DCNS et Fincantieri négocient un rapprochement dans les bâtiments de surface

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Fincantieri et DCNS qui ont développé en commun la frégate multimissions FREMM, vont se rapprocher dans les bâtiments de surface
Fincantieri et DCNS qui ont développé en commun la frégate multimissions FREMM, vont se rapprocher dans les bâtiments de surface (Crédits : DCNS)
Les deux groupes navals ont signé un "Head of Agreement" (HoA) en vue de négocier un rapprochement à 50/50 dans les bâtiments de surface, selon nos informations.

C'est un coup de tonnerre dans l'industrie navale militaire européenne. DCNS et Fincantieri sont actuellement en train de négocier un rapprochement à parité dans les bâtiments de surface, selon des sources concordantes. Avec le soutien de Paris et de Rome et de leur conseil d'administration respectif, les deux groupes navals, qui ont développé en commun le programme de frégates multimissions (FREMM), ont secrètement signé cet été un "Head of Agreement" (HoA), un document non engageant pour encadrer leurs négociations après des discussions entamées depuis la fin de l'année dernière.

En France, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, qui a déjà à son actif le rapprochement réussi entre Nexter et Krauss-Maffei Wegmann dans l'armement terrestre, suit le dossier de très près. Et pour cause, il est l'ancien maire de Lorient, le principal site concerné de DCNS. Interrogé par La Tribune, le groupe naval n'a pas souhaité faire de commentaires.

Des négociations qui vont être compliquées en France

Le PDG de DCNS, Hervé Guillou, s'est toujours dit prêt à participer à une consolidation du secteur : "Je ne peux faire aucune prévision concernant une éventuelle consolidation ou m'engager sur un calendrier mais je m'engage à être prêt si un tel  moment se présente". Mais pour pour celui, qui a la "foi du charbonnier", comme il l'a si souvent répété aux journalistes qui posaient des questions sur les alliances, la partie est toutefois compliquée à jouer.

Car il est également engagé dans une négociation très difficile avec les syndicats pour faire accepter son plan de performance qui prévoit une baisse de 1.000 postes sur trois ans, hors production, au travers de départs en retraite non remplacés et d'incitations au départ. De même, DCNS souhaite le déménagement de plus de 250 postes des sites d'Îles de France vers la province. Pas sûr que les syndicats lui accordent un blanc-seing pour cette négociation avec Fincantieri.

 Morcellement de l'industrie navale européenne

Le morcellement de l'industrie navale militaire européenne se résorbe peu à peu grâce à une consolidation au niveau national autour de grands maîtres d'œuvre dans six pays avec BAE Systems (Royaume-Uni), DCNS (France), Fincantieri (Italie), ThyssenKrupp Marine (Allemagne), Navantia (Espagne) et Damen (Pays-Bas). Des groupes qui se retrouvent en concurrence frontale pour les marchés à l'export.

DCNS, détenu à 62,48% par l'Etat et à 35% par Thales, réalise plus de 90% de son chiffre d'affaires dans le militaire tandis que Fincantieri, qui est également très intéressé par STX, n'y enregistre qu'environ 25 % de ses ventes. Pour autant, le chantier naval italien, détenu à 27,5% par une une holding financière étatique (72,5% dans le flottant), est le principal constructeur militaire italien.

