Des promesses et des ambitions... Mais Paris et Stockholm doivent désormais concrétiser leur envie de renforcer la coopération dans le domaine de la défense.Lors de sa visite d'État en Suède, Emmanuel Macron a semé avec le premier ministre suédois Ulf Kristersson de nombreuses promesses de coopérations dans le domaine de la défense entre Paris et Stockholm. Il faudra toutefois attendre la réalisation de cette ambition partagée. Aux ministres de la Défense suédois et français de la mettre en musique. Dans la déclaration commune, les deux pays ont annoncé vouloir entre autres approfondir la coopération entre leurs industries d'armement. Cela concerne en priorité « la production et la mise en place de chaînes d'approvisionnement essentielles pour les industries de défense et de sécurité, notamment les munitions, propergols et explosifs ». Le groupe de poudres et explosifs français Eurenco, leader européen très bien implanté en Suède, est au cœur de cette ambition.
Pour les deux pays, notamment la Suède très proche sur le plan géographique de la Russie (en face de l'enclave de Kaliningrad) et déjà sur le pied de guerre, « il s'agit d'un moyen concret de renforcer leur résilience et de contribuer au renforcement de la base industrielle et technologique de défense européenne pour la rendre plus innovante, plus compétitive et plus résiliente ». Le concept d'autonomie stratégique a enfin fait son chemin à Stockholm, surtout à l'approche des prochaines élections américaines prévues en novembre 2024. « Il est maintenant très clair plus que jamais auparavant que nous devons avoir aussi une industrie de la défense forte », a martelé mardi Ulf Kristersson lors de la conférence de presse avec Emmanuel Macron. Et de rappeler que « la sécurité est telle qu'elle sauve des vies en ce moment en Ukraine ».
Des promesses à concrétiser
« Les industries de défense sont au cœur de ce partenariat bilatéral », a estimé le président français. « Tout cela s'inscrit dans un esprit qui est de renforcer la coopération bilatérale et de servir l'agenda de Versailles que nous avions défini en mars 2022 qui consiste à réduire les dépendances stratégiques de notre Europe », a-t-il expliqué. Pour l'heure, le détail et le contour de ces nouvelles coopérations restent encore vagues, ou pour le moins très embryonnaires. « Une déclaration d'intention ministérielle devrait consacrer notre souhait de coopérer en matière de systèmes de défense anti-aérienne et de surveillance aérienne, dans la continuité de la lettre d'intention sur la coopération bilatérale de défense signée le 24 septembre 2021 », a indiqué l'Élysée.