Le satellite Sentinel-1A, les yeux de l'Europe pour l'observation de la Terre

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Le lanceur russe Soyuz a mis sur orbite Sentinel-1A, le tout premier satellite du programme d'observation de la Terre européen du programme Copernicus
Le lanceur russe Soyuz a mis sur orbite Sentinel-1A, le tout premier satellite du programme d'observation de la Terre européen du programme Copernicus (Crédits : DR)
Le lanceur russe Soyuz a mis jeudi soir sur orbite le premier satellite d'observation de la Terre européen du programme Copernicus.

Nouveau succès pour Arianespace. Le troisième de l'année. A partir du Centre spatial guyanais (CSG), le lanceur russe Soyuz a mis sur orbite Sentinel-1A, le tout premier satellite du programme d'observation de la Terre européen du programme Copernicus (anciennement GMES). Dans le cadre de ce programme, le satellite Sentinel-1A apportera pendant sept ans "une contribution décisive aux besoins de l'Europe en matière de surveillance pour l'environnement et la sécurité", a expliqué Arianespace dans un communiqué publié jeudi soir. Il contribuera en particulier à l'observation des milieux terrestres et marins, ou encore à la gestion de crise en cas de catastrophe naturelle.

Ce programme est coordonné par la Commission Européenne et l'Agence Spatiale Européenne (ESA) est en charge de la composante spatiale. Sentinel-1A, construit sous la maîtrise d'œuvre de Thales Alenia Space (TAS), assurera la continuité des mesures radar recueillies par les satellites ERS et Envisat et fournira des images de la Terre 24 heures sur 24, par tous les temps et, pour certaines, dans un délai inférieur à 1 heure. Pour cela, il emporte le radar C-SAR construit par Airbus Defence & Space (ADS) et un récepteur GNSS, utilisé pour les besoins de l'exploitation et pour l'orbitographie de précision à partir du sol.

Indépendance européenne

La constellation de deux satellites, Sentinel-1A et 1B, sera chargée de balayer la totalité de la surface terrestre tous les six jours. Ce qui permettra d'atteindre le principal objectif de Copernicus : assurer l'indépendance de l'Europe dans l'acquisition et la gestion de données environnementales de la Terre. Les satellites Sentinel 1 sont destinés à de nombreuses applications d'observation environnementale : la surveillance des glaces en mer, la détection des navires et icebergs, la détection des déversements d'hydrocarbures, l'observation des vagues, des courants océaniques et des vents de surface de la mer, la classification de la couverture terrestre, la surveillance de l'affaissement de la surface terrestre ainsi que la gestion des risques et urgences… Par exemple, l'observation de la fonte des glaces au Groenland devrait permettre de fournir des informations pour aider à établir des conclusions concernant l'élévation du niveau de la mer.

Le programme Copernicus a également un volet Sécurité. Ces applications sont en cours de développement. Trois priorités ont été définies : la surveillance des frontières extérieures de l'Union Européenne, le soutien des missions de l'UE hors de ses frontières et la surveillance. Il permettra en outre le déploiement rapide et efficace des secouristes lors de situations de crise humanitaire, de catastrophes naturelles ou toutes autres situations d'urgence. La gestion de ce type d'événements nécessite des informations régulières et détaillées sur la zone concernée, ainsi que sur la nature et l'étendue des dommages. Ces données peuvent être fournies par le service Copernicus Emergency Management.

Soyuz, le lanceur des satellites institutionnels de l'Europe

Le lancement de Sentinel-1A constitue un nouveau succès pour Soyuz en Guyane, une coopération spatiale emblématique entre la France, l'Europe et la Russie. Les deux autres satellites Sentinel seront toutefois lancés par le petit lanceur italien Vega. La date de livraison de Sentinel-1B à l'ESA est prévue au dernier trimestre 2015. Deuxième satellite de la mission Sentinel 1, il est actuellement en cours d'intégration dans les salles blanches de TAS à Rome. Le satellite, Sentinel-3A est, quant à lui, sur le point d'achever la première phase de tests et d'intégration.

Soyuz se partagera avec Ariane 5 le lancement des 14 satellites Galileo. Le programme Soyuz a déjà permis la mise en orbite de quatre satellites Galileo en 2011 et 2012. Avec Soyuz au CSG, « l'Europe dispose d'un lanceur moyen parfaitement complémentaire d'Ariane 5 et de Vega », a rappelé Arianespace. Sept nouveaux lanceurs Soyuz ont été commandés par Arianespace à l'Agence spatiale fédérale russe Roscosmos, portant à 16 le nombre total de lanceurs à lancer depuis le Centre Spatial Guyanais. Les besoins des clients institutionnels et commerciaux d'Arianespace pour des lanceurs Soyuz sont ainsi couverts jusqu'à l'horizon 2019.

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Commentaires
a écrit le 16/12/2015 à 19:52 :
J'espère que les satellites sentinelle 1C et 1D commandé à TAS seront lancé par une fusée européenne à Kourou en Guyane.
a écrit le 05/04/2014 à 10:51 :
ils feraient mieux de la regarder de plus près l'Europe, car elle se la casse mal!
a écrit le 04/04/2014 à 21:21 :
On apprend que Arianespace vient de commander sept fusées Soyuz à la Russie. Or la NASA vient d'interrompre cette semaine sa coopération avec la Russie. La France, fait-elle un double-jeu avec les US et la Russie, est-ce que notre pays fait mine d'imposer des sanctions envers la Russie tout en trompant les US et l'OTAN ?
a écrit le 04/04/2014 à 18:53 :
Il faut profiter du lanceur russe, peut-être ce sera le tout dernier, Laurent Fabius ne va pas tarder à y mettre son veto.
a écrit le 04/04/2014 à 12:40 :
Dites-le vite à Fabius, qu'il casse cette coopération ave les Russes qui marche si bien ....
a écrit le 04/04/2014 à 12:06 :
Cela tombe à pic pour observer les Russes qui n'en font qu'à leur tête, avec leurs chars et leurs missiles qu'ils déplacent sans cesse . On pourra mieux les contrer et leur enlever l'envie d'envahir l'Europe naissante en plein développement vers l'Est jusqu'à la Géorgie .
Réponse de le 04/04/2014 à 13:57 :
Et cela grâce en partie à leur matériel! Quelle ironie...
Réponse de le 04/04/2014 à 18:55 :
Vous ne croyez pas que les Russes ils ont eux aussi leur satellites aussi performants voir plus pour nous observer ? balivernes...
Réponse de le 04/04/2014 à 20:07 :
Sentinel 1A emporte un SAR de 5 à 25 m de résolution, totalement inadapté à une mission d'observation telle que vous l'imaginez. Pour regarder de l'autre côté il y a déjà une pléïade (sans jeu de mots) de satellites optiques avec des résolutions bien mieux adaptée. Qui plus est, même avec un SAR il est relativement aisé de descendre largement sous le mètre de résolution ce que ne fait pas cet instrument.

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