Le cauchemar de la multiplication des débris dans l'espace
Stefan Barensky, Aerospatium
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L'arrivée des mégaconstellations, telles que Starlink, et des nanosatellites de type cubesat a déjà doublé le nombre de satellites sur orbite basse, multipliant les risques de collisions.
La pollution de l'espace proche ne cesse de s'aggraver. L'ESA tente de trouver des solutions mais les Etats membres ne semblent pas encore concernés par cette problématique. C'était l'un des thèmes abordés lors du Paris Air Forum, organisé lundi au Musée de l'air et de l’espace par La Tribune : "Comment en finir avec la menace des débris spatiaux ?"
La pollution de l'espace proche ne cesse de s'aggraver. L'arrivée des mégaconstellations, telles que Starlink, et des nanosatellites de type cubesat a déjà doublé le nombre de satellites sur orbite basse, multipliant les risques de collisions. Dans le même temps l'infrastructure orbitale habitée est elle-même en augmentation, ce qui accroît donc le risque de perte de vie humaine en cas d'accident. La situation a atteint un tel point qu'aux Nations Unies, des voix se sont élevées pour faire de l'orbite basse le 18e objectif de développement durable.
Prévisible, cette évolution n'a pourtant pas été évitée. « Avec le New Space, nous avons lancé plein de nouveaux objets et de nouvelles applications. Nous avons aussi plein de règles, normes, standards pour éviter la multiplication des débris, mais nous les appliquons pas, déplore Christophe Bonnal, expert à la direction des lanceurs du CNES. Je n'aurais pas dit ça il y a dix ans, mais la situation actuelle est vraiment inquiétante ».
Syndrome de Kessler
Chiffre significatif : entre 760 et 840 km d'altitude, une région où gravitent un grand nombre des principaux satellites d'observation, le nombre d'objets a été multiplié par 3,5 en vingt ans, mais le nombre de satellites actifs, lui, a été divisé par trois. Ce ratio décuplé entre débris et satellites est un symptôme du Syndrome de Kessler qui, à terme, pourrait rendre cet espace impraticable.
L'un des principaux objets dans la zone est le satellite européen Envisat, tombé en panne en 2012, et pour la désorbitation duquel, l'ESA avait initialement créé le programme CleanSpace, à la tête duquel Luisa Innocenti a fort à faire avec l'inertie des États membres pour qui nettoyer l'espace n'est pas vu comme une activité noble. « Nous avons essayé de présenter cela comme un sujet environnemental et responsable, donc très européen, et une ouverture vers le service au satellites sur orbite, raconte-t-elle, mais ils ont voulu avoir des informations sur le marché que cela représenterait et à ce stade nous n'en avions pas ».