La consolidation des aérostructures arrive et Latécoère y participera

Avec l'OPA lancée en février dernier par Sonaca sur LMI Aerospace, la consolidation du secteur des aérostructures est lancée selon Latécoère. L'équipementier aéronautique français "y participera" assure sa nouvelle patronne, Yannick Assouad.
Fabrice Gliszczynski
Regroupant notamment la fabrication de parties de fuselage ou de portes d'avions, les aérostructures représentent aujourd'hui les deux tiers du chiffre d'affaires de Latécoère.
Regroupant notamment la fabrication de parties de fuselage ou de portes d'avions, les aérostructures représentent aujourd'hui les deux tiers du chiffre d'affaires de Latécoère. (Crédits : Reuters)

La restructuration interne de Latécoère pour être compétitif au moment du redémarrage des investissements dans les grands programmes aéronautiques (Lire ici : L'objectif de Latécoère? ne pas rater le train du "MOM" de Boeing) sera complétée par des opérations de rapprochement.

Deux activités

Comme il le disait déjà en 2015 après avoir restructuré sa dette financière, le sous-traitant aéronautique toulousain entend en effet participer à la consolidation du marché des aérostructures (parties de la structure d'un avion), l'une des deux seules activités du groupe depuis la vente en fin d'année de Latécoère Services, avec les systèmes d'interconnexion (systèmes de câblages embarqués).

« Le marché des aérostructures est en train de se consolider et Latécoère participera d'une manière ou d'une autre à cette consolidation. Je ne vois pas comment nous pourrions rester en dehors », a expliqué ce lundi Yannick Assouad, la nouvelle directrice générale de Latécoère, en présentant les résultats financiers 2016 de l'entreprise qu'elle dirige depuis novembre, lesquels sont marqués par une hausse de 154% du résultat opérationnel courant (47,9 millions d'euros) pour un chiffre d'affaires en progression de 5,3%, à 655,2 millions d'euros.

Regroupant notamment la fabrication de parties de fuselage ou de portes d'avions, les aérostructures représentent aujourd'hui les deux tiers du chiffre d'affaires de Latécoère.

L'OPA de Sonaca sur LMI Aerospace relance la consolidation

« Moins rapide qu'annoncée », comme l'a souligné le président du conseil d'administration de Latécoère, Pierre Gadonneix, la consolidation de ce secteur d'activité très fragmenté semble cette fois bel et bien partie. Le lancement le 17 février par la société belge Sonaca d'une OPA sur l'entreprise américaine LMI Aerospace est considéré par les professionnels du secteur comme le premier domino à tomber, celui qui risque d'en entraîner beaucoup d'autres. Contrairement au marché du câblage embarqué, déjà bien consolidé avec trois gros acteurs, dont Latécoère, numéro 2 mondial derrière Safran Electrical & Power, le marché des aérostructures, 10 fois plus important, est composé d'une kyrielle d'acteurs de toute taille, allant de quelques millions de dollars pour les plus petits, à plusieurs milliards dans le cas du leader du marché, Spirit. Avec plus de 400 millions d'euros de chiffres d'affaires, Latécoère, 16ème mondial et sous-traitant de rang 1, se situe au milieu.

Reste à savoir si Latécoère serait chasseur ou chassé. Si l'entreprise devait se lancer dans une acquisition de croissance externe, une telle opération lui permettrait de compenser la baisse du chiffre d'affaires de la partie aérostructures prévue cette année puis sa stabilisation pour les années suivantes, faute de nouveaux programmes d'avions et de baisse des cadences prévue sur les avions Embraer.

Dynamisme des systèmes d'interconnexion

A contrario, la deuxième activité du groupe, les systèmes d'interconnexion ont le vent en poupe. Et les opportunités de développement sont beaucoup plus grandes dans ce secteur, selon Yannick Assouad. Car Latécoère n'était positionnée jusqu'ici que sur une partie de ce marché, celui du câblage d'avions et des racks avioniques d'avions, qui représentent 60% de marché d'un peu moins de 5 milliards de dollars. Mais pas sur le celui du câblage des moteurs, de la cabine d'avion et des trains d'atterrissage qui pèse 40% du marché.

«Nous nous y attaquons à ce marché et cet esprit de conquête porte déjà ses fruits puisque nous avons déjà obtenu un contrat à la fois dans les moteurs, la cabine et les trains d'atterrissage », s'est réjouie Yannick Assouad, qui pense réaliser une croissance dans les système d'interconnexion supérieure à celle anticipée.

Partenariats avec les fabricants d'IFE

Ce dynamisme de cette activité de câblage embarqué, notamment dans la cabine, pourrait également être un facteur de partenariat avec un grand équipementier pour proposer des offres plus globales. «Nous pouvons l'imaginer. Nous parlons à tous les gens, de l'IFE (Thales, Panasonic...), en particulier, (système de divertissement à bord, NDLR) en particulier, mais aussi à ceux de la connectivité avec l'arrivée de nouveaux joueurs comme Gogo qui veulent se passer de l'IFE. On parle à tous ces gens car les deux offres resteront », fait valoir Yannick Assouad.

Fabrice Gliszczynski

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Commentaire 1
à écrit le 28/03/2017 à 9:48
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Sauf information dont je n'aurai pas connaissance, l'opération d'acquisition est actuellement menée par Sonaca (pas Socata...)

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