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Grave problème d'étanchéité d'une frégate norvégienne construite par Navantia

Photo de Michel Cabirol

Michel Cabirol

Publié le 02 décembre 2018 à 12:20 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:14

frégate norvégienne KNM Helge Ingstad Navantia

frégate norvégienne KNM Helge Ingstad Navantia

Reuters

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Photo d'illustration de l'article
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Le Bureau d'enquête sur les accidents de la Norvège a identifié dans un rapport préliminaire des "problèmes de sécurité critiques", qui nécessitent une "attention immédiate". Notamment des problèmes d'étanchéité entre les compartiments de la frégate KNM Helge Ingstad construite en 2009 par Navantia.

Coup dur pour Navantia. Après la collision le 8 novembre entre une frégate norvégienne, un bâtiment moderne d'environ 5.000 tonnes construit par le chantier naval espagnol, et le pétrolier maltais Sola TV, le Bureau d'enquête sur les accidents de la Norvège (AIBN) a identifié dans un rapport préliminaire public daté du 29 novembre, des "problèmes de sécurité critiques", qui nécessitent une "attention immédiate". L'AIBN a affirmé que le manque d'étanchéité entre les compartiments des frégates de la classe Nansen, est l'un de ces problèmes de sécurité. Il a déjà émis deux alertes de sécurité en attendant de poursuivre une enquête plus approfondie.

"C'est très dur pour une Marine de perdre un navire", a expliqué le chef d'état-major de la marine, l'amiral Nils Andreas Stensønes.

Construite en Espagne en 2009, la KNM Helge Ingstad avait participé aux opérations de désarmement chimique de la Syrie entre décembre 2013 et mai 2014.

Navantia pointé du doigt par l'AIBN

Ainsi, il recommande à l'Agence des matériels de défense norvégienne, en collaboration avec la Marine norvégienne et les autorités de la sécurité des matériels des forces armées norvégiennes (NAFMSA), de lancer des enquêtes sur les problèmes identifiés lors de l'enquête initiale et de mettre en œuvre des mesures nécessaires pour améliorer la sécurité des bâtiments de la marine norvégienne. Il recommande aussi à Navantia, le concepteur du navire, de procéder à des enquêtes similaires et de vérifier si ces défauts  peuvent également affecter d'autres navires. En outre, Navantia est tenu d'envoyer une notification aux chantiers navals concernés, aux propriétaires et aux exploitants, pour prendre les mesures nécessaires pour améliorer la sécurité des navires, et notamment aux quatre autres frégates de la classe Nansen.

"Il ne peut être exclu que le même défaut pour les navires d'une conception similaire délivrée par Navantia, ou que le concept de conception continue d'être utilisé pour les modèles de navires similaires", a expliqué l'AIBN.

L'AIBN se pose notamment des question sur l'étanchéité de certains compartiments du navire de guerre endommagé dans la collision avec le pétrolier maltais. Ainsi, le bureau d'enquête norvégien suppose que ses conclusions ne sont pas conformes par rapport à la norme de stabilité requise pour de tels dommages sur les frégates Nansen. Car l'eau a inondé trois compartiments étanches à bord de la frégate KNM Helge Ingstad : l'arrière salle du générateur, les quartiers de l'équipage du pont d'Orlob et la salle des magasins. L'AIBN a constaté que la voie d'eau est devenue beaucoup plus importante que celle provoquée par la collision. Fort de ce constat, l'équipage composé de 137 marins a décidé d'abandonner le navire et de préparer à son évacuation. La frégate a été évaluée comme ayant une "mauvaise stabilité".

"La KNM Helge Ingstad a subi des dégâts au-dessus et en dessous de la ligne de flottaison. Les dégâts étaient tels que la frégate n'était plus stable et n'avait plus assez de capacité de flottaison", avait déclaré le 8 novembre Sigurd Smith, officier de la Marine norvégienne, lors d'une conférence de presse.

Facteurs humains

La collision entre la frégate norvégienne et le pétrolier est largement due à des facteurs humains, ont par ailleurs indiqué les enquêteurs, qui excluent à ce stade une défaillance technique. De retour de l'exercice de l'OTAN Trident Juncture, la frégate KNM Helge Ingstad a subi une importante voie d'eau et s'était abîmée sur la côte après une collision avec le tanker maltais Sola TV aux premières heures de la journée (vers 4h00) du 8 novembre dans un fjord près de Bergen (ouest). L'accident a fait huit blessés légers parmi les 137 personnes à son bord.

"À nos yeux, il s'agit en grande partie de facteurs humains", a déclaré un responsable de le Bureau d'enquête norvégien sur les accidents, Dag Liseth, lors d'une conférence de presse organisée jeudi pour présenter un rapport provisoire d'enquête.

Selon le fil des événements retracé par les enquêteurs, l'équipage de la frégate a confondu le pétrolier avec la terre ferme car le tanker, alors à l'appareillage, avait le pont illuminé de sorte que son éclairage se fondait avec celui de son terminal de départ et masquait les feux de navigation. Autre malentendu, le bâtiment militaire a ignoré les appels radio du pétrolier l'invitant à virer par tribord pour éviter la collision, pensant qu'ils émanaient d'un autre navire remontant le fjord. "Aucun geste ou événement isolé n'a conduit à l'accident mais l'accident peut s'expliquer par une série de facteurs et circonstances complexes", a précisé l'AIBN dans son rapport préliminaire. Il a également expliqué n'avoir "jusqu'à présent aucune indication montrant que les systèmes techniques n'ont pas fonctionné comme ils le devaient jusqu'à la collision".

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La KNM Helge Ingstad quasi immergée

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Trois semaines après le naufrage, les autorités s'emploient toujours à essayer de relever la frégate d'environ 5.000 tonnes, qui s'est depuis enfoncée dans les flots et est quasi totalement immergée. La frégate norvégienne avait presque entièrement coulé après la rupture le 13 novembre des câbles d'amarrage qui la maintenaient en place. "Le navire gît maintenant immobile dans des eaux plus profondes", avait déclaré le responsable des opérations de sauvetage de la Marine norvégienne, Håvard Mathiesen. La KNM Helge Ingstad a d'abord reposé près du rivage où son équipage l'avait délibérément échouée, la jugeant inapte à poursuivre sa route.

Michel Cabirol

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