Ariane 6, un lancement toujours nominal... dans 1.500 jours

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Le premier vol d'Ariane 6 est prévu en 2020
Le premier vol d'Ariane 6 est prévu en 2020 (Crédits : ESA)
L'Agence spatiale européenne confirme la poursuite du programme Ariane 6. Elle engage la totalité des montants prévus (2,4 milliards d'euros) pour le développement, l'industrialisation et l'exploitation du futur lanceur européen.

Un à un, le lanceur Ariane 6 passe tous les obstacles. A la suite à de la revue approfondie (Program Implementation Review-PIR) menée en juin par l'industrie sur le programme, les représentants des États membres de l'Agence spatiale européenne (ESA) ont voté jeudi dernier à l'unanimité la poursuite d'Ariane 6. Les conclusions favorables de cette revue ont dont permis d'autoriser l'affermissement en totalité des contrats. Dans la foulée, l'ESA a donc signé ce mercredi les avenants au contrat du 12 aout 2015 avec Airbus Safran Launchers (ASL), maître d'œuvre industriel d'Ariane 6, et le CNES, responsable de la construction du nouvel ensemble de lancement du lanceur (ELA4).

Décidé lors de la réunion au niveau ministériel du conseil de l'ESA en décembre 2014, le programme Ariane 6 a pour objectif de réduire de moitié le coût de lancement au kilo par rapport à Ariane 5. Le premier vol du lanceur est prévu en 2020.

Dans 1.500 jours, Ariane 6 décolle

Cet avenant permet notamment d'engager la totalité des 2,4 milliards d'euros prévus pour le développement, l'industrialisation et l'exploitation du futur lanceur européen avec ses deux versions Ariane 6.2 et 6.4. Le secrétaire d'État chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, en charge de l'Espace, Thierry Mandon a ainsi souligné que désormais "le compte à rebours est lancé. Dans 1.500 jours, Ariane 6 s'élèvera de Kourou, symbole de l'accès autonome de l'Europe à l'espace et de la réussite de toute l'industrie européenne".

"L'industrie a tenu ses engagements et démontré ses capacités à exercer son rôle d'autorité de conception et de responsable industriel", s'est félicité le président exécutif d'Airbus Safran Launchers, Alain Charmeau, cité dans le communiqué d'ASL publié mecredi. "Nous avons respecté les objectifs fixés en terme de délais et de qualité et allons pouvoir continuer, grâce à l'organisation industrielle mise en place en un temps record, à développer un lanceur flexible, modulaire et compétitif qui volera en 2020".

Un contrat de 1,7 milliard d'euros

Le contrat du 12 aout 2015 incluait notamment un engagement ferme d'environ 680 millions d'euros pour mener les premières activités de développement (phases A et B) jusqu'à la revue de définition préliminaire effectuée mi-2016. Cet avenant permet à l'ESA de notifier à ASL, l'engagement des 1,7 milliards d'euros nécessaires à la poursuite du développement, puis de son industrialisation et de son exploitation. Un avenant signé à l'issue de la revue menée par l'industrie (Maturity Gate 5), puis par les États membres de l'ESA qui ont étudié le travail accompli par ASL et ses partenaires. Ce travail a été achevé en septembre.

Cette revue a notamment confirmé la maturité du développement du lanceur au regard des objectifs définis lors de la conférence ministérielle de l'ESA de décembre 2014 : coûts, délais et performances techniques", a assuré ASL dans le communiqué.

ASL et ses fournisseurs vont maintenant finaliser le développement des deux versions du lanceur Ariane 6 et commencer le processus d'industrialisation dans le cadre de la nouvelle organisation industrielle mise en place à la suite à la conférence ministérielle de 2014. Une organisation censée "révolutionner la gouvernance européenne des lanceurs et la rendre plus compétitive face à un marché mondial en pleine transformation", selon ASL.

La construction du site de lancement prêt en juin 2019

Le contrat signé en 2015 entre l'ESA et le CNES porte sur la totalité des travaux à mener pour réaliser l'ELA4 jusqu'à la livraison de ce dernier à l'ESA, en juin 2019. Néanmoins, l'ESA avait conditionné ses engagements financiers vis-à-vis du CNES aux décisions qui seraient prises lors de la revue de programme. Le succès de la revue approfondie permet au CNES de poursuivre ses activités dans les délais, et de notifier, avant la fin 2016, les contrats majeurs pour les "Courants Faibles et Sécurité", la "Sûreté Protection", les "Fluides cryogéniques, Fluides conventionnel et Interfaces Procédés".

Ainsi, "à la mi-décembre 2016, plus de 60% des contrats industriels seront engagés (en montants) et les consultations se poursuivront au courant du premier trimestre 2017, en particulier pour les adaptations des moyens du CSG", a estimé le CNES dans un communiqué publié mercredi. Les travaux se poursuivront jusqu'en 2018, avant une phase de qualification technique d'environ neuf mois. La mise à disposition des installations à l'ESA est prévue au second semestre 2019, pour le démarrage des essais combinés avec le lanceur.

"Ariane 6 est aujourd'hui plus que jamais sur les rails, avec à la clé l'assurance pour l'Europe, de maintenir sa position de numéro 1 mondial sur le marché des lancements commerciaux, conquise de haute lutte depuis 35 ans, a affirmé le président du CNES, Jean-Yves Le Gall. Mais c'est aussi un signal fort envoyé, qui montre la volonté inébranlable des États, des agences et des industriels de tout mettre en œuvre pour réussir, ensemble, le développement d'Ariane 6".

Anticipation du CNES

Afin de respecter au mieux un calendrier de réalisation ambitieux et de faire face aux contraintes climatiques de la Guyane, les travaux de terrassement avaient été anticipés dès l'été 2015, puis réceptionnés fin mai 2016, avec plus d'un mois d'avance sur le calendrier prévisionnel. Dès décembre 2015, la définition détaillée des installations a aussi été acquise.

Dès février 2016, le CNES a par ailleurs lancé les appels d'offres européens pour la réalisation de l'ELA4. Les contrats dédiés aux infrastructures et aux bancs de contrôle ont été signés début juillet, celui relatif aux systèmes mécaniques majeurs de l'ELA4, comprenant la table de lancement, les palettes de transport des P120C, le mât de lancement et le déflecteur de jet, a quant à lui été signé en octobre 2016.

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