Armée de l'air : l'Airbus A330 Phénix remplace les antédiluviens avions ravitailleurs C135 de Boeing

 |   |  891  mots
L'arrivée des A330 Phénix et des A400M va augmenter les capacités de l'armée de l'air de 70% en 2025, a estimé le nouveau chef d'état-major de l'armée de l'air, le général Philippe Lavigne.
L'arrivée des A330 Phénix et des A400M va augmenter les capacités de l'armée de l'air "de 70% en 2025", a estimé le nouveau chef d'état-major de l'armée de l'air, le général Philippe Lavigne. (Crédits : Armée de l'air)
L'Airbus A330 Phénix va rentrer en service au sein de l'armée de l'air en 2019. Il va remplacer les 14 ravitailleurs C135 mis en service en 1964 ainsi que les avions de transport stratégiques A310 et A340.

Enfin... L'armée de l'air française a enfin reçu officiellement à Istres son nouvel avion de ravitaillement et de transport stratégique, l'Airbus A330 Phénix, dont le premier appareil doit entrer en service opérationnel dans un an. "Le Phénix est parfois décrit comme le couteau suisse stratégique de nos Armées. C'est vrai", a assuré la ministre des Armées Florence Parly, qui assistait vendredi à Istres à la réception du premier appareil par l'armée de l'air.  Ainsi, ce nouvel appareil très polyvalent va progressivement remplacer pas moins de quatre flottes anciennes et spécialisées, dont les 14 antiques ravitailleurs Boeing C135 (11 appareils) et KC135 (trois), mis en service en 1964. Année où Martin Luther King a reçu le prix Nobel de la paix. Année également de sortie des mythiques Ford Mustang et Renault R8 Gordini aujourd'hui pilotées que par des collectionneurs.

Ce qui n'est pas le cas des 14 C135, qui volent encore pour des missions très exigeantes pour le compte de la Force aérienne stratégique (FAS) malgré leur 400.000 heures de vol cumulées depuis leur mise en service en 1964. Ils seront désarmés de manière progressive à partir de 2020. "Aujourd'hui, c'est le point de départ de livraisons trop longtemps attendues", a reconnu vendredi Florence Parly. Douze exemplaires doivent donc être livrés d'ici à 2023, sur un total de 15 commandés. Florence Parly a augmenté dans le cadre de la future loi de programmation militaire 2019-2025 la cible de trois appareils supplémentaires. "Je sais combien ces avions sont précieux, déterminants pour votre action, la LPM augmente cette cible de 12 à 15 Phénix", a-t-elle rappelé.

15 appareils au lieu de 12

En tant que couteau suisse, l'A330 Phénix assurera les missions de transport de fret et de personnel en remplaçant trois A310 et deux A340 (escadron de transport Esterel), d'évacuation aéro-médicalisée, de ravitaillement en vol (Rafale, Mirage 2000, AWACS, aéronefs étrangers, etc...) et de relais de communication et de renseignement. Surtout, il assumera le rôle d'acteur essentiel de la mission de dissuasion nucléaire aéroportée sous le pilotage de la FAS. L'arrivée des A330 Phénix et des A400M va augmenter les capacités de l'armée de l'air "de 70% en 2025", a estimé le nouveau chef d'état-major de l'armée de l'air, le général Philippe Lavigne. Ce qui permettra de réduire notablement les lacunes capacitaires et donc la dépendance de l'armée de l'air française à l'égard des Etats-Unis.

"Le Phénix étend l'horizon de notre armée de l'air, a assuré Florence Parly. Il déploie plus encore ses ailes et décuple sa force de frappe". Ainsi le Phénix donnera à l'armée de l'air une "allonge nécessaire pour leurs missions" et "donnera à la France, l'assurance de la crédibilité et de la permanence de sa dissuasion", a-t-elle estimé. Le Phénix permet de ravitailler plus d'aéronefs, de transporter plus de passagers que les appareils actuellement en service. Sur un vol de 7 heures vers Djibouti, le Phénix peut transporter 88 personnes et convoyer 4 Rafale, contre 15 passagers et deux Rafale pour le C135. Il peut délivrer 50 tonnes de carburant pour une autonomie de 4h30 contre 17 tonnes pour le C135. "Voilà ce que j'appelle, concrètement, une puissance démultipliée", s'est réjoui Florence Parly. Pour l'heure, elle a dédié un budget de 2,3 milliards d'euros à l'achat des appareils, dont 311 millions en 2018 et 413 en 2019, selon les documents budgétaires.

