre elles (E175) en 2020. De quoi conforter son leadership sur le marché des 60-120 sièges, sur lequel Embraer revendique 42 % du marché.

Complémentaire d'Airbus et de Boeing

L'an dernier, Embraer avait renoncé à défier Airbus et Boeing sur le bas de leur gamme moyenc-courrier (A318-A319, B737-500 et 600), comme l'a fait Bombardier en lançant le C-Series, capable d'accueillir 149 sièges, voire 160 dans une version densifiée. Le constructeur d'avions brésiliens avait lui aussi étudié la possibilité de lancer un nouvel appareil capable de transporter entre 130 et 160 passagers.

Une décision sage, prise au regard de l'époustouflant succès de l'Airbus A320neo et du B737 MAX, les moyen-courriers remotorisés des deux géants du secteur qui, lancés fin 2010 et en juillet 2011, qui croulent sous les commandes, en particulier l'A320neo, qui possède 60 % des commandes sur ce segment.

L'exemple du C-Series

Une déferlante qui n'est pas étrangère aux difficultés commerciales du C-Series de Bombardier « Quand nous avons vu les très fortes commandes d'A320neo et de B737 MAX, les difficultés du C-Series et l'investissement nécessaire au lancement d'un nouvel appareil, nous avons préféré nous concentrer sur le maintien de notre leadership sur le segment des appareils de 70 à 120 sièges », déclarait l'an dernier un cadre d'Embraer. Aujourd'hui, le constructeur la joue toujours profil bas vis-à-vis d'Airbus et de Boeing. « Notre nouvelle famille d'avions complète les appareils narrow body (avions moyen-courriers de type A320 et B737, ndlr) », explique le PDG d'Embraer. 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 18/06/2013 à 15:14 :
j'ai déjà pris un de leurs avions aux états unis et ils sont bien confortables
a écrit le 18/06/2013 à 9:16 :
Bravo à eux et à la clairvoyance de leurs dirigeants sur leur choix stratégique.L'aviation civile est un très gros marché il n'y a pas de raison qu'il n'y ait que deux ou trois pays à se le partager.
Réponse de le 21/06/2013 à 15:58 :
Ces commandes font aussi partie du choix stratégique des fabricants nord-américains qui placent en contrepartie leurs moteurs (finalement Pratt Whitney au lieu des européens envisagés) et ensuite leurs avions de chasse (F-18 voire F-35).
a écrit le 18/06/2013 à 9:15 :
Pour ATR, car il y a du potentiel pour les avions de 90 a 130 places !!
Réponse de le 21/06/2013 à 17:53 :
Ce n'est pas tout a fait comparable car ATR est sur un creneau d'avion turbo prop et non Jet. Pour les operateurs le cout d'utilisation des avions n'est pas du tout du meme ordre de grandeur.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :