Satellites : Airbus Space Systems boosté par la propulsion électrique

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Airbus Space Systems gagne son deuxième satellite qui utilisera la propulsion électrique pour sa mise à poste sur l’orbite géostationnaire
Airbus Space Systems gagne son deuxième satellite qui utilisera la propulsion électrique pour sa mise à poste sur l’orbite géostationnaire (Crédits : Airbus Space Systems)
La division spatiale d'Airbus Group a vendu son deuxième satellite qui utilise la propulsion électrique pour sa mise à poste sur l'orbite géostationnaire. C'est Arianespace qui lancera ce satellite grâce à un prix à faire pâlir son concurrent américain SpaceX.

Et de deux ! Airbus Defence & Space a remporté un contrat auprès de l'opérateur européen Eutelsat pour la construction d'un nouveau satellite de télécoms de 3,5 tonnes, Eutelsat 172B, qui utilisera la propulsion électrique pour sa mise à poste sur l'orbite géostationnaire et de maintien à poste du satellite. La division spatiale d'Airbus Group remporte son second satellite dans cette nouvelle configuration. En outre, c'est Ariane 5 ECA qui a été sélectionnée pour le lancer au premier semestre 2017 grâce à sa nouvelle coiffe. Ce contrat est donc une grande première pour l'industrie spatiale européenne.

Disposant de plus de volume, cette coiffe, financée par la France et la Suisse, sera disponible dès le deuxième semestre 2015. Ce satellite est parfaitement adapté à la position basse d'Ariane 5. Ce qui a permis de réduire considérablement le prix de lancement. Au point que comme certains l'assurent Arianespace aurait été moins cher que son redoutable rival américain SpaceX, l'actuel champion du dumping.

Airbus, leader dans les satellites électriques

"Cette nouvelle commande renforce la position de la défense et de l'espace Airbus comme un chef de file mondial dans le domaine des satellites électriques", a expliqué le directeur général de Space Systems, François Auque, cité dans le communiqué d'Airbus Space Systems publié jeudi matin. "Nous sommes les premiers en Europe, et même le premier dans le monde, afin de démontrer la propulsion électrique des satellites de cette taille, a déclaré  le chef de programmes Space Systems, Eric Béranger également cité dans le communiqué. Notre expertise ouvre la voie pour le lancement de satellites puissants et complexes de la manière la plus rentable".

"Grâce à l'économie de masse qu'elle rend possible, cette technologie permet à ce satellite de haute puissance (13 kW) d'être placé en position basse sous la coiffe d'Ariane 5 et, ainsi, de diminuer son prix de lancement", a confirmé jeudi Eutelsat dans un communiqué publié jeudi matin. L'opération de mise en orbite devrait durer environ quatre mois. "Eutelsat 172B, qui associe trois charges utiles, la propulsion électrique et une répartition dynamique de la puissance, témoigne de l'importance que nous accordons à l'innovation, pour le bénéfice de nos clients, et permet un changement de braquet au sein de l'industrie satellitaire", a estimé le PDG d'Eutelsat Michel de Rosen, cité dans le communiqué d'Eutelsat. Notamment l'industrie satellitaire européenne.

Un deuxième succès en un mois

Le numéro deux mondial des technologies spatiales a aussi récemment remporté un contrat avec SES, l'un des principaux opérateurs de satellites dans le monde, pour concevoir et réaliser un satellite de télécoms haute puissance particulièrement innovant, qui sera lui aussi lancé en 2017. Tout comme pour le satellite d'Eutelsat, "il reposera sur la plateforme ultra-fiable Eurostar E3000 d'Airbus Defence and Space, dans sa toute nouvelle version EOR (Electric Orbit Raising), qui utilise exclusivement la propulsion électrique pour le transfert de mise à poste, mettant à profit la réduction de masse que permet cette technologie au bénéfice d'une charge utile de taille exceptionnelle", avait alors expliqué Airbus Space Systems dans son communiqué du 17 juillet.

Cité dans le communiqué, le directeur général de Space Systems, François Auque, avait alors expliqué que son groupe utilisait "la propulsion électrique pour le maintien à poste depuis maintenant 10 ans, avec 10 satellites Eurostar E3000 dotés de cette technologie, et nous la proposons désormais pour la mise à poste également. Sur SES-12, le gain de masse résultant nous permet d'implanter sur un seul satellite deux missions de grande capacité qui représentent l'équivalent de deux satellites conventionnels".

