Lancement VA241 : plus de peur que de mal pour Ariane 5 et ses passagers

 |   |  600  mots
Lancement VA241 : neuf minutes et 26 secondes après le H0, les stations de télémesure sol à partir de la deuxième située à Natal au Brésil, ont perdu le contact avec le lanceur Ariane 5. Une anomalie constatée quelques secondes après l'allumage de l'étage supérieur.
Lancement VA241 : neuf minutes et 26 secondes après le H0, les stations de télémesure sol à partir de la deuxième située à Natal au Brésil, ont perdu le contact avec le lanceur Ariane 5. Une anomalie constatée quelques secondes après l'allumage de l'étage supérieur. (Crédits : CNES)
Les satellites SES-14 (SES) et Al Yah 3 (Yahsat, l'opérateur des Émirats Arabes Unis) devraient finalement atteindre leur orbite définitive.

Plus de peur que de mal. Largués dans la nuit de jeudi à vendredi par un lanceur Ariane 5 ECA sur une mauvaise orbite de transfert géostationnaire (GTO), les satellites SES-14 (SES) et Al Yah 3 (Yahsat, l'opérateur des Émirats Arabes Unis) devraient finalement atteindre leur orbite définitive. Pour un premier lancement qui donnait à ArianeGroup la responsabilité du lanceur jusqu'au moment du décollage (H0), cela fait tâche même s'il est trop tôt pour faire un lien entre cette anomalie et la nouvelle organisation industrielle pour les lancements d'Ariane 5. Une commission d'enquête indépendante, mise en place dès vendredi par Arianespace en coordination avec l'Agence spatiale européenne (ESA) déterminera les raisons de cette anomalie.

"Les premières investigations montrent que cette situation résulte d'une déviation de la trajectoire", a expliqué Arianespace dans un communiqué.

Le décollage du lanceur a eu lieu comme prévu le 25 janvier 2018 à 19h20 (heure locale à Kourou en Guyane française). Neuf minutes et 26 secondes après le H0, les stations de télémesure sol à partir de la deuxième située à Natal au Brésil, ont perdu le contact avec le lanceur Ariane 5. Une anomalie constatée quelques secondes après l'allumage de l'étage supérieur. "Cette absence de télémesure a duré jusqu'à la fin de la mission", a précisé l'entreprise de services de lancement.

"A la fin de la mission, le lanceur a séparé les deux satellites sur une orbite stable, a souligné Arianespace. SES et Yahsat ont chacun acquis leur satellite. SES-14 et Al Yah 3 fonctionnent de façon nominale".

Quelles conséquences pour les satellites?

Les conséquences seraient minimes pour les deux satellites. "Nous avons le satellite sous contrôle", explique-t-on chez l'opérateur luxembourgeois SES, qui a réussi à établir une connexion avec SES-14. SES confirme que "le satellite est en bonne santé, tous les sous-systèmes à bord sont nominaux et que le satellite devrait avoir la durée de vie prévue". Ce qui est possible car les satellites ont en général une vie opérationnelle plus longue que ce que le contrat stipule. "SES-14 a de la marge", confirme-t-on chez SES.

Avec cette nouvelle route plus longue, le satellite tout-électrique mettra en revanche quatre semaines de plus pour gagner son orbite définitive. Au lieu d'arriver à sa destination finale en août prochain, il n'y parviendra seulement qu'en septembre. Ce qui fait dire au sein d'Airbus, que cette anomalie aura forcément "un impact d'une manière ou d'une autre". Dit autrement sa durée de vie sera raccourcie... tout en respectant les termes du contrat signé entre SES et Airbus.

Des systèmes qui ont bien réagi

Cet incident démontre la robustesse des deux satellites et d'Ariane 5, qui avait réussi jusqu'ici 82 vols sans échec et réputée pour sa fiabilité. "C'est un scénario auquel nous sommes préparés, explique-t-on chez Airbus. Nous avons des solutions prévues dans ces circonstances. Dans ce cas présent, les systèmes à bord de SES-14 ont bien réagi et ont bien géré cette situation quin n'était pas nominale". En outre, les systèmes ont pu scanner assez rapidement l'endroit où ont été largués les deux satellites, qui avaient disparu dans l'espace...

Un soulagement pour toute la ,filière spatiale mais également une leçon à retenir pour les prochains lancements. Arianespace a déjà annoncé que les campagnes de lancement en cours se poursuivaient comme prévu depuis le Centre Spatial Guyanais (CSG).

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 27/01/2018 à 11:43 :
Ariane a eu chaud. Elle a évité la double peine( perte de clients importants, dommages et intérêts à payer à SES et Eutelsat)
En fait ce marché s'appuit sur une technologique encore aléatoire .
En contrepartie on y enregistre des fortes plus values .
a écrit le 27/01/2018 à 0:26 :
Vivement qu'on libère nos impôts des ces incompétents. Place au l'audace, pas à ArianeGroup.
Réponse de le 27/01/2018 à 14:29 :
Concrètement, que proposez vous? On bricole et de temps en temps cela fonctionne...... Avez vous une idée de ce que représente la fiabilité dans le spatial? Facile d'énoncer des platitudes!
Réponse de le 27/01/2018 à 14:58 :
conclusion de Goinffre, grand spécialiste aérospatial probablement ... , après 82 lancements sans heurts, un lancement qui n'est pas parfaitement réalisé mais dont l'issue de la mission est finalement globalement ok.

Pathétique ce french bashing permanent
a écrit le 26/01/2018 à 22:58 :
Pour la pollution Hulot ils va interdire les satellites haa c est biens une histoire d impôt mais Que feres ?
Réponse de le 27/01/2018 à 14:30 :
Rassurez vous Marie, la pollution induite par ce genre d'activité et des plus faible. mais le gouvernement trouvera bien une nouvelle taxe à créer ailleurs....

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :