Comment la chute du prix du baril déprime Airbus Helicopters

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Airbus Helicopters n'a enregistré que 383 commandes d'hélicoptères en 2015. Le constructeur reste pénalisé par le ralentissement des projets des compagnies pétrolières qui cherchent à réduire leurs coûts en raison de la baisse du prix du pétrole.
Airbus Helicopters n'a enregistré que 383 commandes d'hélicoptères en 2015. Le constructeur reste pénalisé par le ralentissement des projets des compagnies pétrolières qui cherchent à réduire leurs coûts en raison de la baisse du prix du pétrole. (Crédits : Reuters)
Airbus Helicopters subit de plein fouet l'impact de la chute des prix du pétrole sur la demande en hélicoptères dans ce secteur. Le numéro un mondial des hélicoptères civils a vu en 2015 ses livraisons chuter à 395 unités et ses commandes reculer à 383 appareils.

Pour Airbus Helicopters, la chute continue du prix du baril du pétrole est un gros coup de frein à ses ambitions de croissance. Passé de 110 à 30 dollars le baril, le pétrole a plombé sérieusement son bilan commercial de 2015, le constructeur de Marignane a vu l'année dernière ses commandes engluées, glissant de 402 en 2014, qui était déjà une mauvaise année, à 383 hélicoptères en 2015 (442 en 2013 et 469 en 2012), a annoncé lundi le PDG du constructeur de Marignane Guillaume Faury lors de la présentation du bilan en 2015. Loin, très loin des niveaux de commandes en 2008 (588 hélicoptères vendus).

Du coup, après deux années de vaches maigres, les livraisons ont dégringolé à un niveau très bas en 2015 (395), faisant revenir Airbus Helicopters en arrière à des années-lumières, plus précisément en 2006 quand le constructeur avait livré 381 appareils. La nette baisse d'activité n'entraîne pas pour le moment de restructurations sociales, a précisé Guillaume Faury. Contrairement à ses concurrents américains Sikorsky et Bell, qui ont déjà dégraissé en 2015. "Je reste extrêmement prudent", a-t-il néanmoins souligné. Sous-entendu, si la crise du marché des hélicoptères se poursuivait, il pourrait être obligé d'adapter les effectifs à la période de vaches maigres. Pour le moment, la montée en cadence des portes A350 et A320 pour Airbus dans l'usine de Donauworth permet de maintenir au moins le chiffre d'affaires du constructeur.

"La crise du marché du pétrole et gaz est très significative pour le marché des hélicoptères", a estimé Guillaume Faury.

Deux ans encore très durs dans l'oil & gaz

"Nous attendons un très bas niveau de commandes dans les hélicoptères pour le secteur pétrolier et gazier au minimum pour les deux années à venir", a-t-il expliqué, faisant état en particulier de surcapacités d'hélicoptères lourds dans le secteur. Airbus Helicopters reste pénalisé par le ralentissement des projets des compagnies pétrolières qui cherchent à réduire leurs coûts en raison de la baisse du prix du pétrole. Ainsi, le constructeur européen n'a récolté par exemple en 2015 que deux commandes du H225, l'un des best-sellers des opérateurs off-shore (contre 32 en 2014). Il a vu aussi certaines des livraisons repoussées mais n'a subi aucune annulation de commande dans ce segment de marché.

Du coup, Airbus Helicopters s'attend en 2016 à un niveau d'activité semblable à celui de l'année dernière. Guillaume Faury compte avoir un ratio chiffre d'affaires/commandes (book to bill") supérieur à 1 en 2016. Et vise notamment la signature de contrats militaires qui étaient espérés en 2015 mais qui n'ont pas été encore signés. Il a ainsi déclaré qu'il serait "très déçu" si les négociations en Pologne, suspendues après le changement de majorité aux législatives d'octobre, ne débouchaient pas en 2016. Elles ont repris début décembre. Sans espoir garanti de succès tant le nouveau gouvernement polonais semble hostile au choix du précédent, qui avait sélectionné Airbus Helicopters.

Leader dans le civil

Airbus Helicopters revendique 45% du marché civil et parapublic en 2015 en termes de livraisons devant l'américain Bell Helicopter (19,5%), l'italien Finmeccanica Helicopters (18,5%) et de l'américain Sikorsky (9%). Cette performance est en partie réussie grâce aux succès de H175, dont 36 exemplaires ont été commandés en 2015, dépassant ainsi les objectifs du constructeur. Le carnet de commandes brutes pour cet appareil s'élève à 101 unités après avoir été choisi par plusieurs opérateurs clés dans les secteurs pétrolier et gazier malgré le faible prix du baril qui les pénalise fortement. La part des services, qui représentaient 47% de son activité en 2015, a permis au constructeur d'être également résilient face à cette crise.

Dans le civil et parapublic, le constructeur compte sur l'Iran pour regonfler son carnet de commandes, notamment dans le transport médical d'urgence, a précisé Guillaume Faury. Des contacts ont eu lieu avec Téhéran mais pas encore de négociations en tant que telles, a-t-il précisé. Airbus Helicopters mise aussi sur la Chine, son deuxième marché derrière les Etats-Unis pour la deuxième année d'affilée. Enfin, en Russie, l'européen espère produire cette année les premiers hélicoptères dans le cadre d'un accord de licence avec une filiale de Rostec pour fabriquer des hélicoptères sur place.

Déception sur le militaire

Dans le militaire, Airbus Helicopters se situe en quatrième position (9%), derrière les américains Sikorsky (22%), Boeing (13,5%) et les constructeurs russes (19,5%). Sur ce marché, Airbus Helicopters n'a finalisé qu'un seul contrat en 2015, en Corée du Sud, alors que la branche hélicoptères d'Airbus Group espérait en boucler deux autres, en Pologne et au Qatar, a-t-il précisé.

En outre, 50 hélicoptères militaires ont été enlevés du carnet de commandes en raison de renégociations de certains contrats gouvernementaux (Allemagne, portant sur le NH90 et le Tigre. Ce qui n'a pas impacté le carnet de commandes en valeur, a assuré Guillaume Faury.

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Commentaires
a écrit le 26/01/2016 à 13:24 :
Le manque de liquidité des pays producteur de pétrole dû à la baisse du baril a empêché Airbus Hélicoptère de finalisé des contrats militaires. Ceux-ci étaient donné comme sûr. Pour rappel les 22 NH90 pour le Qatar, les 50 H225M (Caracal) méxicain. Je pense aussi aux 50 Hélicoptères pour la Pologne qui risque de disparaître suite à un changement de majorité. Et je doit oublier des contrats


Je pense que les milliards de contrats des Pays du Golfe attendu se feront appeler désiré à présent.
a écrit le 26/01/2016 à 9:56 :
Je ne comprends pas du tout votre lien entre la chute des cours du pétrole et la vente d’hélicoptères qui est un énorme consommateur de kérosène donc que le prix du carburant baisse ne peut que réduire drastiquement les coûts d'entretien des achats d'hélicoptère. Là s'il vous plaît merci de donner un peu plus de précision parce que c'est tout sauf logique votre analyse.

Par contre il est évident que l'invasion des drones sur le marché, lui, concurrence sérieusement les hélicoptères et une bonne partie de ceux qu'ils peuvent faire, images aériennes ,reconnaissances aériennes et-c... et le technologie dans ce domaine avançant rapidement il est évident que le marché des hélicoptères continuera de s'éffondrer.

Donc en raison de la concurrence brutale des drones oui, de la baisse du brent certainement pas.
Réponse de le 26/01/2016 à 10:36 :
Le lien n'est pas sur le coût d'utilisation. Il est sur les baisses d'investissements dans le secteur pétrolier et gazier et surtout dans le très cher off-shore. C'est l'un des plus gros marchés pour les hélicoptères. Baisse du pétrole donc moins d'achats. Ca touche aussi les ventes de navires spécialisés.
Réponse de le 26/01/2016 à 11:06 :
Ok merci à vous, je ne comprenais pas du tout, par contre ça ne fait que confirmer que notre économie, qui se casse régulièrement la gueule soit dit en passant, se réfère de plus en plus à la finance s'écartant un peu plus de la réalité du commerce.

Avouez que c'est quand même très inquiétant même si expliquant la crise exponentielle et permanente qu'elle connaît...
Réponse de le 26/01/2016 à 18:28 :
Moins de chantier en offshore, donc moins d'homme sur les plateformes, donc moins d'aller-retour en hélico, donc moins d'usure sur les hélico donc moins de commande et de remplacement de machine...
a écrit le 26/01/2016 à 9:49 :
Prix du pétrole haut, un frein, un handicap, un boulet, pétrole à bas prix, une catastrophe industrielle.
Le "bon" prix est à combien ? 100$/baril, un juste milieu, cher mais pas excessivement.

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