Des financements venus du Programme d'investissements d'avenir

La secrétaire d'Etat chargé de l'Espace Geneviève Fioraso avait obtenu l'année dernière dans le cadre du programme d'investissements d'avenir 2 (PIA 2) une enveloppe de 50 millions pour l'espace. Ce montant permet de financer pour moitié une partie du développement d'une nouvelle coiffe pour Ariane 5 et pour l'autre moitié un programme de propulsion électrique pour les satellites.

S'agissant de la propulsion électrique pour les satellites, les deux constructeurs français - Airbus Space Systems et Thales Alenia Space - avaient pris du retard sur Boeing notamment avec son nouveau satellite 702SP, le premier satellite commercial de télécoms à propulsion uniquement électrique.

Un satellite pour la région Asie-Pacifique

Selon Eutelsat, ce nouveau satellite multi-missions, qui permettra de remplacer de manière anticipée le satellite 172A, offrira une continuité de services et une capacité additionnelle à la position orbitale 172° Est d'Eutelsat, qui constitue d'ores et déjà une plateforme de choix dans la région Asie-Pacifique.

Eutelsat 172B embarquera des charges utiles en bande C et en bande Ku ainsi que la première charge utile multifaisceaux en bande Ku de la région Asie-Pacifique. "Déjà sélectionnée par Panasonic Avionics Corporation, cette charge utile servira de plate-forme de croissance privilégiée à l'entreprise, pour ses services en vol de haut débit et de télévision en direct destinés aux compagnies aériennes desservant l'Asie-Pacifique", a précisé Eutelsat.

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a écrit le 23/08/2014 à 14:45 :
Dire que le transfert electrique permet d'accéder à des coûts de lancement moindres sur Ariane que sur Falcon9 est juste faux : la masse au lancement de 3,5 tonnes n'est pas un hasard : certes c'est la masse qui vient compléter à peu près les "vieux gros" (qui vont tendre à disparaitre) de la position haute Ariane, mais c'est aussi et surtout la masse au lancement qui conduit au même besoin d'incrément de vitesse sur Falcon 9 ( en version supersynchrone : apogée de 90 000 km ), et c'est là tout le génie de SpaceX. Avec ce choix, les opérateurs peuvent mettre en concurrence directe sur un même satellite Falcon 9 level 1 (la version la moins chère, celle qui se réserve la capacité de ramener le premier étage pour le réutiliser : 62 M$ , cf leur site) avec Ariane position basse ( prix pas vraiment public, mais bien supérieur il semblerait ).
Ceci qui plus est avec plusieurs avantages pour SpaceX , en plus d'un prix bien moins élévé : une coiffe bien plus grande , un lancement simple (le client n'est pas soumis aux aléa d'un copassager en plus des siens et de ceux du lanceur ), et pour couronner le tout, un temps de transfert vers la GEO plus court (en effet , avec Ariane et une apogée GTO , la portion d'arc orbital efficace et utile est réduite ). Ainsi c'est tout le contraire : la propulsion electrique pour le transfert est en faveur de SpaceX. Même si EUtelsat a joué la carte EUropéenne, ce qui est tout à son honneur. On verra bien si SES en fera autant avec SES12 : si ils peuvent avoir un Falcon, il est clair que sera pour SpaceX : c'est ici pas la même philosophie : profit oblige, et au diable l'Europe !
a écrit le 31/07/2014 à 19:41 :
Il faudrait peut être clairement expliquer que la réduction de masse du satellite autorisée par la propulsion électrique permet de faire un tir double sur A5 ce qui divise effectivement le prix par satellite par deux.
Pour commentaires: la propulsion électrique consiste à utilsier un champ électrique pour accélérer un gaz ionisé au lieu de le chauffer avec un propulseur classique. L'intérêt provient de l'impulsion spécifique élevée qui permet de réduire la masse du sous système de mise à poste.
a écrit le 31/07/2014 à 19:11 :
Un papier sur la propulsion électrique des satellites sans un mot pour dire ce que c'est.
Un aspect du mal français: absence d'intérêt pour les sciences et techniques.
Réponse de le 31/07/2014 à 19:34 :
faut lire air & cosmos pour avoir des articles techniques, pas La Tribune, journal économique et financier (pas technique)
Réponse de le 23/08/2014 à 14:55 :
quand on tape E172B dans le moteur de recherche air & cosmos, on a en retour :
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