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L'incroyable raté d'ArianeGroup lors du lancement d'Ariane 5 (VA241)

Photo de Michel Cabirol

Michel Cabirol

Publié le 30 janvier 2018 à 05:56 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:23

Arianespace Ariane 5 vol VA241 ArianeGroup

Arianespace Ariane 5 vol VA241 ArianeGroup

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Le calculateur de bord d'Ariane 5 a été mal programmé. Le lanceur a survolé Kourou, ce qui ne s'est jamais produit jusqu'ici. Gravissime en cas d'échec.

C'est un énorme raté d'ArianeGroup, qui était responsable pour la première fois du lanceur jusqu'à son décollage (H0). Les satellites SES-14 (SES) et Al Yah 3 (Yahsat, l'opérateur des Émirats Arabes Unis) ont été largués dans la nuit de jeudi à vendredi dernier par un lanceur Ariane 5 ECA sur une mauvaise orbite de transfert géostationnaire (GTO) en raison d'une erreur d'inclinaison de 20 degrés dès le départ, selon des sources concordantes. Surtout, le lanceur a survolé Kourou, selon des sources concordantes. Ce qui ne s'est jamais produit jusqu'ici. Gravissime en cas d'échec.

Ce qui explique pourquoi Arianespace a perdu la trace du lanceur au bout de neuf minutes : les antennes de télémesure ne cherchaient pas le lanceur là où il était mais là où il devait être. Et pour cause. Une commission d'enquête indépendante, mise en place dès vendredi dernier par Arianespace en coordination avec l'Agence spatiale européenne (ESA) doit déterminer les raisons de cette anomalie.

Survol de Kourou

En cause, une erreur d'azimut, qui, selon des sources concordantes, se situe au niveau du programme de vol. En clair, la programmation du calculateur de bord sous la responsabilité d'ArianeGroup a été défaillante. Une erreur digne des plus mauvais gags des lanceurs russes...

Les premières investigations montrent que cette situation résulte d'une déviation de la trajectoire", a expliqué vendredi Arianespace dans un communiqué.

Contrairement aux lancements précédents, il n'y pas eu de double contrôle de la part d'Arianespace en raison de la volonté de réduire les doublons entre les deux sociétés. Des doublons qui finalement avaient des vertus de fiabilité et augmentaient par la même occasion la qualité de service d'Arianespace, réputé pour sa fiabilité.

La fiabilité d'Arianespace en jeu

De nouvelles erreurs pourraient définitivement entacher le principal atout - la fiabilité - des lanceurs européens même si cette fois-ci tout s'est bien terminé ou presque. Les deux satellites devraient finalement atteindre leur orbite définitive avec une durée de vie opérationnelle réduite. Certains experts estiment cette réduction d'un tiers, voire de la moitié.

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Le décollage du lanceur a eu lieu comme prévu le 25 janvier 2018 à 19h20 (heure locale à Kourou en Guyane française). Neuf minutes et 26 secondes après le H0, les stations de télémesure sol à partir de la deuxième située à Natal au Brésil, ont perdu le contact avec le lanceur Ariane 5. Une anomalie constatée quelques secondes après l'allumage de l'étage supérieur. "Cette absence de télémesure a duré jusqu'à la fin de la mission", a précisé l'entreprise de services de lancement.

"A la fin de la mission, le lanceur a séparé les deux satellites sur une orbite stable, a souligné Arianespace. SES et Yahsat ont chacun acquis leur satellite. SES-14 et Al Yah 3 fonctionnent de façon nominale".

Michel Cabirol

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