... Patrice Caine, les investisseurs doivent comprendre qu'« investir dans la défense est légitimement un investissement socialement responsable ».
LA TRIBUNE - Cette réunion avec les investisseurs était un moment important pour Thales qui présentait la stratégie renforcée du groupe en matière ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance). Quelles sont les grandes lignes de cette ambition ?
PATRICE CAINE - Nous avons dévoilé mardi dernier à nos investisseurs notre nouvelle stratégie en matière de critères ESG. Nous nous sommes fixé des objectifs chiffrés, notamment sur des critères importants comme les émissions de CO2 générées par Thales. Comment le groupe veut aller plus loin et plus vite sur la réduction de ses émissions de CO2 issues directement de son activité et de celle de ses sous-traitants ? Aujourd'hui, nous sommes capables d'atteindre un objectif de réduction de 35 % de nos émissions dès 2023, et non plus 20 %. Nous avons déjà dépassé l'objectif que nous nous étions fixés pour 2023 et avons décidé d'accélérer. Nous sommes aussi mobilisés pour réduire nos émissions de CO2 de 50 % en 2030 (plutôt que de 40%). Enfin, nous nous sommes donné un objectif de neutralité carbone « net zéro » en 2040. Cet objectif est tout à fait nouveau. Thales accélère donc pour réduire plus vite que prévu son empreinte carbone. Nous avons également présenté des indicateurs ESG très importants relatifs à l'environnement, l'inclusion, avec notamment la féminisation des instances dirigeantes, la sécurité au travail et les questions d'éthique, notamment dans le numérique.
C'est-à-dire ?
Nous avons rendu publique une charte éthique du numérique mûrement réfléchie. D'autres groupes ont commencé à s'en doter, comme IBM et Capgemini par exemple. Il nous est apparu important de réfléchir collectivement et avec humilité à ce sujet afin de donner un cadre de référence, un guide pour nos équipes travaillant sur ces technologies numériques. Pourquoi maintenant ? Parce que ces technologies, comme l'Intelligence artificielle, le big data ou les objets connectés, changent en profondeur les organisations et les modes de collaboration. Elles ont aussi soulevé un certain nombre de questions, comme la place de l'humain ou encore les biais inconscients générés par certains algorithmes. Nous avons fait le choix d'aborder ces sujets de manière proactive pour affirmer que les systèmes et produits que nous concevons doivent à tout moment permettre un dialogue avec l'humain, être résilients et sécurisés et prendre en compte l'impérieuse nécessité de préserver notre environnement.