Attirer les jeunes talents, un défi pour l'aéronautique
Irène Frat
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Le Paris Air Forum 2023 a une nouvelle fois aborder la question de la pénurie de main d'oeuvre
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Ils sont là pour remettre en cause les a priori selon lesquels les jeunes rechigneraient à entrer dans l'industrie, et particulièrement dans l'aéronautique, secteur qui peut apparaître comme peu compatible avec leur désir de sauver la planète, sans oublier leur besoin de flexibilité, difficile à concilier avec la production... Invités à la table ronde intitulée « L'aviation a-t-elle les moyens de séduire les jeunes ? », Adrien Treille, élève à l'Ecole d'ingénieurs Aéronautique et Spatiale Paris (Ipsa) et Christine Lin, étudiante à l'Ecole de Technologie Supérieure (université du Québec) et à l'université de Technologie de Compiègne, actuellement en stage chez Pratt & Whitney Canada, ont clairement déjà été séduits. Le premier, passionné depuis son plus jeune âge, se rêve en pilote de ligne, la deuxième a découvert le secteur à l'occasion d'un stage, en 2019 et a trouvé sa vocation. « Mais j'ai des amis qui ont changé de secteur, dit-elle. Ils ont des doutes sur sa décarbonation, alors qu'au contraire, je veux en être actrice », dit-elle. Selon les dernières estimations du Gifas (Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales), le secteur aéronautique et spatial français, qui a enregistré un fort rebond de son activité en 2022, doit recruter pas moins de 25 000 personnes cette année pour maintenir les cadences de production et répondre à la demande. Mais comment faire si les talents manquent à l'appel ?
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« Les jeunes que nous tentons de recruter posent beaucoup de questions et réfléchissent plus longtemps, admet Alexandre Gentot, DRH de l'activité avionique de Thales, qui compte, pour accompagner sa croissance, embaucher cette année plus de 12 000 personnes dans le monde, dont 6 000 dans l'aéronautique et 2 000 en France. Alors qu'il fallait 70 jours pour un recrutement, il en faut maintenant 110. Mais nous avons des arguments pour les convaincre. » Au-delà du fait que le groupe peut s'enorgueillir d'être classé, avec Airbus, devant Google au palmarès Universum des employeurs préférés des étudiants ingénieurs en France, il utilise des « influenceurs » de choc : ses salariés, qui témoignent de leur expérience et de l'intérêt de leur poste dans des vidéos promotionnelles. En outre, « alors que nous recrutons en masse, nous privilégions un contact plus individualisé, précise le DRH. Nous avons par exemple loué des salles de cinéma pour offrir de découvrir Top Gun Maverick, et en profiter pour parler des opportunités de carrière dans le groupe. » En outre, pour attirer les candidats comme pour garder les jeunes recrues, Thales met en place le plus de flexibilité possible : télétravail, travail hybride, absence de réunion certains jours, écoute attentive des besoins des salariés, formation continue pour l'évolution de carrière... Sans oublier de nombreux avantages sous forme de clubs de sport ou autre. Quant aux salaires, « ils sont compétitifs », assure le DRH.
Irène Frat