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Commentaires
a écrit le 13/09/2015 à 11:52 :
En parlant du morcellement de l'industrie navale européenne, j'aurais aussi pensé à la Suède. Je pensais que TKMS avait revendu les chantiers suédois (ancien Kockums) à Saab, mais certains ici évoquent que c'est TKMS dans son ensemble qui a été vendu à Saab... quelqu'un pourrait éclairer ma lanterne? merci.
a écrit le 12/09/2015 à 10:04 :
Coup de tonnerre?? Non un espoir pour réduire les pertes .Donc un nécessité si on veut sauver une partie de emplois etc.
a écrit le 12/09/2015 à 9:03 :
Le regroupement des industries militaire des grands pays Europeen est une bonne chose, mais malheureusement cela conduit toujours a une diminution des postes de travail dans la gestion et la conception ( doublon). Espérons que cela ne. Se fera pas au de détriment d'un seul pays.. Mais cela ne règle pas le probleme, il n'y a pas de commande centralisé au niveau Europeen, pas de force commune, n'y de volonté commune de defence.... Les americain et les anglais souhaite nous maintenir sous leur tutelle militaire, commandement de l'OTAN ( USA) et ouverture de leur exportation militaire vers leur allier ( vassau) Europeen.....
a écrit le 12/09/2015 à 6:09 :
dcns, thales, sagem,dassault, airbus, ... soyons fier de ces entreprises !
a écrit le 11/09/2015 à 18:36 :
Et pourquoi pas "protocole d'entente" au lieu de "head of agreement" pour facilier la compréhension de tout un chacun, y compris les bac +2 qui ont déjà du mal à lire et écrire en français, alors je te dis pas dans une autre langue :-)
a écrit le 11/09/2015 à 17:09 :
Ce rapprochement est nécessaire pour la compétitivité et faire bloc à l'export, l'Espagnol en plus à terme et ce serait parfait. L'Allemagne n'en parlons pas Avec Merkel, La France de " Moi Président Je " (17 fois ) serait encore perdante, et dindon de la farce. La France est tellement larguée et déclassée dans son déclin ininterrompu. L'Ecart est trop grand entre ces deux pays, l'un de plus en plus puissant et l'autre de plus en plus décadent, deux pays qui ne sont plus compatibles.
Réponse de le 11/09/2015 à 18:42 :
Marrant votre commentaire quand on sait que Thyssen, votre soi-disant champion toute catégorie, a été vendu a des suédois !
C'est un commentaire typique de l'idéologie préfabriqué anti France.
Réponse de le 11/09/2015 à 19:02 :
"L'Ecart est trop grand entre ces deux pays"
Rien n'est jamais définitif, la roue tourne, l'inversion est déjà engagée, bien que pas encore visible.
L'Allemagne a déjà grillé presque toutes ses cartouches.
Son immobilier et ses prix de production en forte hausse, pendant que les nôtres baissent. Le problème des retraites qui enfle avec toujours moins d'actifs, accueillir des réfugiés ne suffira pas. Et les allemands sont de plus en plus souvent dans la rue. Pourtant avec le plein emploi?
Rendez-vous au 1er semestre 2016 pour vérifier que le déséquilibre avec votre modèle diminue fortement!
a écrit le 11/09/2015 à 16:01 :
La société allemande marine Thyssen n'existe plus, elle a été vendue au suédois SAAB qui devrait d'une façon ou d'une autre regrouper ses activités avec Ericson et/ou Volvo dans une étape prochaine. STX pour sa part est un véhicule financier "coréen" ayant permis la restructuration drastique de pratiquement toute la marine européenne en fermant des chantiers et en indemnisant les départs de personnels. Ne reste pratiquement plus à son actif que les chantiers français, anciens Alstom. Il est à noter qu'une partie nordique a été vendue à la Russie. Il est possible si cette fusion franco-italienne se fait qu'elle soit une première étape de la vente de BAE à Airbus en préparant la séparation de la partie navale anglaise du reste, concrètement les sous-marins. L'entreprise serait encore par la suite le réceptacle d'une partie des actifs publics espagnols qui ne peuvent rester tels et de ceux de SAAB avec l'accord des allemands, ce qui est une contrepartie convenue à la vente des chars de Nexter. Enfin, lors d'une séparation ultime les italiens prendraient la partie bateaux de croisière (de ce bloc) et le français celle militaire. Ce programme implique aussi à moyen terme une redéfinition souhaitable des périmètres Dassault/Thalès/DCNS/état. Nous arrivons au terme d'un long cheminement qui a vu la concentration de l'ensemble du militaire européen par la spécialisation de ses industriels. Nous assisterons prochainement à celle des entreprises "civiles" comme cela se fait avec Alstom. C'est la fin des conglomérats à spectre large.
a écrit le 11/09/2015 à 12:37 :
Cela ne se fera pas...faites confiance à la CGT et à Le Drian pour ne pas faire de vagues dans son fief...

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