Décidément "un mauvais vent souffle sur la défense", comme l'a récemment souligné le PDG d'Airbus, Guillaume Faury. Dans une note datée d'octobre dernier sur la finance durable, la Banque de France lui donne raison, en estimant que "les stratégies d'investissements responsables peuvent revêtir plusieurs formes", dont "des stratégies d'exclusion". Ainsi, "certaines entreprises sont exclues en raison de la nature de leur activité (par exemple : tabac, alcool, armement, jeux d'argent)", observe la banque de France, qui place sans état d'âme l'armement au même rang que le tabac, l'alcool et les jeux d'argent. Une classification qui en son temps avait fortement irrité la ministre des Armées, Florence Parly.
Convaincu que la défense a un rôle positif et sociétal à jouer, le patron d'Airbus attend pour sa part des pouvoirs publics d'avoir "une influence sur les critères de sélection des bons investissements. Un investissement, qui va dans la défense, permet d'assurer la sécurité, la prospérité, l'équilibre et la stabilité" d'un pays en général, et de la France en particulier. Plus particulièrement, Guillaume Faury attend "un message positif et une direction claire des autorités en général sur tout ce qui est ESG (Environnement, Social, Gouvernance) et taxonomie. Des sujets qui ont un impact sur les modes de financement", avait-il rappelé. Ce qui n'est pas le cas de la Banque de France.