Safran : une perte mais des fondamentaux très solides en 2014

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Fin 2014, le carnet de commandes de Safran a atteint 64 milliards d'euros.
Fin 2014, le carnet de commandes de Safran a atteint 64 milliards d'euros. (Crédits : reuters.com)
Jean-Paul Herteman laisse Safran avec des fondamentaux économiques et financiers très solides. Il laissera son fauteuil en avril à un tandem composé de Philippe Petitcolin, directeur général, et de Ross Mcinnes, président du conseil d'administration.

Le PDG de Safran, Jean-Paul Herteman, qui va laisser son fauteuil le 23 avril à un tandem composé de Ross McInnes, président du conseil d'administration, et de Philippe Petitcolin, directeur général, peut partir avec le sentiment du devoir accompli. Il a d'abord apaisé Safran au bord de la guerre civile entre les anciens de Snecma et de Sagem, puis a mené l'équipementier aéronautique vers des sommets. Comme peuvent en témoigner les bons résultats 2014 même si le groupe a enregistré l'an dernier une perte de 126 millions d'euros (résultat net consolidé - non ajusté).

Cette perte comprend "une charge, sans incidence sur la trésorerie, de 1,9 milliard d'euros avant impact des impôts différés, découlant de la variation défavorable de la juste valeur du portefeuille de dérivés de change destinés à couvrir les flux de trésorerie futurs", a expliqué le groupe dans un communiqué. Le résultat net consolidé a été "sensiblement impacté par la variation défavorable de la juste valeur du portefeuille de dérivés de change destinés à couvrir les flux de trésorerie futurs", a précisé le groupe. Le portefeuille d'instruments de couverture a été valorisé au cours de change euro/dollar de 1,21 au 31 décembre 2014, contre 1,38 au 31 décembre 2013.

Des fondamentaux solides

En dépit de cette légère contrariété, les fondamentaux de Safran restent solides en affichant des performances record en 2014. Le chiffre d'affaires s'est établi à 15,3 milliards d'euros, en hausse de 6,9% (5,8% sur une base organique) tandis que le résultat opérationnel courant ajusté s'élève à 2,1 milliards d'euros (13,6% du chiffre d'affaires), représentant une progression de 17,4%. La marge opérationnelle courante progresse de 1,2 point et ressort à 13,6% du chiffre d'affaires. Le résultat net ajusté (part du groupe) est de 1,2 milliard d'euros, contre 1,19 milliard en 2013. Enfin, les commandes enregistrées en 2014 s'élèvent à 23 milliards d'euros, ce qui illustre la forte dynamique du marché. Fin 2014, le carnet de commandes a atteint 64 milliards d'euros, comparé à 55 milliards fin 2013.

"Safran a de nouveau fortement progressé en 2014, s'est félicité le PDG de Safran, Jean-Paul Herteman. Le carnet de commandes atteint un niveau record, le chiffre d'affaires affiche une croissance de 7% et la rentabilité a progressé de 17% grâce à des cadences de production jamais atteintes dans de nombreux domaines. Le cash flow libre est en hausse, alors que nous avons mobilisé des ressources sans précédent pour relever les défis opérationnels associés à nos succès commerciaux et préparé activement notre avenir à moyen et à long terme".

Pour 2015, Safran prévoit une hausse de son chiffre d'affaires ajusté comprise entre 7% et 9%. Le résultat opérationnel courant ajusté devrait progresser à nouveau de manière significative avec une croissance légèrement supérieure à 10% par rapport à l'exercice 2014. Le cash flow libre devrait représenter entre 35% et 45% du résultat opérationnel courant ajusté, un élément d'incertitude demeurant l'encaissement d'acomptes et le rythme de paiement de plusieurs États clients.

L'apport de certaines activités spatiales de Safran (propulsion spatiale pour applications civiles et militaires) ne comprend pas les activités de propulsion électrique pour satellite et ses activités annexes. Afin d'atteindre une participation de 50% dans Airbus Safran Launchers (ASL), Safran devrait procéder à une compensation économique de 800 millions d'euros à Airbus Group. Safran estime que cette compensation économique représente environ 9x l'EBITA additionnel en 2014 ou environ 6x à 7x l'EBITA additionnel en 2016 à endettement et trésorerie nuls.

CFM : un carnet de commandes record

Le carnet de commandes total de CFM International (CFMI) représente près de 13.000 moteurs (commandes fermes et intentions d'achat). Soit plus de 8 années de production aux cadences actuelles. En 2014, 1.527 nouvelles commandes et intentions d'achat de moteurs CFM56 ont été enregistrées, portant le carnet de commandes à plus de 4.500 unités. Avec 2.717 nouvelles commandes, le carnet de commandes de moteurs LEAP s'élève à près de 8.500 unités. "CFMI établit cette année un nouveau record de production avec la livraison de 1 560 moteurs CFM56 (contre 1.502 en 2013)", a précisé Safran.

En 2014, les activités de services, qui comprennent la vente de pièces de rechange ainsi que les activités de maintenance, réparation et révision pour moteurs civils, ont augmenté de 11,3% en dollars. Cette forte croissance est notamment tirée par les premières révisions des moteurs CFM56 récents et des moteurs GE90. Dans un contexte d'amélioration de la situation financière des compagnies aériennes, le rattrapage de la maintenance précédemment différée a également contribué à cette progression.

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Commentaires
a écrit le 26/02/2015 à 12:35 :
Résultat opérationnel en hausse et action qui s'envole mais augmentation pour les salariés qui n'a jamais été aussi basse. Le directeur financier qui prend les commandes d'un groupe... industriel. Tout va bien en effet.
a écrit le 25/02/2015 à 16:38 :
La juste valeur a été si bien estimée qu'elle entraine une perte énorme. Il faut arrêter avec ses idées stupides de technocrate. bientôt il faudra se couvrir de la couverture de la couverture etc… il n'y a pas de limite à la connerie.
a écrit le 25/02/2015 à 11:56 :
A propos, la presse indienne parle ce matin que les autorités indiennes auraient finalement conclu avec la France un contrat ferme pour l'achat de 24 chasseurs Rafale. C'est mieux que rien, certes, mais passer d'une prétendue commande de 126 avions à 24 seulement à l'évidence, côté français on n'a pas de quoi se vanter. Reste à savoir les concessions que l'Elysée a du faire dans ce contentieux.
a écrit le 25/02/2015 à 11:35 :
Bien sûr, une 'tite perte, rien de grave…. l'aérospatial et la défense ah ça c'est du solide, garanti sur facture !

on a bien compris la consigne, les gars, pour Safran c'est l'embellie totale, pour les autres, c'est la catastrophe…. marchons, marchons !
a écrit le 25/02/2015 à 9:59 :
La question, c'est : Safran a-t-il gagné de l'argent en 2014 ?
Et, si oui : combien ?
Si la comptabilité n'est pas capable de déterminer le résultat, il faut en changer.
a écrit le 25/02/2015 à 9:53 :
A quoi se couvrir sur les changes, si c'est pour perdre de l'argent sur ses couvertures?
De deux choses l'une : ou les normes comptables sont nases, ou le secteur aéronautique perd vraiment du fric sur ses dérivés, et se fait plumer par ses banquiers.
Je préfèrerais de loin la première explication mais, curieusement, c'est celle qui pourrait choquer le plus de monde : tous les bien-pensants pseudo-libéraux, les inspecteurs de conformité, les ayatollah de la juste valeur, les coupeurs de cheveux en quatre de Bruxelles, j'en passe, et des meilleures.

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