La décision brésilienne sur le Gripen réjouit la Suède

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(Crédits : Reuters)
Le gouvernement suédois s'est félicité des emplois gagnés grâce à l'imminente commande de Gripens par le Brésil. Paris minimise l'échec du Rafale et réitère sa confiance en Dassault pour conquérir d'autres marchés.

Le Brésil ne fera pas l'acquisition de rafales. Le Gripen NG suédois lui a été préféré, comme cela a été officialisé ce matin. Un revers pour l'avion de combat français qui espérait encore ces dernières semaines.  Dassault n'a pu qu'afficher sa vive déception.

  • La satisfaction sudéoise

En revanche pour Saab, la décision du Brésil est évidemment une excellente nouvelle. "Je suis extrêmement fier de la confiance que le gouvernement brésilien a placée dans le Gripen NG (...) un avion de chasse à la pointe dans le monde et le plus abordable", a affirmé le directeur général de Saab, Håkan Buskhe, dans un communiqué. A la Bourse de Stockholm, l'action du groupe suédois de défense a pris plus de 23% suite cette annonce.

Et le gouvernement suédois s'est félicité des emplois gagnés: "C'est une très bonne nouvelle pour les emplois suédois et l'économie suédoise. C'est le résultat du travail acharné de beaucoup de gens", a affirmé le Premier ministre Fredrik Reinfeldt à l'agence de presse suédoise TT.

"Cela veut dire beaucoup, à la fois pour Saab et pour la Suède. Pour notre défense cela signifie qu'il y a un partenaire de plus d'impliqué qui va développer et employer ce système d'avions de combat. Cela veut dire des synergies", a déclaré à TT la ministre de la Défense Karin Enström.

L'ambassadeur de Suède à Paris, Gunnar Lund, s'est félicité sur Twitter que le Brésil ait "opté pour une solution européenne".

  • Les réactions des politiques français

Depuis Bruxelles où il assiste au Conseil européen, François Hollande a fait savoir qu'il "s'attendait (...) depuis plusieurs mois" à l'échec de la vente du Rafale au Brésil.  Le chef de l'Etat, qui s'était rendu la semaine dernière au Brésil, a estimé que ce pays "voulait un avion moins sophistiqué, donc moins cher, et pas forcément pour l'avoir tout de suite". "A partir de là, le Rafale ne pouvait pas être bien placé, même si c'est un très bon avion", a-t-il ajouté. 

"Ce qui compte, c'est que ce ne soit pas simplement l'armée française qui achète le Rafale", a-t-il cependant souligné.

De son côté, le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement Alain Vidalies voit "une mauvaise nouvelle" dans le choix par le Brésil d'un avion de chasse suédois au lieu du Rafale français, avec, a-t-il reconnu, des implications budgétaires.

Interrogé sur iTélé, l'élu landais a précisé: "Il faut être clair que dans la loi de programmation militaire, il y avait comme équilibre financier la vente d'un certain nombre de ces avions".

Enfin, Jean-Yves Le Drian a réitéré au micro d'Europe 1 sa confiance en la capacité de Dassault de conquérir d'autres marché. Pour lui, il faut "bien sûr" poursuivre ce programme, cet avion de "très haute technologie" étant "très compétitif par rapport aux missions que certains pays veulent lui donner". Le Brésil, qui vient de dire non à l'avion de Dassault, "n'était pas la cible prioritaire", "nous avons d'autres prospects plus importants", a-t-il souligné.

"Cet avion a fait preuve de ses capacités, de ses performances et le montrera dans d'autres prospects que nous avons aujourd'hui en exploitation et qui seront, j'en suis convaincu, aboutis rapidement"a assuré le ministre.

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