La sûreté, le talon d'Achille du transport aérien ?

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Pour rappel, les compagnies aériennes appliquent elles-mêmes des mesures supplémentaires si elles le jugent nécessaire.
Pour rappel, les compagnies aériennes appliquent elles-mêmes des mesures supplémentaires si elles le jugent nécessaire. (Crédits : reuters.com)
Si elle semble se focaliser sur des cibles plus faciles d'accès que les aéroports ou les avions, la menace terroriste est réelle dans le transport aérien comme l'a rappelé lundi l'alerte à la bombe sur un avion d'Air France à destination des Etats-Unis. Le défi de la sûreté sera l'un des thèmes abordés le 12 juin au Paris Air Forum organisé par La Tribune sur lequel débattront Patrick Gandil, directeur de la direction générale de l'aviation civile (DGAC), Franck Goldnadel, à la fois directeur général adjoint d'Aéroports de Paris, directeur chargé des opérations aéroportuaires et directeur de l'aéroport de Roissy, et Gilles Leclair, directeur de la sûreté d'Air France.

Le terrorisme peut-il enrayer de manière structurelle la croissance continue du transport aérien? Rares parmi les experts de la sûreté osent imaginer un tel scenario sauf éventuellement à voir une série d'attentats dans une période courte. Aujourd'hui, la menace terroriste est au plus haut dans les pays occidentaux, et notamment ceux qui sont militairement engagés comme la France dans des opérations extérieures de lutte contre les djihadistes.

"Au regard des attentats contre Charlie Hebdo ou l'épicerie casher de la Porte de Vincennes en janvier, la menace semble davantage se focaliser sur des cibles plus faciles d'accès que les aéroports ou les avions commerciaux, en raison du haut niveau de sûreté aérienne de ces derniers atteint en Europe. Pour autant, elle n'en est pas moins réelle", explique un spécialiste de la sûreté.

La menace à la bombe ce lundi sur dix avions à destination des Etats-Unis (dont un d'Air France) vient le rappeler. Autorités, aéroports, compagnies sont sur le qui-vive car rien n'est évidemment jamais acquis et que la menace évolue.

Décret des vols entrants

Car la menace existe dans certains aéroports de pays extérieurs à l'Europe. Aussi, un décret publié en début d'année peu après la promulgation de la loi antiterroriste (« décret des vols entrants ») donne-t-il la possibilité à la France d'imposer aux compagnies aériennes desservant l'Hexagone des mesures complémentaires de contrôle des passagers, des bagages ou de surveillance des avions dans l'aéroport de départ, à l'étranger. Un peu à la manière des Emergency Amendments américains. Un projet délicat en raison de son caractère extraterritorial.

Après avoir réalisé plusieurs audits, la DGAC pourrait imposer prochainement des mesures sur des aéroports jugés sensibles.

"Depuis deux ans, nous avons mené un certain nombre d'audits dans des pays étrangers, en Afrique notamment, qui ont montré que ces pays ne sont pas du tout aux standards internationaux en termes de sûreté, si des analyses de risque confirment qu'il y a un risque au départ de certains aéroports, la France pourra imposer aux compagnies de mettre en place des mesures complémentaires", indiquait fin janvier Paul Schwach, directeur de la Direction du Transport Aérien à la DGAC (direction générale de l'aviation civile).

Pour rappel, les compagnies aériennes appliquent elles-mêmes des mesures supplémentaires si elles le jugent nécessaire.

A ce décret s'ajoutent des mesures européennes pour répondre à la menace d'explosifs improvisés, c'est à dire des appareils qui contiennent peu de matériaux métalliques et qui, par conséquent, sont mal détectés aux rayons X. Depuis le 1er mars, un contrôle supplémentaire pour les bagages de cabine est mis en place. Outre le passage au poste d'inspection (PIF), un certain nombre de bagages est fouillé manuellement ou passé au détecteur de traces d'explosifs. A partir de septembre, le passage au détecteur d'explosifs deviendra obligatoire dans les grands aéroports.

PNR français

C'est en septembre également que le PNR français (un registre des passagers aériens) français devrait être opérationnel. Les compagnies devront transmettre les données des passagers à la police. Objectif : permettre au gouvernement d'interdire à des citoyens français de quitter le territoire afin d'empêcher le départ des candidats au Djhad en Syrie. L'objectif est notamment d'avoir accès aux listes de passagers sur une trentaine de destinations de la zone Shenghen. Le moyen de devancer un PNR européen que Bruxelles tente d'arracher au Parlement européen un accord sur la création d'un registre européen des passagers aériens comme l'ont fait les Etats-Unis.

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a écrit le 27/05/2015 à 11:45 :
Le transport aérien restera la cible privilégiée du terrorisme par sa nature attractive ; dans l'information aux médias, dans son talon d'Achille que représente la multitude d'intervenants. Reste enfin le point crucial qui est évoqué, celui du niveau de sûreté des aéroports étrangers.
La convergence de ces sensibilités conduit à accentuer la charge de la sûreté sur les compagnies. Non pas par déresponsabilisation des devoirs de l'état, mais par efficacité des moyens mis en œuvre. L'état doit être le garant du cahier des charges des compagnies. Cependant, là encore il nous faut regrouper les moyens, notamment dans le domaine des entrants. Le regroupement des compagnies aériennes dans ce domaine permet de diminuer le coût de cette sûreté ; mise en place des matériels spécifiques, comme aussi la mise en œuvre des personnels dans le contrôle du fret et des passagers. Une organisation collégiale indispensable. Cela gommerait la disparité entre aéroports.
Autre point d'une amélioration de la sûreté des aéroports ; avoir la volonté de se munir en permanence des dernières technologies, sans qu'elles soient standardisées à tous les aéroports ; mais complémentaires de l'aéroport de départ à celui d'arrivée.
Dernier point, élaborer une convention internationale qui oblige les signataires à extrader les terroristes pris en fragrant délit, comme ceux recherchés à l'international et appréhendés lors d'un contrôle aux frontières. Ne plus avoir aucun moyen de se soustraire.
Réponse de le 30/05/2015 à 13:53 :
Dernièrement les terroriste n'ont pas utilisé les avions pour "leur terreur". Le fait qu'une ou deux personne peuvent avec quelques explosifs faire exploser des innocents durant d'un événement, à l'ouverture de solde... est bien plus terrible et difficilement détectable imposant la sécurité partout et tous le temps... Les avions sont une cible comme énormément d'autre. Et ces cet énormément qui est le plus terrible car quelques kamikazes pas cher obligent énormément d'argent pour sécurisé tous les lieux.

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