L'A330 MRTT, un best-seller à l'export

Airbus revendique 97% de part de marché (hors US) sur les 10 dernières années. Il a reçu 63 commandes de la part de 12 nations : Arabie Saoudite (6 appareils), Australie (7), Corée du Sud (4), Emirats Arabes Unis (3), France (15), Royaume-Uni (14), Singapour (6) et une commande mutualisée (8) pour cinq pays (Allemagne, Belgique,  Luxembourg, Norvège et Pays-Bas). L'A330 MRTT avait également été sélectionné par l'Inde (six appareils) mais elle a cassé la procédure d'acquisition. Enfin, le Qatar avait exprimé en 2014 son intention d'acquérir deux avions ravitailleurs MRTT, mais il n'a pas encore concrétisé sa commande.

L'A330 MRTT a rendu les armes seulement deux fois dans les compétitions auquel il a participé. Aux États-Unis en 2011 après un combat de titan face à Boeing pour le contrat du siècle qui représentait 179 avions ravitailleurs pour une valeur totale de 35 milliards de dollars. Au Brésil, Airbus a dû affronter un concurrent israélien, qui proposait la modernisation de KC-767 de Boeing à des prix extrêmement bas. Mais la compétition a été finalement annulée par Brasília. En outre, Airbus Defence and Space a estimé en septembre 2015 que les chances de gagner de l'A330 MRTT au Japon étaient trop faibles compte tenu des conditions qui tendaient trop à orienter le choix vers les appareils de Boeing.

A chaque appareil vendu à l'export, la part française s'élève environ à un tiers du contrat sur ce type d'appareils. Airbus a livré à ce jour 30 A330 MRTT, fabriqués à Toulouse en tant que plateforme avant d'être convertis à Getafe en Espagne (Airbus Defence & Space). Les A330 MRTT ont 80% de communalité avec l'A330-200 et proposent 98% des composants communs avec l'appareil civil. Les appareils livrés affichent une fiabilité de 97% pour les missions accomplies, selon Airbus.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/10/2018 à 22:36 :
Et pourquoi faire toute cette débauche de fric ,pour aller défendre nos DOM,TOM ou pour satisfaire la furie guerrière de nos militaires?Que l'on commence à assurer notre sécurité intérieure avant d'aller faire les cow boy en Afrique ou ailleurs.
Réponse de le 23/10/2018 à 8:32 :
@Philnal bonjour, l'Afrique est notre avenir le meilleur comme le pire si nous nous retirons. L'Afrique est en fait notre sécurité. Je vous invite à passer des mois en Afrique pour comprendre que nos deux continents sont liés. Autre point plus mercantile l'Afrique est le seul continent avec lequel notre balance commerciale est excédentaire. Je vais vous éviter la rengaine des personnes qui n'ont aucune idée des relations entre l'Afrique et notre pays, le petit chèque que nous faisons parfois pour certains pays n'est qu'une goutte d'eau dans nos échanges. Enfin l'Afrique sera le continent de la croissance du XXI siècle, pour votre information la jeunesse africaine est de plus en plus compétente et nombreux ingénieurs sortent des plus grandes écoles du monde, leurs diplômes ne sont pas donnés ou achetés comme voudraient le laisse croire les jaloux. Peut être que voir plus loin que le bout du nez est pour certains difficile. bonne journée.
a écrit le 22/10/2018 à 21:46 :
S'est un bon debut se type d'appareil est tres attendu dans notre armee....
Maintenant ils manque encore certain type d'appareil dans notre flore aérienne .... Il nous faut un avon spécifique d'attaque au sol , rustique et economique au fonctionnement .... Un gros parteur afin de ne plus dépendre de la location Ukrainiens .....
a écrit le 22/10/2018 à 11:06 :
Probablement le meilleur de sa catégorie dans le monde aujourd'hui. Les 63 commandes auraient pu être largement dépassées sans une décision politique de favoriser Boeing vu qu'Airbus avait gagné l'appel d'offres aux USA.
a écrit le 22/10/2018 à 10:50 :
Monsieur Cabirol,
On écrit pas "hors US" mais "hors Etats-Unis". Vous n'écririez jamais "hors BRD" pour dire "hors Allemagne". Merci donc d'écrire français.
Cordialement
a écrit le 22/10/2018 à 10:50 :
15 c'est bien mais encore un peu léger pour maintenir l'ensemble des missions sans recours au capacité de l'OTAN.
Et SVP ne dite pas remplace mais va remplacer. La programmation prévoit 2025, la réalité sera plutôt 2030 si l'on se fie à la réalité d’exécution des lois de programmation militaire.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :